STSJAD 322/2011 : Tribunal Superior de Justícia d'Andorra, Sala Civil, 20 décembre 2011 (ECLI:AD:TSJADAD:2011:322)
Décision commentée : Tribunal Superior de Justícia d'Andorra, Sala Civil, 20 décembre 2011, recours n° 279/11, STSJAD 322/2011 (ECLI:AD:TSJADAD:2011:322) (Lire sur source officielle)
Faits et procédure
Par demande formée le 1er juillet 2010, Mme Gomila a sollicité à l'encontre de M. Manso la fixation à 600 euros mensuels de la pension alimentaire due au titre de sa fille mineure, avec révision annuelle en fonction de l'IPC et prise en charge à hauteur de la moitié des dépenses extraordinaires. Elle demandait en outre la condamnation aux dépens.
Le défendeur n'a pas comparu en défense et a été déclaré en situation de rebelle. Le ministère public a conclu, par écrit du 10 juin 2011, à l'estimation partielle de la demande.
Par sentence du 30 juin 2011, le juge de première instance (l'Hble. Batlle) a rejeté la demande de modification, absous le défendeur et décidé de ne pas faire de condamnation spéciale aux dépens.
Mme Gomila a interjeté appel. Elle soutenait, d'une part, que des pièces produites par le défendeur l'avaient été hors délai, en méconnaissance de son droit à la défense, et, d'autre part, que la pension devait être augmentée en raison de l'accroissement des revenus du père (indiqué comme étant de 52 %) et de l'augmentation des charges de la mineure (frais de scolarité, frais judiciaires et diagnostic médical). Le défendeur concluait à la confirmation de la décision de première instance, avec condamnation de l'appelante aux dépens d'appel. Le ministère public ne s'opposait pas au recours et estimait que la somme de 500 euros était adaptée aux besoins de la mineure.
La formation de jugement était composée de MM. Jean Louis Vuillemin (président), Joan Manel Abril Campoy (magistrat rapporteur) et de Mme Eulàlia Amat Llari.
Question de droit
La Cour devait trancher deux questions.
La première portait sur la régularité procédurale : la production tardive, par la partie défenderesse, de pièces justificatives, lorsque celle-ci avait été déclarée rebelle, était-elle de nature à porter atteinte au droit à la défense consacré par l'article 10 de la Constitution andorrane, et à justifier leur écartement ? La décision ne précise pas si l'appelante invoquait également une méconnaissance du principe du contradictoire au sens strict, ni la règle procédurale précise régissant le délai de proposition des preuves (non précisé dans la décision).
La seconde, de fond, concernait le bien-fondé de la demande de modification de la pension alimentaire : une augmentation des revenus du débiteur d'aliments, combinée à l'accroissement des besoins de l'enfant, justifie-t-elle la révision de la pension fixée antérieurement, et selon quel montant ?
La décision ne cite aucun texte précis du droit civil andorran relatif à la modification des mesures alimentaires. Elle vise seulement « la législation en vigueur » et les « usages et coutumes applicables » (non précisé dans la décision quant aux dispositions exactes).
Solution et dispositif
Sur le droit à la défense
La Cour rejette le moyen. Elle relève, en s'appuyant sur les actes de procédure, que le défendeur, déclaré rebelle, avait reçu notification de l'ordonnance de preuve et de la date fixée pour le jugement de preuves (9 septembre 2010), que la convocation mentionnait expressément l'obligation de produire ses preuves à cette audience, et que les pièces avaient été versées à cette date conformément aux actes de procédure notifiés. Elle en conclut qu'« aucune action tardive ne peut être imputée » à la partie défenderesse.
La Cour écarte également la demande tendant à tenir pour inexistantes les affirmations contenues dans une lettre manuscrite produite par le défendeur. Elle rappelle que l'appréciation des éléments de preuve relève du juge du fond, qui évalue les preuves testimoniales, expertales et documentaires selon la « saine critique », sous réserve de la contestation de cette appréciation par voie de recours.
Sur le fond
La Cour approuve le constat des parties et du ministère public selon lequel les circonstances retenues en première instance devaient être révisées. Elle relève deux éléments :
- l'accroissement sensible des revenus du père, consécutif à sa promotion au sein du Corps de police, lié à son engagement personnel ;
- l'augmentation avérée des besoins de la mineure, qui requiert un su