Juridiction andorrane, —
Décision commentée : Juridiction andorrane, — (Lire sur source officielle)
Identifiants relevés dans le texte : Tribunal Superior de Justícia d'Andorra (Sala Civil), sentence du 25 janvier 2007, recours n° 199/06, ROJ STSJAD 78/2007, ECLI:AD:TSJADAD:2007:78. La décision est rédigée en catalan ; la présente fiche en propose une traduction française.
Faits et procédure
Le 19 avril 2004, un accident de la circulation survient sur la route générale n° III, à la hauteur du nouveau cimetière de La Massana, dans le sens La Massana vers Escaldes-Engordany. Le véhicule conduit par M. Caro, un Hyundai Terracan, heurte l'arrière du véhicule conduit par M. Raya, qui venait de freiner.
M. Caro soutient que l'accident résulte d'une manœuvre de M. Anaya. Selon lui, ce dernier, circulant sur la voie de gauche, se serait rabattu sur la voie de droite pour éviter un camion arrêté, contraignant M. Raya à freiner brusquement et à se déporter, puis aurait poursuivi sa route sans s'arrêter.
M. Caro et la société Romeu ont saisi le Batlle selon la procédure abrégée en réclamation de 1 238,87 euros et de 180 euros, avec intérêts légaux, au titre des dommages matériels. La société Bermudez, assureur ou partie intéressée selon la décision (rôle précis non précisé dans la décision), s'est opposée aux prétentions. M. Anaya, régulièrement cité, n'a pas comparu et a été déclaré en rebellion processuelle.
Par jugement du 14 juin 2006, le Tribunal unipersonnel des Batlles a rejeté intégralement la demande et absous M. Anaya et la société Bermudez, les demandeurs supportant les dépens. Les demandeurs ont interjeté appel. La Sala Civil du Tribunal Superior de Justícia, composée de MM. Jean Louis Vuillemin (rapporteur) et Joan Manel Abril Campoy et de Mme Eulàlia Amat Llari, a statué le 25 janvier 2007.
Question de droit
La question posée à la cour d'appel tenait à l'établissement de la faute de M. Anaya et du lien de causalité entre cette faute et les dommages subis par les deux véhicules. L'appelant soutenait que la preuve réunie (expertises et factures, témoignage de M. Raya, extrait du Registre des véhicules du Gouvernement, actes propres de M. Anaya) permettait de tenir ces deux éléments pour établis, la preuve devant être appréciée « objectivement et dans son ensemble ».
Il s'agissait donc, en substance, de déterminer si les éléments versés aux débats suffisaient à démontrer la participation du véhicule de M. Anaya à l'accident, condition préalable à l'examen de la faute et du lien causal. La décision ne vise aucun texte légal précis : elle se réfère à « la législation en vigueur et les usages et coutumes applicables », sans autre précision. Le raisonnement relève donc de l'appréciation des éléments de preuve plutôt que de l'interprétation d'une disposition.
Solution et dispositif
La cour écarte l'argumentation de l'appelant. Elle relève que l'absence de constat amiable et de rapport de police laisse pour seule preuve de l'implication du véhicule de M. Anaya les déclarations de MM. Caro et Raya. Elle retient les éléments suivants :
- la déclaration de M. Caro doit être reçue « avec beaucoup de prudence », puisqu'il est partie demanderesse ;
- son récit comporte au mo