Tribunal de Corts, Penal, 17 juillet 2019 (ROJ : STCOR 112/2019 ; ECLI:AD:TCORAD:2019:112)
Décision commentée : Tribunal de Corts, Penal, 17 juillet 2019, ROJ STCOR 112/2019 – ECLI:AD:TCORAD:2019:112 (Lire sur source officielle)
Faits et procédure
Les faits, tels qu'établis par le tribunal, se sont déroulés pendant la nuit du 28 au 29 février 2016, dans la commune d'Encamp. Après une soirée passée dans plusieurs établissements, l'accusé et la plaignante se sont retrouvés au domicile d'un tiers, où ils ont eu des relations sexuelles avec pénétration vaginale dans la salle de bains. Les parties s'accordent sur l'existence de ces relations, mais divergent sur leur caractère consenti. L'accusé est de nationalité dominicaine et n'a pas d'antécédents computables au regard de la récidive pour la présente cause. Par souci de confidentialité, la présente fiche désigne les protagonistes par les termes « l'accusé » et « la plaignante », les noms figurant dans la décision n'étant pas repris.
Le ministère public (Ministeri Fiscal) avait qualifié les faits d'agression sexuelle constitutive de viol, au sens de l'article 145 du Code pénal, et requis cinq ans de prison. Au cours de l'audience de jugement, deux éléments sont intervenus : la négation des faits par l'accusé et l'absence de la plaignante à l'audience. Le ministère public a alors modifié son acte de qualification et retiré l'accusation « per manca de prova de càrrec suficient ». La défense, qui avait demandé le renvoi de l'audience en raison de l'absence d'un témoin essentiel et soutenu que les relations étaient consenties, a déclaré accepter cette modification et ce retrait.
Le tribunal, composé de trois magistrats, a statué par sentence rendue en formation de jugement oral et public. La date de la décision appelle une précision : les métadonnées et l'intitulé mentionnent le 17 juillet 2019, tandis que la date figurant à l'en-tête du texte est le « vint-i-vuit de juny de dos mil dinou » (28 juin 2019). Cette discordance n'est pas expliquée dans le texte fourni.
Question de droit
La question posée est de savoir si le juge pénal peut prononcer une condamnation lorsque le ministère public, seule partie accusatrice en la cause, a retiré son accusation en cours de jugement, et quelles sont les conséquences de ce retrait sur le sort de l'accusé et sur les frais de procédure.
Le tribunal ne se prononce pas sur le fond, c'est-à-dire sur la matérialité d'une éventuelle absence de consentement. La décision se fonde exclusivement sur la structure accusatoire de la procédure pénale.
Solution et dispositif
Le trib