Décision commentée : Tribunal Superior de Justícia d'Andorra, Sala Civil, 22 décembre 2013, STSJAD 256/2013 (ECLI:AD:TSJADAD:2013:256)
Décision commentée : Tribunal Superior de Justícia d'Andorra, Sala Civil, 22 décembre 2013, STSJAD 256/2013 (Lire sur source officielle)
Note de référence : la référence fournie dans les métadonnées (« Juridiction andorrane, — ») est incomplète. La référence retenue ci-dessus reprend le numéro ROJ et l'identifiant ECLI figurant dans le texte intégral. Le recours est identifié comme « Recurs 228/13 », et l'intitulé est « Exequatur (TSJC 228/13) ».
Faits et procédure
Par un écrit déposé le 11 juillet 2013, M^me^ Giner a formé une demande d'exequatur devant la Sala Civil du Tribunal Superior de Justícia d'Andorre. Elle sollicitait l'exécution, en Andorre, d'une sentence rendue le 15 septembre 2005 par le Tribunal de primera instància n° 6 de Sant Feliu de Llobregat (Espagne).
Le défendeur, M. Elías, a acquiescé à la demande (aplanament). Le Ministère public a estimé que la procédure devait suivre son cours. Le magistrat rapporteur était M. Joan Manel Abril Campoy, la formation de jugement comprenant également MM. Pere Pastor Vilanova et Vincent Anière.
La décision ne précise ni la nature du litige ayant donné lieu à la sentence espagnole, ni les motifs de la demande au fond (non précisé dans la décision). Elle ne mentionne pas non plus l'existence d'une convention bilatérale entre l'Andorre et l'Espagne en matière de reconnaissance des jugements (non précisé dans la décision).
Question de droit
La question posée à la Sala Civil était de savoir si une décision judiciaire étrangère pouvait être déclarée exécutoire en Andorre. Le texte renvoie à l'article 49 de la Llei transitòria de procediments judicials du 21 décembre 1993, qui fixe les conditions de cette reconnaissance.
Selon les motifs, la sentence étrangère doit satisfaire cumulativement à plusieurs exigences :
- la compétence de la juridiction d'origine ;
- la régularité de la procédure suivie devant elle ;
- l'application de la loi compétente selon les règles nationales de conflit de lois ;
- la conformité à l'ordre public national et international ;
- l'absence de fraude à la loi nationale.
Le juge doit donc vérifier, sur le fondement de ces critères, si la décision étrangère peut produire effet dans l'ordre juridique andorran.
Solution et dispositif
La Sala Civil estime que la sentence espagnole remplit l'ensemble des conditions de l'article 49 précité. Elle en déduit que la décision doit être déclarée exécutoire au Principat d'Andorre. Les motifs sont brefs : le juge relève que « no consta cap frau a la Llei nacional » et que la décision est conforme à l'ordre public. Il ne développe pas l'analyse de chaque critère.
Sur les dépens, la Cour retient qu'« en matière d'exequatur, il est d'usage de ne pas prononcer de condamnation spéciale aux dépens ».
Le dispositif est ainsi rédigé (traduction fidèle du catalan) :
« Estimer la demande d'exequatur de M^me^ Giner, déclarer exécutoire la sentence rendue le 15 septembre 2005 par le Tribunal de primera instància n° 6 de Sant Feliu de Llobregat (Espagne), sans condamnation spéciale aux dépens. »
Texte original (catalan) : « Estimar la demanda d'exequàtur de la Sra. Giner, decretar executiva la sentència dictada el dia 15 de setembre del 2005 pel Tribunal de primera instància nº6 de Sant Feliu de Llobregat (Espanya); Sense fer especial condemna en costes judicials. »
Portée et enseignement pratique
1. Un contrôle des conditions de reconnaissance. La décision illustre le mécanisme de l'exequatur tel qu'il est organisé par l'article 49 de la loi de 1993. Le juge andorran n'examine pas le fond du litige. Il vérifie seulement que la décision étrangère satisfait aux conditions légales de reconnaiss