ATSJAD, Civil, 22 avril 2004 (ROJ : ATSJAD 40/2004 ; ECLI:AD:TSJADAD:2004:40A)
Décision commentée : ATSJAD, Civil, 22 avril 2004, recours n° 147/03 (ROJ : ATSJAD 40/2004 ; ECLI:AD:TSJADAD:2004:40A) (Lire sur source officielle)
Note de méthode : la référence fournie dans les métadonnées de la demande (« Juridiction andorrane, — ») étant incomplète, la référence canonique retenue est celle figurant dans le texte intégral de la décision.
Faits et procédure
Par requête du 31 juillet 2003, Mme Andrade, veuve du défunt M. Villegas, a saisi le Batlle d'une demande de déclaration d'héritiers ab intestat dans le cadre d'un expedient de jurisdicció voluntària (dossier n° J-0052-2/03). Le Batlle, siégeant en juge unipersonnel, a déclaré héritières ab intestat ou légitimaires les deux filles du défunt, Mmes Alfaro et Yuste, sous réserve de l'usufruit veuvel portant sur la moitié de la succession au profit de la veuve. Il a rejeté les autres prétentions formulées par les frères du défunt, MM. Salas et Benítez, dans leur écrit du 1er juillet 2003.
Les frères ont fait opposition en produisant un testament olographe présumé émaner du défunt, rédigé la veille de son décès (date de rédaction exacte au-delà de cette indication : non précisée dans la décision). Examinant ce document, le Batlle a estimé qu'il ne satisfaisait pas aux conditions de validité du testament parentium inter liberos, faute de témoins lors de son établissement, comme l'exige le chapitre 1er de la Novelle 107 de Justinien, ses dispositions ne profitant pas exclusivement aux descendants. Il a toutefois admis que le legs pouvait être valide, sous réserve d'une vérification judiciaire (adveració) à conduire dans une autre procédure.
MM. Salas et Benítez ont interjeté appel. La Sala Civil du Tribunal supérieur de justice d'Andorre a été saisie de ce recours.
Question de droit
La question posée était double :
- La juridiction gracieuse permet-elle au magistrat de se prononcer, dans le cadre d'une demande de déclaration d'héritiers ab intestat, sur la validité d'un testament olographe invoqué par un tiers ?
- Lorsque l'opposition révèle une collision de droits entre les parties, quelle est la conséquence procédurale pour la procédure gracieuse en cours ?
La Cour n'a pas tranché le fond de la validité du testament. Elle s'est bornée à se prononcer sur l'adéquation de la voie procédurale choisie.
Solution et dispositif
La Cour rappelle que la juridiction volontaire se caractérise par l'absence de partie autre que le requérant. Le magistrat y intervient « sans litige ou conflit », en collaborant à la réalisation d'un acte ou d'un négoce juridique. Dès lors qu'une « collision des droits » fondant la prétention apparaît, la juridiction gracieuse devient, selon la décision, « inadéquate et impropre » à résoudre le conflit en raison de son contenu contentieux (fondement IV).
Appliquant ce principe, la Cour retient que, dès l'apparition de l'opposition fondée sur le testament olographe, le Batlle devait suspendre l'expedient et renvoyer les intéressés au judiciaire déclaratif compétent, seul apte à recevoir les déclarations et décisions évoquées au fondement III (fondement V). Elle précise que la censure ne porte que sur l'inadéquation de l'expedient et non sur le fond des prétentions.
Le dispositif est reproduit ci-après en traduction française fidèle de l'original catalan :
« ESTIMER ce recours d'appel ; ANNULER l'Aute frappé d'appel ; et RENVOYER LES INTÉRESSÉS au procès déclaratif qui correspondra, afin d'obtenir dans celui-ci les décisions appropriées à la résol