Cour d'Appel de Monaco, 02 avril 2019, n° 18004
Décision commentée : Cour d'Appel de Monaco, 02 avril 2019, n° 18004 (Lire sur source officielle)
Faits et procédure
Par offre acceptée le 12 décembre 2014, la société anonyme de droit français A a consenti un prêt de 60 000 euros à la société à responsabilité limitée de droit monégasque B et à M. p. C., alors co-gérant de cette société, en qualité de co-emprunteurs. Le crédit était affecté à l'acquisition d'un véhicule automobile de marque W. Il était remboursable en soixante mensualités de 1 160,87 euros, au taux effectif global de 5,99 %. Le droit français était stipulé applicable au contrat.
Les échéances n'ayant pas été payées au cours de l'année 2015, la société A a prononcé la déchéance du terme à compter du 21 mars 2016, par courrier adressé à M. C. le 26 avril 2016. Le tribunal de première instance de Monaco a constaté l'état de cessation des paiements de la SARL B, puis prononcé sa liquidation des biens le 1er juin 2017. La société A a assigné M. C. et la SARL B en paiement d'un décompte de 58 563,74 euros, assorti des intérêts contractuels, et de 1 000 euros de dommages-intérêts pour résistance abusive.
Par jugement du 25 janvier 2018, le tribunal a condamné M. C. à payer 58 563,74 euros avec intérêts au taux contractuel, au titre du solde du prêt, et a déclaré irrecevables les demandes dirigées contre la SARL B. Il a également rejeté l'intervention volontaire de M. L. M., ancien dirigeant. M. C. a interjeté appel le 12 avril 2018. Il soutenait que la dette devait être portée au passif de la SARL B, qu'il avait démissionné de ses fonctions de gérant le 12 octobre 2015 et qu'il n'avait pas connaissance du prêt. À titre subsidiaire, il invoquait un manquement du prêteur à son devoir de mise en garde et de conseil, ainsi que le non-respect du délai de rétractation. Le ministère public a conclu à l'infirmation, en discutant l'application de la clause attributive de juridiction.
(Non précisé dans la décision : la date précise de signification du jugement de première instance, mentionnée seulement comme étant le 13 mars 2018, ne fait l'objet d'aucune discussion.)
Question de droit
La Cour devait trancher plusieurs questions :
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L'engagement personnel du co-emprunteur. Un associé-gérant, qui a contracté un prêt au nom de sa société et dont la démission de ses fonctions est intervenue en cours d'exécution, peut-il échapper à la dette en invoquant la destination professionnelle du bien financé et l'absence d'intérêt personnel ?
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L'obligation d'information et de conseil du prêteur. Le prêteur de crédit affecté, soumis au Code de la consommation français, manque-t-il à ses obligations précontractuelles en ne vérifiant pas la capacité de remboursement de l'emprunteur ?
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Le délai de rétractation. La date de livraison du bien, qui conditionne la durée du délai de rétractation, fait-elle obstacle à la signature du contrat avant cette livraison ?
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La clause attributive de juridiction et la demande de dommages-intérêts pour résistance abusive.
Solution et dispositif
La Cour confir