Tribunal Superior de Justícia d'Andorra, Sala Civil, 26 juin 2018 (ROJ STSJAD 208/2018)
Décision commentée : Tribunal Superior de Justícia d'Andorra, Sala Civil, 26 juin 2018, ROJ STSJAD 208/2018, ECLI:AD:TSJADAD:2018:208, recours n° 93/18 (Lire sur source officielle)
Note : la référence canonique fournie (« Juridiction andorrane, — ») étant incomplète, elle a été complétée à partir de l'en-tête du texte intégral. La décision est rédigée en catalan ; les citations ci-après sont des traductions du rédacteur.
Faits et procédure
Le Sr Diez, agent commercial, a introduit une demande en paiement selon la procédure de minime quantité (demande enregistrée le 23 juin 2017) contre la Sra Salas. Il réclamait la somme de 1 034,41 euros, correspondant, d'une part, aux sommes qu'il avait avancées pour alimenter un compte bancaire dont il était titulaire mais que la défenderesse utilisait pour l'exploitation du bar « X », et, d'autre part, au découvert laissé sur ce compte, outre les dépens.
La défenderesse a conclu au rejet intégral de la demande (contestation du 1er septembre 2017). Après administration des preuves, le Tribunal unipersonnel de Batlle a, par jugement du 6 novembre 2017, fait droit partiellement à la demande et condamné la Sra Salas au paiement de 703,41 euros (674,51 + 28,90 euros), majorés des intérêts légaux à compter du 1er septembre 2017, ainsi qu'aux dépens.
La Sra Salas a interjeté appel en sollicitant la révocation du jugement et la condamnation du demandeur aux dépens, y compris les honoraires d'avocat et de procureur. L'intimé n'a pas déposé de mémoire en réponse dans le délai imparti. La Sala Civil du Tribunal Superior de Justícia était ainsi saisie de la seule question de l'appréciation de la preuve.
Les faits retenus par la juridiction sont les suivants : un contrat de cession de la titularité du fonds de commerce a été conclu le 1er août 2016 ; l'acquéreuse a versé 5 000 euros et conclu un bail commercial avec le propriétaire ; la cessionnaire a cessé la gestion le 16 janvier 2017. La défenderesse soutenait que la titularité formelle ne lui avait jamais été transférée, faute de démarches imputables au cédant.
Question de droit
La question posée à la Cour était double :
- Comment répartir la charge de la preuve lorsque les parties s'opposent sur la réalité d'une cession d'exploitation, chacune affirmant que la preuve incombe à l'autre ?
- Le défaut de contestation effective d'une preuve documentaire régulièrement produite suffit-il à faire échec à la prétention de la partie défenderesse, en particulier lorsque celle-ci distingue la titularité formelle et la titularité réelle de l'exploitation ?
Solution et dispositif
La Cour rejette l'appel et