ATSJAD, Civil, 17 janvier 2008 (ROJ ATSJAD 6/2008 ; ECLI:AD:TSJADAD:2008:6A)
Décision commentée : Tribunal supérieur de justice d'Andorre, Sala Civil, aute du 17 janvier 2008, recours n° 79/07, ROJ ATSJAD 6/2008, ECLI:AD:TSJADAD:2008:6A (Lire sur source officielle)
Note de méthode : la référence canonique fournie dans les métadonnées (« Juridiction andorrane, — ») étant incomplète, la référence figurant dans le texte intégral de la décision a été retenue. La décision est rédigée en catalan ; les passages cités sont des traductions françaises fidèles, réalisées par nos soins.
Faits et procédure
Dans le cadre de la faillite de M. Giner, exploitant d'un local commercial, la vente aux enchères publiques des biens mobiliers garnissant ce local s'est révélée infructueuse. La société Girona, créancière de la faillite, a proposé de se voir adjudicataire de l'ensemble des biens mobiliers du local, moyennant un prix de 15 000 EUR à imputer sur sa créance.
Par aute du 11 décembre 2006, le tribunal de batlles (juridiction de première instance de la faillite) a fait droit à cette proposition. Un autre créancier, Mme Alfaro, a interjeté appel, en soutenant que cette adjudication méconnaissait l'égalité de traitement entre créanciers.
Par aute du 18 octobre 2007, le Tribunal supérieur de justice a :
- accueilli le recours de Mme Alfaro et retenu que l'aute attaqué portait atteinte au principe d'ordre public d'égalité entre créanciers ;
- ordonné que le montant de 15 000 EUR soit intégré à l'actif de la faillite pour être réparti entre tous les créanciers admis, au prorata de leurs créances ;
- rejeté les recours formés par plusieurs autres parties (MM. Blasco, Julián, Palmer, Arcos et les sociétés Puga et Pulido) et confirmé la décision pour le surplus.
La société Girona a alors formé une demande d'éclaircissement (petició d'aclariment) de cet aute. Elle relevait que son offre de 15 000 EUR n'avait été conçue que sous la condition d'une imputation de ce montant sur sa créance. Selon elle, la décision du 18 octobre 2007 pouvait être interprétée en deux sens : soit elle devait payer les 15 000 EUR, soit sa proposition tombait, ce qui ramènerait la situation à l'état antérieur à l'aute du 13 juillet 2005, lequel n'est pas davantage détaillé dans le texte.
Le magistrat rapporteur était M. Jean Louis Vuillemin. La formation était composée de M. Vuillemin, président, de M. Joan Manel Abril Campoy et de Mme Eulàlia Amat Llari.
Question de droit
La question posée était double.
En premier lieu, il s'agissait de savoir si l'aute du 18 octobre 2007, qui impose l'intégration du prix d'adjudication à l'actif de la faillite, emportait pour la société Girona l'obligation de verser les 15 000 EUR, ou si la décision laissait subsister une option.
En second lieu, il fallait déterminer quelles conséquences tirer, pour l'adjudicataire potentiel, de la mise en œuvre du principe d'égalité entre créanciers dans la répartition de l'actif d'une faillite, lorsque la vente d'un bien à un créancier est remise en cause.
Le texte ne mentionne aucun article de loi précis : les motifs se réfèrent seulement à « la législation en vigueur » et aux « usages et coutumes applicables » (non précisé dans la décision, s'agissant des dispositions visées).
Solution et dispositif
Le Tribunal supérieur de justice fait droit à la demande d'éclaircissement. Le raisonnement tient en trois étapes.
**1. Le principe d'