STCOR 38/2020 (ECLI:AD:TCORAD:2020:38)
Décision commentée : Tribunal de Corts (Andorre), Contravencions Penals, 25 juin 2020, ROJ STCOR 38/2020, ECLI:AD:TCORAD:2020:38, recours n° 6000086/2019 (Lire sur source officielle)
Faits et procédure
Le 21 novembre 2017, vers 12 heures, un conducteur, M. Valverde, circulait à bord d'un véhicule utilitaire appartenant à une société. Arrêté au niveau d'un cédez-le-passage situé sur un rond-point, il attendait le passage des véhicules prioritaires. Le conducteur qui le suivait, M. Hoyos, se mit à klaxonner de manière répétée. Un échange verbal s'ensuivit entre les deux conducteurs, descendus de leurs véhicules, qui dégénéra en agression physique : M. Hoyos porta un coup de poing au niveau de l'œil gauche de M. Valverde. L'intervention de plusieurs personnes fut nécessaire pour séparer les protagonistes.
Il résulte de la décision que la victime a subi une « petite érosion superficielle » au niveau du sourcil gauche, sans nécessité de soins médicaux pour sa guérison. M. Valverde a renoncé à toute demande indemnitaire.
Le Ministère public qualifia les faits de contravention pénale de lésions dolosives, prévue par l'article 476.2 du Code pénal, et imputable à l'intéressé à titre d'auteur, sans circonstance modificative. Il requit une peine d'un mois d'arrêt nocturne ferme, en considération des antécédents pénaux du prévenu depuis 2015, ainsi que la condamnation aux dépens. Il sollicita également que la responsabilité civile soit réservée pour la période d'exécution de la sentence, aucune demande n'ayant été formée par la victime ni par la CASS (organisme de sécurité sociale).
M. Hoyos, de nationalité portugaise, ne comparut pas à l'audience de jugement, bien que régulièrement cité. Le tribunal le jugea donc en état de rébellion processuelle. Le dossier mentionne plusieurs condamnations antérieures prononcées par ordonnances pénales entre 2015 et 2018, pour des infractions de nature diverse (désobéissance, injures à l'autorité, menaces, conduite sous l'empire d'un état alcoolique, détention de stupéfiants).
Le dossier comporte une incohérence formelle : l'en-tête de la sentence vise la « Causa núm. 6000140/2019 », tandis que le numéro de recours est 6000086/2019 et l'origine 1000707/2019. La décision ne s'explique pas sur cet écart, qui n'a pas d'incidence sur le raisonnement.
Question de droit
Le tribunal devait répondre à trois questions :
- Les faits établis constituent-ils une contravention de lésions dolosives au sens de l'article 476.2 du Code pénal ?
- Le prévenu peut-il être déclaré responsable à titre d'auteur, alors qu'il n'a pas comparu ?
- Quelle peine convient-il de prononcer, compte tenu de l'absence de circonstance modificative et des antécédents du prévenu ?
La décision traite en outre des conséquences civiles et des dépens.
Solution et dispositif
Sur la qualification, le tribunal retient que le coup de poing porté à la victime constitue « un acte de violence volontaire », causant une lésion légère. Il relève que cet acte entre dans les prévisions de l'article 476.2 du Code pénal, sans qu'il soit nécessaire que la lésion ait exigé des soins médicaux.
Sur l'imputabilité, le tribunal applique les articles 20 et 21 du Code pénal. Il retient que le prévenu a « réalisé personnellement l'acte punissable », ce qui fonde sa responsabilité à titre d'auteur. Il se fonde sur les déclarations de la victime à l'audience, sur celles de quatre témoins (MM. Roda, Seco, Conde et Alfaro) et sur les constatations médicales établies par le service des urgences. L'absence du prévenu n'aff