ATSJAD 184/2014 (Tribunal Superior de Justicia d'Andorra, Sala Civil, 22 décembre 2014)
Décision commentée : ATSJAD 184/2014, ECLI:AD:TSJADAD:2014:184A, recours n° A 282/14 (Lire sur source officielle)
Note de méthode : la référence canonique fournie (« Juridiction andorrane, — ») étant incomplète, la référence ci-dessus reprend les identifiants figurant dans le texte intégral.
Faits et procédure
La décision concerne la vente d'une moitié indivise d'immeubles appartenant à une mineure, représentée par sa mère, qui agit en qualité de tutrice. Le texte ne précise pas la nature exacte des biens au-delà de l'indication de « unitats immobiliàries » (unités immobilières), situées dans un immeuble à La Massana, comprenant une unité, deux places de parking et un cagibi.
Par un premier Aute du 20 janvier 2014, le juge de première instance (Batlle) autorise la représentante légale à conclure l'acte notarié de vente. Une action en révision est engagée. Le demandeur produit un rapport d'expertise de partie daté du 8 mai 2014, qui évalue les biens à 286 895,43 euros. Or une expertise judiciaire antérieure, réalisée le 17 octobre 2013 à la demande du tribunal, les avait évalués à 389 382,86 euros pour la quote-part concernée.
Par un second Aute du 30 juin 2014, le juge autorise la vente « pel valor taxat per l'expert de part » (au prix retenu par l'expert de partie), tout en fixant une obligation d'information de la tutrice sur le produit de la vente et sur sa destination. Le texte mentionne que la décision de première instance s'appuie sur la possibilité de faciliter la vente en raison d'arrhes pénitentielles ou d'un contrat de vente préexistant, sans que la décision précise les éléments de fait relatifs à ces engagements.
Le Ministère public (Ministeri Fiscal) forme appel. Il avait déjà contesté, par écrit du 2 avril 2014 puis du 29 mai 2014, une vente à un prix inférieur à l'évaluation judiciaire. Il demande la révocation de l'Aute. La partie défenderesse conclut au rejet du recours. Le magistrat rapporteur est Joan Manel Abril Campoy ; la formation est complétée par Pere Pastor Vilanova et Vincent Anière.
Question de droit
La question posée à la Sala Civil peut être formulée ainsi : le juge peut-il autoriser, en application du contrôle exercé sur les actes de représentation d'un mineur, la vente d'un bien appartenant à celui-ci à un prix inférieur à la valeur fixée par une expertise judiciaire, en se fondant sur une expertise de partie postérieure et sur l'existence d'engagements contractuels préalables (arrhes pénitentielles ou compromis de vente), sans motiver spécialement cette dérogation ?
La réponse implicite de la Sala se déduit de la motivation : l'intérêt du mineur constitue le critère directeur de l'action judiciaire, et une autorisation de vente à un prix sensiblement inférieur à l'évaluation judiciaire, non justifiée, ne peut satisfaire cet intérêt.
Solution et dispositif
Le tribunal estime le recours et réforme la décision de première instance dans les termes suivants.
« ESTIMAR el recurs interposat pel Ministeri Fiscal contra l'Aute, de data 30-06-2014, dictat per l'Hble. Batlle, i decidir que es mantenen els dos apartats