STSJAD 57/2004 (Tribunal Superior de Justícia d'Andorra, Sala Civil, 18 mars 2004)
Décision commentée : STSJAD 57/2004, ECLI:AD:TSJADAD:2004:57 (Lire sur source officielle)
Faits et procédure
Le Sr Vilar a introduit devant la Batllia une action en paiement, selon la procédure de minima quantia, à l'encontre du Sr Tejera. Il réclamait la somme de 800 euros. Le document produit à l'appui de la demande était signé par les deux parties. Il indiquait que le Sr Tejera avait demandé au Sr Vilar un prêt de 800 euros pour régler l'achat de meubles. Le texte précisait que le prêteur ne retiendrait pas la somme sur le salaire de l'emprunteur, et que celui-ci devrait la rembourser lorsqu'il en aurait la possibilité. Le Sr Vilar est décrit comme « l'agent », c'est-à-dire le patron du défendeur.
Par sentence du 10 septembre (l'année n'est pas précisée dans le texte, mais le numéro de procédure « B-972-3/03 » suggère 2003), le Batlle, siégeant en tribunal unipersonnel, a fait droit intégralement à la demande. Il a condamné le Sr Tejera au paiement de 800 euros, avec les dépens et les honoraires du procureur de la partie adverse.
Le Sr Tejera a interjeté appel. Il soutenait, comme en première instance, que le document n'était pas un reçu et qu'il était « très clair » et ne se prêtait « à aucune interprétation autre que littérale ». La Sala Civil du Tribunal Superior de Justícia, sous la présidence du Sr Vuillemin, avec les magistrats Antoni Bruguera Manté (rapporteur) et Joan Manel Abril Campoy, a statué sur le recours enregistré sous le numéro 157/03.
Question de droit
La question posée à la Cour était double. Il s'agissait, d'une part, de déterminer si un écrit clair dans ses termes doit être interprété littéralement ou si son sens peut prévaloir sur la lettre. D'autre part, il fallait apprécier si le document signé établissait la réalité et l'effectivité du prêt allégué, malgré la contestation de l'appelant sur sa qualification.
La décision ne se prononce pas expressément sur la qualification juridique du contrat de prêt (prêt à usage, prêt de consommation ou autre). Elle se situe au niveau de l'interprétation de l'acte et de l'appréciation de la preuve.
Solution et dispositif
La Sala Civil rejette l'appel et confirme la sentence de première instance. Elle s'appuie sur une méthode interprétative fondée sur l'intention des parties plutôt que sur le seul sens grammatical des termes.