ATSJAD 174/2010 (ECLI:AD:TSJADAD:2010:174A)
Décision commentée : Tribunal superior de justícia d'Andorra, Sala civil, 2 décembre 2010, ATSJAD 174/2010 (ECLI:AD:TSJADAD:2010:174A), recours n° A165/10 (Lire sur source officielle)
Faits et procédure
Par une sentence du 28 octobre 2010, la Sala civil du Tribunal superior de justícia d'Andorre (ci-après « la Sala ») a rejeté les recours d'appel formés par Mme Canales, par la société « S. SL » et par MM. Salamanca, Azorin et Valverde. Ces recours étaient dirigés contre un jugement du Tribunal de batlles du 14 avril 2010, qui avait été confirmé en totalité, les dépens étant mis à la charge des appelants.
Les litiges sous-jacents portent, selon le résumé figurant dans la décision, sur la responsabilité de certains requérants pour des dettes contractées par M. Barba, dans le cadre d'une action introduite par une partie désignée dans la décision par la lettre « Y. ». Le texte ne précise pas davantage la nature exacte de cette action ni le fondement juridique de la responsabilité invoquée (non précisé dans la décision).
Contre la sentence du 28 octobre 2010, la représentation processuelle de MM. Salamanca, Azorin, Valverde et de la société « S. SL » a formé un incident de nullité d'actuacions. Les requérants soutenaient que la sentence avait porté atteinte à trois droits fondamentaux : le droit à la juridiction, le droit à l'obtention d'une décision motivée en droit et le droit à la tutelle judiciaire effective, tels que reconnus par l'article 10 de la Constitution andorrane. Le moyen principal était que la Sala avait apprécié de manière erronée les preuves versées au dossier, qui établiraient qu'ils ne pouvaient être tenus responsables des dettes de M. Barba.
Le texte ne précise pas le fondement procédural précis de l'incident de nullité au regard du droit andorran (non précisé dans la décision). Le magistrat rapporteur était Mme Eulàlia Amat Llari, la formation étant présidée par M. Jean Louis Vuillemin, avec la participation de M. Joan Manel Abril Campoy.
Question de droit
La question posée à la Sala était la suivante : une erreur alléguée dans l'appréciation des preuves et une motivation jugée insuffisante peuvent-elles, par la voie de l'incident de nullité d'actuacions, caractériser une violation des droits fondamentaux garantis par l'article 10 de la Constitution, et justifier l'annulation de la sentence ?
Cette question engage une distinction classique entre le contrôle de la régularité constitutionnelle d'une décision et le réexamen au fond des éléments de fait et de preuve. Elle conduit à vérifier si l'incident peut servir de substitut à une voie de recours ordinaire.
Solution et dispositif
La Sala rejette l'incident. Son raisonnement repose sur deux séries de motifs.
En premier lieu, elle rappelle que les tribunaux disposent du pouvoir d'apprécier librement les éléments de preuve selon le critère de la sana crítica (libre appréciation raisonnée). Elle en déduit que l'article 10 de la Constitution ne garantit pas une évaluation