Juridiction andorrane, — (STSJAD 174/2022)
Décision commentée : Juridiction andorrane, — (STSJAD 174/2022, Tribunal Superior de Justícia d'Andorra, Plénier, 28 juin 2022) (Lire sur source officielle)
Faits et procédure
La Communauté de propriétaires du Conjunt Residencial X avait engagé, le 20 juin 2014, une action en paiement contre quatre sociétés andorranes, en réparation des défauts de construction ayant entraîné la chute de pierres d'une façade. La procédure civile ordinaire a été marquée par une longue phase probatoire, au cours de laquelle la désignation et la provision d'honoraires de l'expert judiciaire ont donné lieu à de nombreux incidents. La décision ne précise pas la date de clôture de l'instruction ni l'état d'avancement de l'expertise à la date du recours d'amparo.
Le 7 août 2020, la Communauté a saisi le Tribunal constitutionnel d'un recours d'amparo contre l'inactivité de la juridiction ordinaire, invoquant la violation du droit à un procès équitable et à un jugement dans un délai raisonnable, garantis par l'article 10 de la Constitution. Par sentence du 16 novembre 2020, le Tribunal constitutionnel a déclaré la violation du droit à un jugement de durée raisonnable et reconnu à la requérante le droit à être indemnisée des préjudices subis.
Une première action en responsabilité patrimoniale de l'État pour fonctionnement anormal de l'administration de la justice a été introduite le 8 janvier 2021 contre le Gouvernement. Elle tendait au paiement de 15 000 EUR correspondant à la fourniture et à la pose d'une structure métallique destinée à la sécurisation de la façade. Par sentence du 4 octobre 2021, le Plénier du Tribunal supérieur a rejeté cette demande, la requérante n'ayant pas sollicité d'indemnisation du préjudice moral résultant des délais reconnus, et la réclamation formulée n'étant pas imputable à l'action de l'administration. Cette sentence a été déclarée ferme et exécutoire.
Le 2 décembre 2021, la même Communauté a introduit une seconde action, fondée sur les mêmes conclusions relatives à la sentence du Tribunal constitutionnel, en réclamant cette fois 14 000 EUR au titre du préjudice moral, soit sept années de retard évaluées à 2 000 EUR par an.
Le Ministère public s'est opposé à la demande en invoquant sa tardiveté, le délai de trois mois étant, selon lui, impératif. Le Gouvernement a soulevé la même exception à titre préalable et, subsidiairement, a sollicité une indemnisation plafonn