Tribunal superior de justícia d'Andorre, Sala penal, 8 juillet 2005 : ATSJAD 119/2005
Décision commentée : Juridiction andorrane, — (ROJ : ATSJAD 119/2005 ; ECLI:AD:TSJADAD:2005:119A) (Lire sur source officielle)
Faits et procédure
Par sentence du 12 janvier 2005, le Tribunal de corts a déclaré M. Àguila coupable, en qualité d'auteur, du délit de lésions dolosives prévu à l'article 193 du Code pénal, sans circonstance modificative. Il l'a condamné à dix-huit mois de prison conditionnelle assortis d'un délai de deux ans, à indemniser son frère Sanz à hauteur de 4 952 euros et une seconde partie civile (CASS) à hauteur de 2 632,42 euros, et aux dépens.
Par arrêt du 2 juin 2005, la Sala penal du Tribunal superior de justícia a rejeté l'appel formé par le condamné et confirmé la sentence de première instance.
Le 23 juin 2005, la défense a formé un incident de nullité d'actuacions contre les deux décisions. Elle soutenait, en substance, que, selon la jurisprudence du Tribunal constitutionnel, nul ne peut être condamné sur la seule déclaration de la personne lésée. Elle faisait valoir que les lésions pouvaient résulter d'un accident survenu sur un chantier, que la victime n'avait pas comparu à l'audience pour être interrogée sur une inimitié antérieure, et que la présomption d'innocence consacrée à l'article 10.2 de la Constitution andorrane avait été méconnue.
Le ministère public a conclu au rejet de l'incident, au motif qu'il portait sur une question de légalité ordinaire dépourvue de contenu constitutionnel, sans que les violations alléguées du droit fondamental à la juridiction ne ressortent de l'examen des actes ni de la décision attaquée.
Le texte ne précise pas le fondement procédural précis de l'incident de nullité ; la décision se borne à le qualifier d'incident de nullité d'actuacions.
Question de droit
La décision soulève deux interrogations. La première est de nature procédurale : l'incident de nullité d'actuacions peut-il servir à contester l'appréciation des preuves par le juge du fond ? La seconde est de nature substantielle : une condamnation fondée sur les déclarations de la victime, corroborées par le diagnostic d'un médecin légiste, méconnaît-elle la présomption d'innocence de l'article 10.2 de la Constitution ?
Solution et dispositif
La Sala penal écarte l'incident sur les deux terrains.
Sur le premier point, elle affirme que l'incident de nullité d'actuacions « no es pot confondre amb el dret a obtenir una valoració més favorable de les proves practicades », c'est-à-dire qu'il ne saurait être détourné en voie de réformation de l'appréciation probatoire. Elle relève ensuite que le juge de première instance a procédé à une « correcta valoració conjunta de la prova practicada », et que le diagnostic du médecin légiste contredit la version de l'accident avancée par le prévenu : selon ce diagnostic, celui-ci aurait frappé son frère au front avant de le faire tomber au sol en le saisissant.
Sur le second point, elle juge que la présomption d'inn