ATSJAD, Civil, 19 juin 2003 (ROJ : ATSJAD 28/2003)
Décision commentée : ATSJAD, Civil, 19 juin 2003 (ROJ : ATSJAD 28/2003 – ECLI:AD:TSJADAD:2003:28A) (Lire sur source officielle)
Note de méthode : la référence canonique fournie dans les métadonnées (« Juridiction andorrane, — ») étant incomplète, la référence figurant dans l'en-tête du texte intégral a été retenue. Le texte est rédigé en catalan ; les passages cités sont traduits par nos soins.
Faits et procédure
Le litige concerne un bail urbain. Par une sentence du 27 février 2003, le Batlle, statuant en tribunal unipersonnel, a déclaré résolu le contrat de bail et a condamné les défendeurs à quitter les locaux loués, libres et vacants, sous peine d'expulsion forcée (llançament), sans condamnation aux dépens. Le litige opposait, en demande, la bailleresse et d'autres demandeurs (Mme Sancho et autres) à Mme Elías et M. Palomo, associés uniques de la société « HOTEL LA GRANDALLA S.L. ». La procédure relevait de la juridiction civile (judici civil n° B-0959-4/2002, « arrendaments urbans », demande en expulsion et en paiement).
Par acte du 19 mars 2003, M. Palomo, Mme Elías et la société ont interjeté appel. La décision relève que cet acte n'a pas satisfait à l'obligation prévue par l'apartat 12 de la disposició addicional segona de la Llei d'arrendaments de finques urbanes : les appelants n'ont ni démontré être à jour du paiement du loyer, ni consigné judiciairement le montant de celui-ci.
Le Batlle a transmis l'acte d'appel aux demandeurs, qui ont répondu le 11 avril 2003, puis a élevé les actuations devant le Tribunal supérieur de justice (TSJ), par ordonnance du 17 avril 2003, « als efectes del que preveu l'apartat 10 de la Segona disposició addicional ». La formation, composée du président J. L. Vuillemin et des magistrats A. Bruguera Manté (rapporteur) et J. M. Abril Campoy, a statué par voie d'auto (décision interlocutoire de la Sala Civil).
Informations non précisées dans la décision : le texte exact de l'apartat 12 et de l'apartat 10 de la disposició addicional segona, le montant des loyers impayés et les modalités de consignation, la date d'entrée en vigueur de la loi.
Question de droit
La question posée au TSJ était de savoir si un appel formé par le preneur contre une sentence prononçant la résolution du bail et l'expulsion peut être admis lorsque l'appelant n'a pas justifié être à jour du paiement de la renda, ni consigné judiciairement son montant, alors que la loi subordonne cette recevabilité à l'une ou l'autre de ces diligences.
Le problème soulevé est donc procédural : il s'agit de déterminer la nature de la condition posée par la disposition additionnelle et ses conséquences sur la recevabilité de la voie de recours.
Solution et dispositif
Le TSJ juge que la partie preneuse « n'ayant pas accompli l'obligation indéfectible d'acreditar estar al corrent en el pagament de la renda ni haver consignat judicialment el seu import, no escau admetre aquest recurs d'apel·laci{ó} ». Il en tire deux conséquences : la sentence du Batlle devient ferme (ferma) et les actuations sont renvoyées à la Batllia pour exécution. Les dépens du recours sont mis à la charge des appelants.
Le dispositif, rédigé en catalan, se lit ainsi :
« INADMETRE aquest recurs d'apel·lació ; DECLARAR FERMA la Sentència de l'Hble. Batlle i IMPOSAR LES COSTES del recurs a la part demandada. »
Traduction fidèle :
« Déclarer irrecevable le présent recours d'appel ; DÉCLARER FERME le jugement de l'Hble. Batlle et METTRE LES DÉPENS du