Cour de Révision de Monaco, 28 mars 2011, n° 5692
Décision commentée : Cour de Révision de Monaco, 28 mars 2011, n° 5692 (Lire sur source officielle)
Faits et procédure
Par testament olographe du 6 juillet 1998, M^me^ V., épouse en secondes noces de M. Maurice L., a légué l'ensemble de ses biens à M. S. Son fils adoptif, M. Frédéric L., a obtenu l'annulation de ce testament par un jugement du tribunal de première instance du 13 janvier 2005. M. S. a formé opposition à ce jugement, puis relevé appel du jugement rendu sur opposition. Il s'est ensuite pourvu en révision contre l'arrêt confirmatif rendu par la cour d'appel le 26 janvier 2010.
Par arrêt du 12 octobre 2010, la Cour de révision a cassé et annulé l'arrêt du 26 janvier 2010, mais uniquement en ce qu'il condamnait M. S. à payer à M. L. 8 000 euros de dommages-intérêts pour appel abusif. La cause et les parties ont été renvoyées à la première session utile de la Cour de révision autrement composée. La cassation est donc partielle : seul le chef relatif à l'abus du droit d'appel était remis en cause, le fond du litige successoral n'étant pas en discussion dans la présente instance.
Sur renvoi, M. L. a sollicité, par conclusions additionnelles du 21 décembre 2010, la condamnation de M. S. à lui verser 50 000 euros de dommages-intérêts pour appel abusif. Il reprochait à M. S. d'avoir profité de la confiance de la testatrice, laquelle se trouvait « hors d'état de manifester un consentement éclairé », pour se faire consentir un testament et s'approprier la succession au préjudice de l'héritier. Il soutenait en outre que lui-même ne pouvait se méprendre sur l'état de santé de la testatrice, que M. S. avait produit des certificats médicaux émanant d'un médecin généraliste et d'un stomatologue, et que les recours formés contre les décisions de justice étaient « totalement abusifs », faute de moyens pertinents.
M. S. a répliqué par conclusions additionnelles du 10 décembre 2010. Il faisait valoir que l'échec des tentatives de placement de ses parents sous un régime de protection judiciaire avait conduit M. L. à poursuivre l'annulation du testament. Le refus du juge tutélaire de retenir que l'état de la testatrice justifiait une mesure de protection permettait, selon lui, au légataire de douter légitimement de son insanité d'esprit. Persévérer en appel, « quand bien même il devait se révéler que ce recours était voué à l'échec », ne constituait donc pas une faute.
La date précise de l'appel de M. S. n'est pas précisée dans la décision (non précisé dans la décision).
Question de droit
La question posée était de savoir si l'exercice d'une voie de recours en appel, qui s'est révélée vouée à l'échec, constitue un abus du droit d'agir ouvrant droit à des dommages-intérêts au profit de l'adversaire. Plus précisément, il s'agissait de