ATSJAD, Administrativa, 29 février 2008 (ROJ : ATSJAD 184/2008)
Décision commentée : ATSJAD, Administrativa, 29 février 2008 (ROJ : ATSJAD 184/2008 – ECLI:AD:TSJADAD:2008:184A) (Lire sur source officielle)
Juridiction : Tribunal Superior de Justícia d'Andorra, Sala Administrativa (Andorre) Numéro de recours : 10/08 Aute (TSA IE-10/07) Président et rapporteur : Albert Andrés Pereira ; magistrats Bernard Plagnet et Lluís Saura Lluvia Type de décision : Aute (ordonnance incidente, décision non mentionnée comme sentence au fond)
Faits et procédure
Les sœurs Ayuso ont fait l'objet d'une sanction de 1 425 euros de principal, prononcée pour une infraction grave à l'article 94, alinéas 5 et 11, de la loi sur le contrat de travail. Cette sanction a été confirmée par la sentence de la Sala Administrativa n° 16-2007 du 26 février 2007. Le 25 octobre 2007, la Section administrative de la Batllia a rendu une providence d'exécution d'acte administratif, mettant les intéressées en demeure de s'acquitter du montant.
Les intéressées ont formé un incident d'exécution devant le Tribunal supérieur de justice. Elles sollicitaient la suspension de l'exécution de la sentence « jusqu'au moment où sera tranchée » une action en responsabilité patrimoniale de l'État pour erreur judiciaire, qu'elles avaient introduite devant le Ple du tribunal. Le représentant du Gouvernement s'est opposé à la demande, au motif qu'aucun cas légal de suspension de la sentence n'était réuni.
La décision est rendue par la Sala Administrativa, dans une formation de trois magistrats. Elle se prononce uniquement sur l'incident, sans rouvrir le débat sur le bien-fondé de la sanction.
Question de droit
La Cour devait trancher deux questions :
- L'existence d'une action en responsabilité patrimoniale de l'État pour erreur judiciaire, portant sur la sentence qui a confirmé la sanction, permet-elle d'obtenir la suspension de l'exécution de cette sentence ?
- Une demande de suspension formée dans ces conditions peut-elle être qualifiée de téméraire, de manière à justifier une condamnation aux dépens ?
Le tribunal ne se prononce pas sur la responsabilité de l'État. Il examine seulement si la pendance de l'action indemnitaire constitue un motif de suspension, et si la demande est recevable au regard du cadre légal de la suspension.
Solution et dispositif
Le tribunal rejette l'incident. Son raisonnement repose sur trois motifs successifs.
Le caractère définitif de la sentence. Le tribunal relève que la sentence du 26 février 2007, qui a confirmé l'acte dont l'exécution est poursuivie, est « ferme et ne peut faire l'objet d'aucun recours » (fondement 1).
L'absence de cas légal de suspension. Le Gouvernement faisait valoir qu'aucun des cas de suspension de la sentence prévus à l'article 108 de la loi sur la juridiction administrative et fi