Juridiction andorrane, — (ROJ STSJAD 61/2011)
Décision commentée : Juridiction andorrane, — (Lire sur source officielle)
Tribunal Superior de Justícia d'Andorre, Sala Administrativa, sentence n° 25-2011, 11 avril 2011 (ECLI:AD:TSJADAD:2011:61). Recours n° 25/11, actuations n° AD-0088-1/09. Ponent : Lluís Saura Lluivia. Traduction depuis le catalan, sous notre responsabilité.
Faits et procédure
La société Conde, domiciliée à Montevideo (Uruguay), projetait d'acquérir 49 % des actions de la société andorrane Ferreras, dont l'activité porte sur la gestion administrative et/ou comptable de filiales constituées dans la Principauté ou à l'étranger. Elle a sollicité du Gouvernement d'Andorre l'autorisation d'investissement étranger requise par la loi.
La procédure administrative a connu plusieurs étapes. Le Gouvernement a d'abord refusé l'autorisation au motif que la société était domiciliée au Panama. Saisi d'un recours, il a estimé celui-ci en partie, en corrigeant l'erreur relative au domicile et en renvoyant le dossier pour rectification de l'erreur de transcription. Après l'introduction d'une demande juridictionnelle contre ces décisions, il a rendu, le 21 octobre 2009, une nouvelle décision de refus fondée sur le domicile uruguayen de la société. Cette décision reposait sur un rapport négatif de l'Unité de renseignement financier (Unitat d'Intel·ligència Financera), selon lequel la documentation produite ne permettait pas de déterminer le véritable bénéficiaire effectif de l'acquéreur.
Par jugement n° 2010-16 du 21 janvier 2010, la Section administrative du Tribunal des Batlles (Tribunal de Batlles) a rejeté la demande de la société Conde. Cette dernière a interjeté appel. L'audience s'est tenue le 17 juin 2010. La Sala Administrativa du Tribunal Superior de Justícia a été saisie de l'appel.
Les motifs de la décision ne précisent pas la date exacte de la réforme législative ayant introduit l'article 1.5 de la loi, les parties se référant à une « Loi 2/2008 » et à une « Loi 2/2009 » sans que la décision tranche l'éventuelle divergence de référence (non précisé dans la décision).
Question de droit
Le litige pose deux questions.
La première est procédurale : fallait-il attaquer distinctement la décision de refus du 21 octobre 2009, postérieure à la décision de rectification ? Le Tribunal relève que la juridiction de première instance n'a examiné que les circonstances procédurales, la dernière résolution ne causant, selon elle, aucun préjudice dès lors qu'elle permettait à la demanderesse de connaître les motifs de fond du refus. Le Tribunal Superior ne tranche pas cette question de manière autonome : il entre dans le fond afin de répondre au grief de l'appelante.
La seconde porte sur le fond : le Gouvernement pouvait-il refuser l'autorisation d'investissement étranger à une société domiciliée dans un État qui n'est pas considéré comme non coopératif par le GAFI, en se fondant sur un rapport négatif de l'Unité de renseignement financier ? L'appelante soutient que l'article 1.5 de la loi ne permet de refuser que pour des motifs tenant à l'entité investisseuse, justifiés concrètement, et non pour la seule considération du domicile.
Solution et dispositif
Le Tribunal Superior rejette l'appel. Son raisonnement repose sur trois étapes.
Le cadre légal. Le Tribunal rappelle que l'article 15 de la loi 2/2008 du 8 avril 2008 relative aux investissements étrangers dans la Principauté d'Andorre prohibe les investissements réalisés par des personnes physiques ou morales domiciliées dans des p