STSJAD 67/2023 (ECLI:AD:TSJADAD:2023:67)
Décision commentée : STSJAD 67/2023, Tribunal Superior de Justícia d'Andorra, Sala Civil (Ple), 7 février 2023, recours n° 14/22 (Lire sur source officielle)
Faits et procédure
Par une décision du 26 mai 2020, rendue dans la cause 2019-92-RE, le Tribunal constitutionnel andorran a accueilli le recours d'amparo formé par M^me^ Suárez contre l'inactivité du Batllia dans l'exécution d'une procédure civile ouverte en 2000 (causes acumulées 0014-6/2000 et 0093-5/2000). Il a constaté la violation du droit à un procès dans un délai raisonnable, a reconnu un retard de onze ans, calculé à partir de la première sentence du Tribunal de Batlles, et a déclaré la requérante fondée à être indemnisée.
Au lieu de saisir dans le délai de trois mois prévu par l'article 10.3 de la Llei qualificada de la justícia le Ple du Tribunal supérieur, la requérante a engagé une action contre le Gouvernement. La Sala Administrativa du Tribunal supérieur, par décision du 26 mai 2022, a déclaré que la compétence appartenait au Ple.
L'inactivité persistant, le Tribunal constitutionnel a été saisi une seconde fois (cause 2021-97-RE). Par décision du 14 février 2022, il a de nouveau constaté une violation du délai raisonnable, retenu un retard global de treize ans, ordonné à la Batllia d'exécuter « urgentment i diligentment » la procédure, et reconnu le droit à indemnisation.
La requérante a alors saisi le Ple d'une action en responsabilité de l'État pour anormal fonctionnement de l'administration de la justice, portant sur l'ensemble de la période de dilations, quantifiée à douze ans, à raison de 1 500 EUR par an, avec une majoration de 1 500 EUR pour chaque année supplémentaire, ainsi que le remboursement des frais de la procédure d'exécution, de la procédure constitutionnelle et de la présente instance.
Le Ministère public soutient que l'action portant sur les onze premières années de dilations est caduque, faute d'avoir été exercée devant le Ple dans le délai légal, et que seule peut être indemnisée la dilation reconnue par la décision de 2022. Il s'oppose en outre à toute condamnation aux dépens. Le Gouvernement invoque à titre principal la forclusion partielle de la demande. À titre subsidiaire, il reconnaît un retard de neuf ans, à raison de 500 EUR par an, et conteste le remboursement des frais.
Question de droit
La décision soulève trois questions :
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La caducité. L'action en réparation fondée sur l'article 10 de la Llei qualificada de la justícia, exercée après le délai de trois mois suivant une décision constitutionnelle qui reconnaît la dilation, est-elle caduque pour la période antérieure à cette décision lorsque la dilation s'est poursuivie après elle ?
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L'assiette temporelle du préjudice indemnisable. Quelle période de dilation doit