Décision commentée : Tribunal Superior de Justícia d'Andorra, Sala Civil, 15 octobre 2009, recours n° 178/09 (ROJ STSJAD 255/2009 ; ECLI:AD:TSJADAD:2009:255) (Lire sur source officielle)
Tribunal Superior de Justícia d'Andorra, Sala Civil, 15 octobre 2009, STSJAD 255/2009
Décision commentée : Tribunal Superior de Justícia d'Andorra, Sala Civil, 15 octobre 2009, recours n° 178/09 (ROJ STSJAD 255/2009) (Lire sur source officielle)
Faits et procédure
Les époux Manso i Pla ont obtenu, en Espagne, le prononcé de leur divorce par un jugement du Juzgado de Primera Instancia n° 3 d'Arenys de Mar, rendu le 10 mars 2008, assorti de « toutes ses conséquences juridiques ». Le même juzgado a rendu, le 28 avril 2008, un auto rectificatif.
Les deux époux ont saisi conjointement la Sala Civil du Tribunal Superior de Justícia d'Andorra d'une demande d'exequatur tendant à faire déclarer exécutoires en Principauté d'Andorra la décision de divorce et la décision rectificative. Le ministère public a conclu à l'octroi de l'exequatur.
La juridiction saisie était composée du magistrat ponent Jean Louis Vuillemin, de Joan Manel Abril Campoy et d'Eulàlia Amat Llari. Le texte ne précise ni la nationalité des époux, ni leur domicile, ni la date de l'introduction de la demande (non précisé dans la décision). Il ne mentionne pas non plus si le défendeur, dont l'existence n'est d'ailleurs pas évoquée, a été appelé à la procédure espagnole, la demande étant présentée conjointement.
Question de droit
La question posée est celle des conditions auxquelles une décision étrangère de divorce peut être déclarée exécutoire en Andorre. Le tribunal se réfère à l'article 49 de la Llei transitòria de procediments judicials, du 21 décembre 1993, qui subordonne l'exécution des décisions étrangères à la vérification de plusieurs conditions cumulatives.
Selon les motifs de la décision, il s'agit de vérifier :
- que la juridiction ayant rendu la décision était compétente ;
- que la procédure suivie devant elle était régulière ;
- que la loi applicable l'a été conformément aux règles nationales de conflit de lois ;
- que la décision est conforme à l'ordre public national et international ;
- qu'il n'existe pas de fraude à la loi nationale.
La difficulté juridique tient donc à l'articulation entre le contrôle formel de la décision étrangère et l'exigence de conformité à l'ordre public, appliquée ici à une décision de divorce.
Solution et dispositif
Le tribunal considère que les résolutions étrangères remplissent l'ensemble des conditions de l'article 49. Il retient en particulier que la sentence et l'auto sont conformes à l'ordre public national et international et qu'aucune fraude à la loi nationale n'est établie.