TSJ d'Andorre (Sala Civil), 27 mai 2010, STSJAD 132/2010
Décision commentée : TSJ d'Andorre, Sala Civil, 27 mai 2010, STSJAD 132/2010 (ECLI:AD:TSJADAD:2010:132), recours n° 1/10 (Lire sur source officielle)
Faits et procédure
Les époux Montenegro et Machado (ci-après « les demandeurs ») ont assigné la société « B. SA », assureur de leur véhicule utilitaire de marque Nissan, modèle Cabstar, afin d'obtenir le paiement de la valeur du véhicule, ainsi que des accessoires qui s'y trouvaient, au motif que ce véhicule leur avait été dérobé à Santeny (France) le 27 mai 2006. La demande a été formée le 28 novembre 2007. La défenderesse a contesté la demande le 16 janvier 2008, en soutenant que le vol allégué n'était pas établi.
Pour démontrer le fait invoqué, les demandeurs ont produit la police d'assurance, une plainte déposée auprès de l'Unité d'attention citoyenne d'Andorre le 30 mai 2006 (classée), une seconde plainte déposée auprès de la gendarmerie d'Ax-les-Thermes le 16 juillet 2006, et une facture d'hôtel au nom de M. Montenegro, datée du 27 mai 2006. Ils ont également produit les témoignages de M. Zapata, beau-frère de M. Montenegro, et de M. Tamarit, salarié de ce dernier depuis trois ans (les mentions de folios figurent dans la décision).
Le Tribunal de Batlles a rejeté l'intégralité de la demande par jugement du 4 novembre 2009, en considérant que les preuves étaient insuffisantes. Les demandeurs ont interjeté appel en sollicitant la révocation de ce jugement et l'accueil intégral de leurs prétentions.
La Sala Civil du Tribunal Superior de Justícia était saisie de ce seul appel. Le magistrat rapporteur était Mme Eulàlia Amat Llari, la formation comprenant également MM. Jean Louis Vuillemin (président) et Joan Manel Abril Campoy.
Question de droit
La question posée à la juridiction d'appel était, en substance, de savoir si les éléments produits par les demandeurs permettaient de tenir pour établi le vol du véhicule assuré, condition de la mise en œuvre de la garantie invoquée contre l'assureur. Le litige porte donc moins sur l'interprétation d'une règle de droit que sur l'appréciation de la preuve d'un fait allégué, dans le cadre de la contestation d'une demande fondée sur un contrat d'assurance.
Le texte mentionne par ailleurs un chef de mandat (« MANDANT », « contrat de mandat ») dans les descripteurs documentaires. Ce point n'est pas développé dans les motifs : le raisonnement de la Cour ne repose pas sur les règles du mandat.
Solution et dispositif
La Cour rejette l'appel et confirme le jugement de première instance. Elle motive sa décision en deux temps.
Premièrement, elle estime que les preuves produites ne sont pas « déterminantes » pour établir les faits, et que des « indices suffisants » permettent de douter de la véracité du récit des demandeurs (fondement II, § 5). Elle relève que les seuls éléments en faveur du récit sont la facture d'hôtel et les témoignages de deux personnes liées aux demandeurs par un lien de parenté ou de dépendance (§ 6).
Deuxièmement, elle relève plusieurs incohérences chronologiques et comportementales :
- la souscription ou le maintien de la garantie concernée peu avant le départ précipité pour la France (§ 7) ;
- l'absence de plainte dans la localité même du vol le jour des faits, ou la difficulté à admettre que la plainte n'ait pas pu être enregistrée fa