STSJAD 98/2004 (Tribunal Superior de Justícia d'Andorra, Sala Civil, 30 juin 2004)
Décision commentée : STSJAD 98/2004, Tribunal Superior de Justícia d'Andorra, Sala Civil, 30 juin 2004 (Lire sur source officielle)
Identifiants : ROJ STSJAD 98/2004 ; ECLI:AD:TSJADAD:2004:98 ; recours n° 18/03.
Faits et procédure
Par un arrêt du 11 mai 1999, la Cour d'appel de Nîmes a confirmé un jugement du tribunal de grande instance de Nîmes, qui avait rejeté l'exception d'incompétence juridictionnelle soulevée par la société LA DORADA CLUB EL TARTER S.L. Elle a condamné cette société à payer aux époux (ou consorts) Elías et Arcos la somme de 5 000 francs français, sur le fondement de l'article 700 du nouveau Code de procédure civile, ainsi qu'aux dépens de l'appel.
Les créanciers ont saisi le Tribunal Superior de Justícia d'Andorre d'une demande tendant à voir déclarer cette décision étrangère exécutoire sur le territoire de la Principauté. La société défenderesse ne s'opposait pas à la demande, mais sollicitait la condamnation du demandeur à l'intégralité des dépens. Le ministère public a conclu à l'octroi de l'exequatur.
Le magistrat rapporteur était M. Jean Louis Vuillemin, la formation comprenant également MM. Antoni Bruguera Mantè et Joan Manel Abril Campoy.
Le dossier de la décision ne précise pas le détail des moyens de procédure, ni la date d'introduction de la demande d'exequatur, ni l'existence éventuelle d'un examen de réciprocité (non précisé dans la décision).
Question de droit
Le problème posé est double.
En premier lieu, il s'agit de déterminer si une décision rendue par une juridiction étrangère peut être déclarée exécutoire en Andorre, et à quelles conditions. Le Tribunal s'appuie sur l'article 49 de la Llei transitòria de procediments judicials du 21 décembre 1993, texte expressément visé par la décision (au titre de la législation liée).
En second lieu, se pose la question des dépens afférents à la procédure d'exequatur elle-même, lorsque la partie défenderesse ne s'oppose pas à la demande mais réclame une condamnation aux frais.
Solution et dispositif
Sur les conditions de l'exequatur
Le Tribunal considère que la décision étrangère satisfait à l'ensemble des critères exigés par l'article 49 de la loi transitoire. Il les énumère ainsi :
- la compétence de la juridiction qui a rendu la décision ;
- la régularité de la procédure suivie devant elle ;
- l'application de la loi compétente selon les règles nationales de conflit de lois ;
- la conformité à l'ordre public national et international ;
- l'absence de fraude à la loi nationale.
La décision ne développe pas, pour chacun de ces critères, un raisonnement distinct.