La société de ventes volontaires, comme le commissaire-priseur, est tenu d'un devoir de conseil envers celui qui le requiert de réaliser une vente. Ce devoir doit porter sur les éléments essentiels de la vente, à savoir l'authenticité des pièces, leur description, leur valeur et encore, comme en l'espèce, leur conformité à la réglementation applicable compte tenu du droit positif en vigueur. Ce devoir s'entend principalement de l'obligation d'informer et d'éclairer les parties au regard du but poursuivi par elles. Cette information peut revêtir la forme d'une mise en garde, notamment, comme en en l'espèce, dans l'hypothèse d'une réglementation susceptible d'affecter la cessibilité des objets proposés à la vente. Tel n'a pas été le cas, en l'espèce, dès lors que la société BL. ne conteste pas ne pas avoir délivré la moindre information à M. F. sur l'existence d'une réglementation pouvant être applicable au cas particulier et sur les risques encourus à ne pas la respecter, étant par ailleurs, relevé que le recours de cette société à un expert ne saurait suffire à l'exonérer de son propre devoir de conseil à l'égard de son client. Le fait que la totalité des pièces composant la collection de plumes d'Amazonie a été saisie et placé sous scellés par des agents de l'Office national de la chasse dans la Salle des ventes de l'hôtel Drouot à Paris, sur le fondement de l'arrêté du 15 mai 1986 protégeant certaines espèces et en interdisant l'importation en France démontre que le commissaire-priseur a commis un manquement à son devoir de conseil. Quant au préjudice résultant de ce manquement, il ne saurait s'analyser qu'en une perte de chance, le préjudice correspondant au fait pour son client d'avoir été privé de la possibilité de décider s'il allait, ou non, prendre le risque de mettre en vente sa collection, étant ici rappelé, que la réparation doit être mesurée à la chance perdue et ne peut être égale à l'avantage qu'aurait procuré cette chance si elle s'était réalisée. Quant à l'appel en garantie formé par le commissaire-priseur à l'encontre de l'expert dont il s'est assuré le concours pour l'estimation de la valeur des objets mis en vente et la réalisation du catalogue, celui-ci s'avère fondé dès lors que les avis que cet expert a donnés sur les objets présentés à la vente publique au vu desquels a été établi le catalogue, dont les mentions justifient les estimations, constituent bien l'affirmation, par un spécialiste, des éléments essentiels d'un objet mis en vente tenant implicitement à sa conformité à la réglementation applicable en sorte que, comme tels, ces éléments sont de nature à engager sa responsabilité vis-à-vis du commissaire-priseur ayant eu recours à ses services, sans toutefois exonérer totalement ce dernier de sa propre responsabilité. En conséquence, l'expert sera condamné à garantir le commissaire-priseur à concurrence de la moitié des condamnations prononcées à l'encontre de ce dernier. COUR D'APPEL ARRÊT DU 20 JANVIER 2015 En la cause de :
- La SARL BL. ET ASSOCIÉS, Commissaires Priseurs, société de ventes volontaires, société de droit français au capital de 15.000 euros, Agrément n°2002-212, inscrite au RCS PARIS B 442 660 692, dont le siège social se trouve 2 boulevard de Montmartre à 75009 PARIS, prise en la personne de ses gérants associés en exercice, Monsieur p. BL. et Monsieur p. DA., demeurant et domicilié en cette qualité audit siège, Ayant élu domicile en l'Étude de Maître Patricia REY, avocat-défenseur près la Cour d'appel de Monaco, et plaidant par Maître APELBAUM, avocat au Barreau de Paris, substituant Maître Antonin LEVY, avocat en ce même Barreau ; APPELANTE, d'une part, contre : 1 - Monsieur g. FR., né le 4 mars 1956 à Monaco, de nationalité française, Directeur de Galerie d'art, demeurant et domicilié X à Monaco, Ayant élu domicile en l'Étude de Maître Frank MICHEL, avocat-défenseur près la Cour d'appel de Monaco, et plaidant par ledit avocat-défenseur ; 2 - Monsieur s. RE., né le 7 octobre 1963 à Moissac (Tarn et Garonne - France), Expert, demeurant X à La Varenne (94210), Ayant élu domicile en l'Etude de Maître Joëlle PASTOR-BENSA, avocat-défenseur près la Cour d'appel de Monaco, et plaidant par ledit avocat-défenseur ; INTIMÉS, d'autre part, LA COUR,