ATSJAD 94/2003, Tribunal Superior de Justícia d'Andorra, Sala Administrativa, 16 juin 2003
Décision commentée : ATSJAD 94/2003 (Lire sur source officielle) (référence canonique complétée à partir des métadonnées du texte : ECLI:AD:TSJADAD:2003:94A ; recours AD-049-1/1998)
Faits et procédure
La décision est un aute (ordonnance) rendu le 16 juin 2003 par la Sala Administrativa du Tribunal Superior de Justícia d'Andorre, dans le cadre de l'exécution d'un jugement. Le texte porte en en-tête la mention « Aute 2003-11 ».
Par un aute du 10 décembre 2002, la Section administrative de la Batllia avait ordonné l'exécution de l'arrêt de la Sala du 13 juillet 2001, qui concernait la démolition partielle de l'immeuble dit « Esquirol II ». Cette exécution devait suivre un projet de démolition partielle.
La représentation de M. Villalba a formé un incident d'exécution sur le fondement de l'article 110 de la loi sur la juridiction administrative et fiscale. Elle s'opposait au contenu de l'aute et demandait que soit engagée une exécution forcée, par la désignation d'un expert par la Batllia.
Le Gouvernement, la paroisse d'Escaldes-Engordany et MM. Bonet et Suárez se sont opposés à ces prétentions, en soutenant que l'aute attaqué était pleinement conforme au droit.
Le texte présente une incohérence sur l'identité de l'auteur du projet de démolition. Les antécédents de fait indiquent que le projet avait été présenté par M. Durán, alors que les fondements de droit et le résumé visent le projet présenté par M. Suárez. La décision ne permet pas de trancher cette divergence, qui n'affecte toutefois pas la solution retenue.
Question de droit
La juridiction devait déterminer si, dans le régime de la loi sur la juridiction administrative et fiscale, l'exécution forcée d'un jugement peut être engagée ou maintenue alors que l'exécution volontaire n'a pas été épuisée. Elle devait en outre apprécier la validité d'un projet d'exécution émanant de la partie principalement tenue de l'obligation, dans le contexte d'une exécution forcée antérieurement amorcée, puis abandonnée, et enfin la portée d'une opposition non motivée.
Solution et dispositif
Le Tribunal pose d'abord un principe de structure. Selon lui, « l'exécution forcée est subsidiaire à l'exécution volontaire ». Il en déduit qu'il convient de donner en premier lieu aux intéressés la possibilité de se conformer spontanément aux dispositions des décisions de justice, avant de recourir aux mesures de contrainte prévues par la loi.
Appliquant ce principe, la Cour estime qu'il n'est pas inopportun d'autoriser l'exécution de l'arrêt du 13 juillet 2001 sur la base du projet de démolition partielle présenté par M. Suárez. Celui-ci est le principal obligé à accomplir les actes nécessaires à la pleine efficacité de l'arrêt. La Cour relève également que la désignation antérieure d'un expert architecte par la Batllia ne fait pas obstacle à cette solution, d