Juridiction andorrane, — (ATSJAD 21/2015, ECLI:AD:TSJADAD:2015:21A)
Décision commentée : Juridiction andorrane, — (ATSJAD 21/2015, ECLI:AD:TSJADAD:2015:21A) (Lire sur source officielle)
Faits et procédure
La décision émane de la Sala Civil du Tribunal superior de justícia d'Andorre, rendue le 5 février 2015 sur le recours d'appel enregistré sous le numéro A217/14 (TSJC 217/14, origine 5100138/2003). Elle a été rendue par le magistrat rapporteur Vincent Aniére, avec la participation de Carles Cruz Moratones et Joan Manel Abril Campoy, sous la présidence de ce dernier. Il s'agit d'un aute, c'est-à-dire d'une décision de nature interlocutoire rendue dans le cadre d'un incident d'exécution.
Les faits, tels que rapportés par le texte, sont les suivants. M. Codina a introduit en 2003 une demande indemnitaire contre la société anonyme Roda, assureur. Deux procédures ont été jointes par un aute du 30 juin 2006 : la procédure 138-5, dans laquelle la demande a été rejetée, et la procédure 139-1, dans laquelle la demande a été accueillie. Le tribunal de batlles a condamné la défenderesse à payer 12 700 euros « augmentée[s] par les intérêts légaux comptés depuis la date de la contestation de la demande ». La Sala Civil a confirmé ce jugement intégralement par arrêt du 22 décembre 2009.
Dans la phase d'exécution, une compensation a été ordonnée à hauteur de 12 700 euros, dette de l'assureur, avec une somme de 17 973,48 euros due par l'autre partie. Le créancier a ensuite demandé le paiement de 107 993,94 euros. L'assureur s'est opposé à l'exécution et un incident d'exécution a été ouvert. Par aute du 9 avril 2014, le juge de l'exécution a fait droit à cet incident. M. Codina a interjeté appel en sollicitant, en substance, que la somme due porte intérêt au taux annuel de 20 %, stipulé par le contrat d'assurance, et non au seul taux de l'intérêt légal.
Le texte mentionne plusieurs dates pour le jugement de première instance (12 février 2009, 12 juin 2009, 12 septembre 2009) et une référence de contestation variable (19 ou 24 avril 2006 selon les passages). Ces divergences matérielles ne sont pas relevées par le tribunal et sont signalées ici à titre de précaution, sans incidence sur la solution retenue.
Question de droit
La question posée à la Sala Civil peut être formulée ainsi : le titre exécutoire, constitué par le jugement de première instance confirmé en appel, permet-il d'appliquer aux sommes allouées un intérêt conventionnel de 20 % annuel, prévu par la police d'assurance, ou se limite-t-il à l'intérêt légal stricto sensu ?
Cette question en appelle une seconde, de nature procédurale : dans le cadre d'un incident d'exécution, le juge peut-il réexaminer une prétention qui n'a pas été accueillie dans le jugement exécuté ? L'appelant soutenait que le premier juge avait commis une erreur en affirmant que la question des intérêts avait été examinée et écartée, et qu'il ne demandait que « l'application de l'intérêt légal que la sentence dispose », convenu entre les parties dans le contrat d'assurance.
Le texte précise que l'appelant qualifiait les intérêts réclamés de « légaux » au motif que la police renvoyait à la loi espagnole sur le contrat d'assurance (Ley 50/1980, articles 20 et 8§9 cités dans le texte). La Sala Civil a relevé une contradiction entre cette thèse et les écritures ant