ROJ STSJAD 145/2014 (ECLI:AD:TSJADAD:2014:145)
Décision commentée : STSJAD 145/2014, Tribunal Superior de Justícia d'Andorra, Sala Civil, 30 juin 2014, recours n° 75/14 (ECLI:AD:TSJADAD:2014:145) (Lire sur source officielle)
Note de méthode : la référence « Juridiction andorrane, — » fournie à l'origine étant incomplète, la référence ci-dessus reprend le numéro ROJ et l'ECLI qui figurent dans le texte intégral de la décision.
Faits et procédure
M. Catalá a été engagé par la société Espada le 12 avril 2005, dans le cadre d'un contrat à durée indéterminée (non précisé dans la décision : la qualification exacte du poste et la rémunération de base, hormis le salaire moyen mentionné ci-après).
Le litige naît de la fin de la relation de travail. Le 1er octobre 2012, le salarié a signé une « carta de desistiment » (lettre de démission) rédigée par l'employeur, par laquelle il notifiait sa volonté de résoudre la relation pour motifs personnels et accordait un préavis de trente jours, la relation prenant fin le 30 octobre 2012 inclus. Le 1er novembre 2012, l'employeur a établi une « quitança » (quittance pour solde de tout compte) mentionnant la lettre de démission, liquidant la relation de travail et versant une gratification de 4 542,88 euros.
Saisi par M. Catalá, le Tribunal unipersonnel du Batlle, par jugement du 4 février 2014, a rejeté la demande, qui tendait au paiement de 18 849,23 euros au titre des salaires impayés et de l'indemnité pour licenciement injustifié, improcédent et irrégulier. Le demandeur a interjeté appel, sollicitant l'accueil intégral de sa demande. La société Espada a conclu à la confirmation du jugement.
La Sala Civil du Tribunal Superior de Justícia, composée des magistrats Joan Manel Abril Campoy (président), Pere Pastor Vilanova et Vincent Anière (rapporteur), statue sur deux points : la qualification de la rupture et les sommes dues au titre des salaires et des congés.
Question de droit
La décision soulève deux questions distinctes.
Première question : la rupture de la relation de travail constitue-t-elle une démission volontaire, ou un licenciement verbal opéré sous pression de l'employeur ? Le requérant soutient que l'employeur, abusant de sa position hiérarchique, l'a contraint à signer la lettre de démission sous la menace de ne percevoir aucune somme, et que la date du 6 novembre 2012 correspond à un licenciement oral. Il conteste en outre la valeur probante des documents signés, invoquant une falsification.
Seconde question : quelles sont les sommes dues au titre des salaires et des congés payés ? Le requérant réclame le salaire jusqu'au 6 novembre 2012 et dix jours de congés, évalués sur la base d'un salaire journalier différent de celui retenu par l'employeur.
Solution et dispositif
Sur le premier point, la Cour rejette l'argumentation du requérant. Elle relève que « cap element objectiu acredita la falsificació al·legada pel treballador, ni una maquinació per part de l'empresari » (aucun élément objectif n'établit la falsification alléguée, ni une manœuvre de l'employeur). Deux constats fondent cette appréciation :
- l'exemplaire de la lettre de démission produit par le salarié lui-même ne porte aucune mention de désaccord, ce qui rend « sans pertinence » l'argument de falsification ;
- la quittance existe en deux versions : celle produite par le requérant comporte une mention manuscrite (« NO ESTIC COMFORME AMB LO EPICIFICAT »), absente de l'exemplaire remis par l'entreprise. La Cour n'en tire pas de conclusion sur l'authenticité de la mention, mais juge contradictoire que le salarié ait pu se sentir contraint de signer tout en étant en mesure de consigner son désaccord.
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