STSJAD 328/2008
Décision commentée : STSJAD 328/2008 (ECLI:AD:TSJADAD:2008:328) (Lire sur source officielle)
Faits et procédure
La Sala Penal du Tribunal superior de justícia d'Andorre (Tribunal supérieur de justice) rend, le 14 janvier 2008, une sentence dans le cadre d'un incident de nullité d'actuacions (rôle n° 39/07, cause n° 062-2/04, ponent M. Yves Picod). L'incident est formé par M. Romeu contre l'arrêt de la même chambre du 22 novembre 2007.
Par cet arrêt, la Sala Penal avait rejeté l'appel interjeté par M. Romeu, confirmé intégralement le jugement rendu le 5 mars 2007 par le Tribunal de corts dans la même cause, mis les dépens du recours à sa charge et renvoyé la cause au Tribunal de corts pour exécution.
Le requérant invoque une violation de son droit à la juridiction, à un procès équitable, aux droits de la défense et à un jugement dans un délai raisonnable. Il soutient que l'absence d'instruction, conjuguée à l'absence d'intervention des autorités administratives, l'a privé d'éléments de preuve à décharge, les circonstances de l'accident de travail à l'origine de la procédure s'étant diluées avec le temps.
Le ministère public conclut au rejet de l'incident, faute de violation de l'un quelconque des droits énoncés à l'article 10 de la Constitution. La défense de M. Vara et de la personne morale mise en cause (désignée « ORG_0 » dans le texte) sollicite également le rejet, pour les mêmes motifs.
Les faits précis de l'accident de travail, la nature des infractions poursuivies et les motifs de condamnation de M. Romeu ne sont pas détaillés dans le texte de la décision (non précisé dans la décision).
Question de droit
La question posée à la Sala Penal peut être formulée ainsi : un incident de nullité d'actuacions fondé sur la violation alléguée du droit à la juridiction, du procès équitable, des droits de la défense et du droit à un délai raisonnable peut-il prospérer lorsque la partie requérante impute à l'instruction pénale et à l'inaction des autorités administratives la perte d'éléments de preuve, et lorsqu'elle invoque la durée de la procédure ?
Plus précisément, le juge devait déterminer :
- si la présomption d'innocence peut être écartée au profit des intérêts civils de la partie privée ;
- si l'impossibilité alléguée de produire des preuves est imputable à une violation des droits de la défense ;
- si l'éventuel dysfonctionnement des autorités administratives et judiciaires relève de l'office du juge pénal saisi de l'incident ;
- si la durée de la procédure a exercé une influence sur la solution du litige.
Solution et dispositif
La Sala Penal rejette l'incident. Son raisonnement, bref, s'articule autour de quatre branches.
Sur la présomption d'innocence et les intérêts civils. Le juge rappelle que l'