STSJA Andorre (Sala Penal), 29 novembre 2019, sentence n° 50-2019 (ROJ : STSJAD 281/2019)
Décision commentée : Tribunal superior de justícia d'Andorra (Sala Penal), sentència 50-2019, rotlle TSJP 0000087/2019, 29 novembre 2019, ECLI:AD:TSJADAD:2019:281 (Lire sur source officielle)
Faits et procédure
Par sentence du 28 juin 2019, le Tribunal de Corts a condamné M. Gomila, en qualité d'auteur, pour un délit majeur de lésions dolosives ayant nécessité un traitement médical. La peine retenue était d'un an de prison conditionnelle, avec un délai de suspension de quatre ans, assortie du paiement des dépens. Au titre de la responsabilité civile, le condamné devait indemniser M. Talavera à hauteur de 1 611,96 euros, avec réserve d'actions civiles pour les frais futurs.
Les faits retenus par la juridiction de première instance sont les suivants. Le 8 avril 2017, vers 5 h 20, à la sortie d'un établissement nocturne de La Massana, M. Gomila a donné un coup dans le dos de M. Talavera, qui se dirigeait vers son véhicule. La victime est tombée au sol, le visage heurtant le revêtement du parking, puis le prévenu s'est placé au-dessus d'elle, avant que des tiers présents ne les séparent. Les mobiles de l'agression ne sont pas précisés, les protagonistes ne se connaissant pas. M. Talavera a subi une contusion crânienne avec plaie frontale ayant nécessité trois points de suture, ainsi que la fracture des dents 11, 21, 41 et 42 à bords irréguliers.
Le conseil de M. Gomila a interjeté appel en contestant uniquement le lien de causalité entre la chute et les fractures dentaires, et il a sollicité la révocation partielle de la décision. Le ministère public a conclu au rejet, estimant que la juridiction inférieure avait procédé à une appréciation adéquate des preuves.
Question de droit
Le litige porte sur un point précis : la juridiction d'appel devait-elle admettre l'existence d'un lien de causalité entre l'agression, c'est-à-dire la chute provoquée, et les fractures dentaires, alors que la médecin légiste n'avait pu l'établir « à 100 % » ? Se posait en outre la question de la crédibilité d'un témoin lié par une relation d'amitié à la victime.
La décision ne mobilise aucun texte précis du Code pénal andorran au titre du fondement de la causalité. La référence « Llei 9/2005, del 21 de febrer, qualificada del Codi penal » figure uniquement dans les liens de législation associés à la décision, sans article identifié (article non précisé dans la décision). Le raisonnement repose donc entièrement sur l'appréciation des éléments de preuve.
Solution et dispositif
La Sala Penal rejette l'appel et confirme la sentence de première instance. Elle motive sa décision par les considérations suivantes :
- l'expert médico-légal n'a pas exclu le lien de causalité, mais a seulement indiqué qu'elle « n'arrivait pas à le voir » et ne pouvait l'établir à 100 % ; le tribunal retient qu'une incertitude de l'expert n'équivaut pas à une exclusion de ce lien ;
- les témoignages concordants de la victime et du témoin, qui ont constaté les fractures après la chute, constituent un support