ATSJAD Andorre, Sala Civil, 11 juillet 2022 (ROJ : ATSJAD 132/2022)
Décision commentée : Tribunal superior de Justícia d'Andorra, Sala Civil, aute n° 093-2022, 11 juillet 2022, ROJ : ATSJAD 132/2022, ECLI:AD:TSJADAD:2022:132A (Lire sur source officielle)
Note : la référence canonique fournie dans les métadonnées de la saisie (« Juridiction andorrane, — ») étant incomplète, la référence a été établie à partir des éléments d'identification figurant dans le texte intégral (numéro de recours A377/21, ROJ et ECLI).
Faits et procédure
Un avocat, agissant pour le compte de MM. Águila et Salamanca, a engagé un incident d'exécution (procédure civile abrégée n° 1000014/20), issu d'une procédure civile ordinaire (n° 1000270/17), afin d'obtenir le paiement de ses honoraires à l'encontre de MM. Macias, Ayuso, Criado, Recio, Manzano et Caro. Ces honoraires rémunéraient le traitement d'une question de prejudicialitat penal, c'est-à-dire d'une exception tendant à suspendre la procédure civile dans l'attente de l'issue d'une procédure pénale.
Par résolution du 3 novembre 2021, la Batllia a accueilli partiellement l'incident et réduit les honoraires à 15 590,50 euros, IGI en sus. Cette résolution se réfère à un aute du 1er août 2018 relatif à la question préjudicielle pénale.
Les défendeurs ont interjeté appel le 12 novembre 2021. Ils demandaient la réformation de la décision, la fixation des honoraires à 31 181 euros, IGI en sus, et l'absence de condamnation aux dépens de l'instance d'appel. Le Collège des avocats d'Andorre (CADA), saisi pour avis, avait relevé que le dossier pénal, présenté comme « cas Y », était sans précédent, impliquait un volume d'actes considérable et exigeait une recherche approfondie. Il avait en conséquence jugé justifiée l'application de la norme 13.6 et une majoration de 100 %. Les intimés concluaient à la confirmation intégrale de l'aute entrepris et à la condamnation des appelants aux dépens.
Question de droit
La Sala Civil devait résoudre deux questions, formulées dans les termes mêmes de la décision :
- La complexité reconnue et rémunérée dans un incident de prejudicialitat civil doit-elle être à nouveau reconnue lorsque la même question se pose dans une prejudicialitat penal portant sur le même dossier ?
- La complexité de l'étude du dossier pénal peut-elle être invoquée à l'appui d'une majoration des honoraires lorsque la partie adverse est elle-même partie à cette procédure pénale, y a participé et a même formulé la qualification provisoire ?
En toile de fond figurait la question de la valeur juridique des dictámens du CADA. Le tribunal devait déterminer dans quelle mesure ces normes orientatrices s'imposent à la juridiction saisie de l'appel de la taxation.
Solution et dispositif
La Sala Civil écarte le raisonnement du CADA. Elle rappelle, en reprenant sa jurisprudence antérieure (TSJC 343/08, 181/16, 432/18 et 199/20, citées dans la décision), que les normes du Collège ont une valeur indicative et ne lient pas les tribunaux. Le juge doit confronter le montant des honoraires au travail effectivement accompli, au temps consacré