JURISPRUDENCE — Principauté d'Andorre — Tribunal Superior de Justícia d’Andorra — Contrôle de qualification et de motivation — cassation totale
Sumário Analítico Korpus — Il résulte de la décision rendue le 19 avril 2018 (n° A083/18) par Tribunal Superior de Justícia d’Andorra (Principauté d'Andorre), statuant au visa de droit positif applicable en Principauté d'Andorre, que l'application des règles régissant le domaine « jurisprudence » exige une caractérisation précise des éléments de fait et de droit soumis au débat contradictoire, sous le contrôle de légalité ordinaire (TSJA) et garantie du droit fondamental à une juridiction et à une décision motivée en droit au titre de l’article 10 de la Constitució del Principat d’Andorra (recurs d’empara) (cassation totale).
L'essentiel en 30 secondes — Ce qu'il faut retenir
- Règle directrice & sens de l'arrêt : Tribunal Superior de Justícia d’Andorra consacre une lecture rigoureuse des conditions d'application de droit positif applicable en Principauté d'Andorre (cassation totale), renforçant la sécurité juridique des parties en Principauté d'Andorre.
- Exigence probatoire immédiate : toute prétention fondée sur ce dispositif doit désormais être étayée par des pièces circonstanciées démontrant la réunion cumulative des critères légaux dès la phase de première instance ou d'appel.
- Impact sur les dossiers en cours : d'application immédiate aux instances pendantes (effet déclaratif de la jurisprudence), cet arrêt commande d'auditer l’épuisement préalable des voies de recours ordinaires devant la Batllia et le TSJA avant tout recours d’empara constitutionnel, ainsi que la conformité aux lois qualifiées publiées au BOPA afférents au domaine jurisprudence.
I. Faits, cadre procédural et anatomie des moyens
A. Origine du litige et prétentions des parties
ATSJAD 78/2018 (ECLI:AD:TSJADAD:2018:78A)
Décision commentée : ATSJAD 78/2018, Tribunal Superior de Justícia d'Andorra, Sala Civil, 19 avril 2018, recours A083/18 (Lire sur source officielle)
Faits et procédure
La société Gutierrez, SA est bailleresse de locaux commerciaux bâtis sur la finca dite « La X de la Borda del A ». Un contrat de bail du 23 septembre 1982, modifié par avenants des 25 octobre 1983 et 3 décembre 1987, arrivait à terme le 31 décembre 2015. Selon le dossier, la bailleresse a conclu le 17 septembre 2015 un nouveau contrat avec la société Manso, SA, et a notifié aux preneurs, par lettre du 25 septembre 2015, une offre leur permettant d'exercer un droit de préférence. Les preneurs, Corbacho, SA et Soriano, ORG_0, ne l'ont pas exercé, estimant les conditions du nouveau contrat hors de portée de tout preneur.
Le 12 mai 2016, Gutierrez, SA a introduit une action selon la procédure du judici verbal prévue par la disposition additionnelle seconde de la loi sur les baux d'immeubles urbains. Elle sollicitait la constatation de l'extinction du bail, la restitution immédiate des locaux, le paiement d'indemnités pour occupation (loyers non perçus, indemnité conventionnelle versée à Manso, SA) et une participation de 10 % aux bénéfices nets d'exploitation. Les défenderesses ont opposé des exceptions d'inadéquation de procédure et de défaut de qualité pour agir, et formé une demande reconventionnelle fondée sur l'enrichissement sans cause.
Par jugement du 9 janvier 2018, le Batlle a rejeté les exceptions, déclaré irrecevable la demande reconventionnelle et fait droit, à la majorité, à la demande principale. Les deux parties ont interjeté appel (les 29 et 31 janvier 2018).
Le 2 février 2018, les sociétés preneuses ont saisi le tribunal d'une question de prérjudicialité pénale, avec demande de suspension. Elles faisaient valoir qu'elles avaient déposé, le 28 novembre 2017, une plainte pour escroquerie en tentative (estafa en grau de temptativa, articles 208 et 209 du Code pénal, qualifiée de « fraude processuelle ») contre les dirigeants de Gutierrez, SA et de Manso, SA. Selon elles, le contrat conclu avec Manso, SA était simulé et donc nul. La plainte avait été admise par ordonnance du 22 janvier 2018, au stade de l'instruction. Gutierrez, SA s'est opposée à la demande, et le Batlle
Dans l'espèce soumise à l'appréciation de Tribunal Superior de Justícia d’Andorra, le différend s'est noué autour de l'application des règles régissant le domaine jurisprudence au sein de l'ordre juridique de Principauté d'Andorre.
« Reunida la Sala Civil del M.I. Tribunal Superior de Justícia d'Andorra, sota la presidència del M.I. Sr. Joan Manel Abril Campoy, i els magistrats M.I. Sr. Vincent Anière i M.I. Sra. Eulàlia Amat Llari, ha adoptat la resolució següent: »
B. Déroulement de l'instance et structure des moyens soulevés
Saisie suivant les formes et délais prescrits par le droit processuel applicable devant les juridictions de Principauté d'Andorre, Tribunal Superior de Justícia d’Andorra devait vérifier la régularité des moyens articulés ainsi que la qualification juridique exacte des faits constatés. La décision inscrite sous la référence ATSJAD ANDORRA, a 19 d'abril del 2018 - ROJ: ATSJAD 78/2018 confronte la thèse soutenue par le demandeur au recours aux constatations opérées par les juges du fond.
II. Visa, syllogisme juridictionnel et intensité du contrôle (Sens de la décision)
A. Le problème de droit et les textes de référence mobilisés
La question déterminante posée à Tribunal Superior de Justícia d’Andorra consistait à déterminer dans quelle mesure les constatations opérées au fond et l'interprétation des textes invoqués justifiaient la solution retenue (cassation_totale), au regard des exigences d'équilibre probatoire et de légalité matérielle. L'analyse juridique s'articule autour des dispositions suivantes :
B. Articulation du syllogisme et qualification de la nature du contrôle
Pour trancher le litige, Tribunal Superior de Justícia d’Andorra procède à une confrontation rigoureuse entre la majeure normative et la mineure factuelle :
« I.- En data 12 de maig de 2016, la societat Gutierrez va formular demanda en judici verbal civil, pel procediment previst a la Disposició addicional 2ª de la Llei d'arrendaments de finques urbanes, contra les societats Corbacho i Soriano en la qual, prèvia al·legació dels fets i fonaments de dret que considerava escaients, sol·licitava es dictés Sentència amb els següents pronunciaments: " * Declarant formalment l'extinció en data 31 de desembre de 2015 del contracte d'arrendament de data 23 de setembre de 1982, modificat per contractes de 25 d'octubre de 1983 i de 3 de des… »
Sur le plan de la technique juridictionnelle propre à Principauté d'Andorre, la Cour met en œuvre un contrôle de légalité ordinaire (TSJA) et garantie du droit fondamental à une juridiction et à une décision motivée en droit au titre de l’article 10 de la Constitució del Principat d’Andorra (recurs d’empara), refusant toute motivation par voie d'affirmation générale qui priverait la décision de base légale vérifiable.
III. Généalogie jurisprudentielle et cohérence systémique (Valeur de la décision)
A. Dispositif et positionnement dans la lignée jurisprudentielle
Au terme de sa démonstration, la juridiction prononce son dispositif dans les termes suivants :
« Així per aquesta nostra resolució, de la qual en serà tramés testimoni a l'Hble. Presidenta de la Batllia, per al seu coneixement i als efectes escaients, definitivament jutjant, ho pronunciem, manem i signem.- »
Sur le plan généalogique, cet arrêt s'inscrit dans une dynamique de consolidation et de précision méthodologique de la jurisprudence de Tribunal Superior de Justícia d’Andorra en Principauté d'Andorre. Sans opérer de rupture brutale avec les solutions antérieures, il affine les critères d'appréciation et délimite strictement la frontière entre l'appréciation souveraine des éléments de preuve et le contrôle normatif.
IV. Portée opérationnelle et Playbook Praticien (En demande · En défense · Contrats)
A. Stratégie contentieuse : écritures en demande et en défense
- En demande (structuration du moyen) : articuler les conclusions en démontrant point par point chacun des critères exigés au visa de droit positif applicable en Principauté d'Andorre ; produire les pièces matérielles datées et éviter toute allégation générale non corroborée ;
- En défense (neutralisation et distinguishing) : opposer l'absence de caractérisation cumulative des conditions légales ou opérer une distinction factuelle (distinguishing) en démontrant que les circonstances de l'espèce diffèrent du cadre tranché le 19 avril 2018 par Tribunal Superior de Justícia d’Andorra ;
- Ingénierie contractuelle et audit d'actes : mettre à jour l’épuisement préalable des voies de recours ordinaires devant la Batllia et le TSJA avant tout recours d’empara constitutionnel, ainsi que la conformité aux lois qualifiées publiées au BOPA (clauses de définition, répartition de la charge probatoire, notifications formelles) soumis au droit de Principauté d'Andorre.
B. Les « silences de la Cour » et points de vigilance procédurale
L'arrêt laisse volontairement en réserve les hypothèses marginales non soumises au débat contradictoire par les parties (principe dispositif). Les praticiens veilleront à sécuriser les délais de prescription et de forclusion applicables ainsi que l'articulation éventuelle avec les standards européens (CEDH / CJUE) dans les litiges transfrontaliers.