ATSJAD 76/2020 (Tribunal supérieur de justice d'Andorre, Sala Civil, 27 février 2020)
Décision commentée : ATSJAD 76/2020, ECLI:AD:TSJADAD:2020:76A (Lire sur source officielle)
Faits et procédure
Une société, Y. SA, fait l'objet d'une procédure de cessation de paiements puis de faillite, ouverte en même temps qu'à l'égard de son dirigeant, M. Expósito. Dans ce cadre, l'administratrice judiciaire sollicite la fixation d'une aide économique mensuelle de 1 200 euros au profit de M. Expósito et de sa famille, prélevée sur l'actif. Le dossier mentionne par ailleurs une demande tendant à ce que les aides à la charge de la masse atteignent 9 130 euros mensuels (la décision ne précise pas la base juridique de cette seconde demande).
Par un Aute (décision de forme ordonnancée, que l'on traduira ici par « ordonnance ») du 24 janvier 2019, le juge de première instance accorde à M. Expósito et à sa famille une aide mensuelle de 1 033,07 euros, « sobre l'actiu », pour faire face à des dépenses courantes.
La société Y. SA interjette appel. Elle demande la révocation de l'ordonnance afin de préserver l'actif de la procédure et la masse des créanciers. Les administrateurs judiciaires concluent à la confirmation intégrale de la décision attaquée.
La controladora judicial (contrôleure judiciaire) se trouve également dans la cause, avec des conclusions de même sens que l'appelante. Le texte ne précise pas la base juridique exacte de sa qualité pour agir en appel, ni le détail de sa position procédurale.
Question de droit
La Sala Civil doit déterminer si l'ordonnance qui accorde à un débiteur personne physique une aide économique à la charge de l'actif du concours est conforme au droit. Cette question implique de préciser les conditions d'octroi de l'aide prévue à l'article 21 du Décret de cessation de paiements et de faillite, ainsi que la mesure de l'appréciation exercée par le juge.
Le texte est rédigé en catalan. Le Décret n'est pas identifié par sa date ou sa référence dans la décision (non précisé dans la décision).
Solution et dispositif
La Sala Civil estime l'appel. Elle infirme l'ordonnance du 24 janvier 2019 et rejette la demande d'aide présentée par M. Expósito.
Le raisonnement repose sur trois étapes :
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Lecture systématique de l'article 21. Le texte dispose que « le débiteur peut obtenir, sur l'actif, pour lui et pour sa famille, les aides fixées par le juge rapporteur de la section civile du Tribunal des bailliages ». La Cour en déduit que l'aide vise à assurer la subsistance personnelle du débiteur et de sa famille. Elle est financée par des actifs destinés à être liquidés (art. 61), dont le produit est réparti entre les créanciers selon les règles de rang (art. 62 et suivants).
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Exigence d'un examen individualisé. La reconnaissance de l'aide suppose une analyse « détaillée et exhaustive » de la situation concrète du débiteur et de sa famille, prenant en compte à la fois ses actifs et, surtout, ses besoins. Ces besoins ne peuvent pas résulter d'une approche « a priori » fondée sur un montant équivalent au salaire minimum interprofessionnel mensuel. La décision de première instance est donc critiquée pour son caractère forfaitaire.
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Absence de justification des besoins. La Cour relève que M. Expósito a présenté un bref état de ses besoins, chiffré à 9 130 euros, sans jamais les justifier, malgré des demandes répétées de l'administratrice judiciaire. Elle ajoute que, pendant la période écoulée depuis la déclaration de faillite, il a pu subvenir à ses besoins alors que ses biens étaient bloqués, sans que les moyens utilisés soient justifiés. La Cour écarte en conséquence le recours à