JURISPRUDENCE — Principauté d'Andorre — Tribunal Superior de Justícia d’Andorra — Contrôle de qualification et de motivation — irrecevabilite
Analytische Samenvatting Korpus — Il résulte de la décision rendue le 07 février 2022 (n° A419/21) par Tribunal Superior de Justícia d’Andorra (Principauté d'Andorre), statuant au visa de droit positif applicable en Principauté d'Andorre, que l'application des règles régissant le domaine « jurisprudence » exige une caractérisation précise des éléments de fait et de droit soumis au débat contradictoire, sous le contrôle de légalité ordinaire (TSJA) et garantie du droit fondamental à une juridiction et à une décision motivée en droit au titre de l’article 10 de la Constitució del Principat d’Andorra (recurs d’empara) (irrecevabilite).
L'essentiel en 30 secondes — Ce qu'il faut retenir
- Règle directrice & sens de l'arrêt : Tribunal Superior de Justícia d’Andorra consacre une lecture rigoureuse des conditions d'application de droit positif applicable en Principauté d'Andorre (irrecevabilite), renforçant la sécurité juridique des parties en Principauté d'Andorre.
- Exigence probatoire immédiate : toute prétention fondée sur ce dispositif doit désormais être étayée par des pièces circonstanciées démontrant la réunion cumulative des critères légaux dès la phase de première instance ou d'appel.
- Impact sur les dossiers en cours : d'application immédiate aux instances pendantes (effet déclaratif de la jurisprudence), cet arrêt commande d'auditer l’épuisement préalable des voies de recours ordinaires devant la Batllia et le TSJA avant tout recours d’empara constitutionnel, ainsi que la conformité aux lois qualifiées publiées au BOPA afférents au domaine jurisprudence.
I. Faits, cadre procédural et anatomie des moyens
A. Origine du litige et prétentions des parties
ATSJAD, Civil, 7 février 2022 (ROJ : ATSJAD 32/2022 ; ECLI:AD:TSJADAD:2022:32A)
Décision commentée : ATSJAD, Civil, 7 février 2022, ROJ : ATSJAD 32/2022, ECLI:AD:TSJADAD:2022:32A, recours A419/21 (Lire sur source officielle)
Note éditoriale : la référence fournie à l'origine (« Juridiction andorrane, — ») étant incomplète, la référence canonique ci-dessus est établie à partir des mentions figurant dans le texte intégral de la décision.
Faits et procédure
Par acte du 23 juillet 2021, la bailleresse, Mme Conde, a saisi le tribunal d'une demande tendant à la résolution d'un contrat de bail d'habitation conclu le 5 juin 2015, à l'expulsion des locataires, MM. Martin et Azorin, au paiement d'un arriéré de loyers de 528 euros avec intérêts légaux, à une indemnité d'occupation mensuelle jusqu'à la restitution des lieux, ainsi qu'aux dépens. Les défendeurs ont conclu au rejet intégral de la demande.
Par sentence du 17 novembre 2021, le juge unipersonnel de Batlle de la section civile a fait droit, pour l'essentiel, à la demande. Il a déclaré résolu le bail, condamné solidairement les locataires à libérer les lieux, au paiement de l'indemnité d'occupation à compter de juillet 2021 et aux dépens. La sentence indiquait qu'un recours d'appel pouvait être formé devant la Sala Civil du Tribunal superior de justícia dans un délai de treize jours ouvrables à compter de la notification.
Les locataires ont interjeté appel par écrit du 17 décembre 2021, sollicitant la révocation de la sentence et le rejet intégral de la demande, et ont renoncé à la vista orale. Par providencia du 23 décembre 2021, le président de la chambre a enjoint à l'appelant, dans un délai maximal de cinq jours ouvrables, de produire la date de notification de la sentence attaquée et de justifier, soit être à jour du paiement du loyer et des sommes assimilées, soit avoir consigné judiciairement leur montant, sous peine de caducité du recours. Cette providencia a été notifiée aux parties par diligence du 11 janvier 2022. Le texte de la décision ne mentionne aucune réponse de l'appelant à cette injonction.
Question de droit
La question posée tenait à la recevabilité de l'appel formé par le locataire condamné au paiement des loyers, lorsque celui-ci n'établit ni être à jour du paiement de la rente ni avoir consigné judiciairement son montant, au regard de l'article 284 de la Llei 22/2021 du 17 septembre portant texte consolidé du Code de procédure civile. Le tribunal a relevé, en premier lieu, que la question de l'admissibilité devait être examinée avant toute autre.
Le texte de l'article 284, tel que reproduit par la décision, dispose :
« (...) si el demandat interposa un recurs d'apel·lació i no acredita que està al corrent del pagament de la renda pactada en el contracte d'arrendament que és objecte del procés i les quantitats assimilades, o no acredita que n'ha consignat judicialment l'import, el tribunal no admet el recurs. A més, el demandat està obligat a pagar o consignar judicialment la renda i les quantitats assimilades que vagin vencent durant la tramitació del recurs d'apel·lació. En cas contrari, el tribunal li requereix que ho faci en el termini màxim de cinc dies hàbils i, si no ho fa, dicta
Dans l'espèce soumise à l'appréciation de Tribunal Superior de Justícia d’Andorra, le différend s'est noué autour de l'application des règles régissant le domaine jurisprudence au sein de l'ordre juridique de Principauté d'Andorre.
« El President de la Sala Civil del Tribunal Superior de Justícia, el Sr. Vincent Anière, ha vist el recurs d'apel·lació a les actuacions més amunt referenciades. »
B. Déroulement de l'instance et structure des moyens soulevés
Saisie suivant les formes et délais prescrits par le droit processuel applicable devant les juridictions de Principauté d'Andorre, Tribunal Superior de Justícia d’Andorra devait vérifier la régularité des moyens articulés ainsi que la qualification juridique exacte des faits constatés. La décision inscrite sous la référence ATSJAD ANDORRA, a 07 de febrer del 2022 - ROJ: ATSJAD 32/2022 confronte la thèse soutenue par le demandeur au recours aux constatations opérées par les juges du fond.
II. Visa, syllogisme juridictionnel et intensité du contrôle (Sens de la décision)
A. Le problème de droit et les textes de référence mobilisés
La question déterminante posée à Tribunal Superior de Justícia d’Andorra consistait à déterminer dans quelle mesure les constatations opérées au fond et l'interprétation des textes invoqués justifiaient la solution retenue (irrecevabilite), au regard des exigences d'équilibre probatoire et de légalité matérielle. L'analyse juridique s'articule autour des dispositions suivantes :
B. Articulation du syllogisme et qualification de la nature du contrôle
Pour trancher le litige, Tribunal Superior de Justícia d’Andorra procède à une confrontation rigoureuse entre la majeure normative et la mineure factuelle :
« I.- Per escrit de 23 de juliol de 2021, la representació processal de la Sra. Conde, formulà demanda de resolució de contracte privat d'arrendament d'habitatge, desnonament i reclamació de quantitat contra els Srs. Martin i Azorin sol·licitant que es dictés Sentència declarant resolt el contracte d'arrendament de 5 de juny de 2015 i condemnant solidàriament als defe- nents a: 1) deixar la unitat immobiliària objecte d'arrendament, lliure, và- cua i expedita, a la disposició de la part agent; .2) pagar a la seva patroci- nada la quantitat global de cinc-cents vint-i-vuit eur… »
Sur le plan de la technique juridictionnelle propre à Principauté d'Andorre, la Cour met en œuvre un contrôle de légalité ordinaire (TSJA) et garantie du droit fondamental à une juridiction et à une décision motivée en droit au titre de l’article 10 de la Constitució del Principat d’Andorra (recurs d’empara), refusant toute motivation par voie d'affirmation générale qui priverait la décision de base légale vérifiable.
III. Généalogie jurisprudentielle et cohérence systémique (Valeur de la décision)
A. Dispositif et positionnement dans la lignée jurisprudentielle
Au terme de sa démonstration, la juridiction prononce son dispositif dans les termes suivants :
« Així per aquest aute ho decideix, mana i signa el President de la sala civil del Tribunal Superior de Justícia d'Andorra, de tot el que jo la infrascrita Secretària en dono fe.- »
Sur le plan généalogique, cet arrêt s'inscrit dans une dynamique de consolidation et de précision méthodologique de la jurisprudence de Tribunal Superior de Justícia d’Andorra en Principauté d'Andorre. Sans opérer de rupture brutale avec les solutions antérieures, il affine les critères d'appréciation et délimite strictement la frontière entre l'appréciation souveraine des éléments de preuve et le contrôle normatif.
IV. Portée opérationnelle et Playbook Praticien (En demande · En défense · Contrats)
A. Stratégie contentieuse : écritures en demande et en défense
- En demande (structuration du moyen) : articuler les conclusions en démontrant point par point chacun des critères exigés au visa de droit positif applicable en Principauté d'Andorre ; produire les pièces matérielles datées et éviter toute allégation générale non corroborée ;
- En défense (neutralisation et distinguishing) : opposer l'absence de caractérisation cumulative des conditions légales ou opérer une distinction factuelle (distinguishing) en démontrant que les circonstances de l'espèce diffèrent du cadre tranché le 07 février 2022 par Tribunal Superior de Justícia d’Andorra ;
- Ingénierie contractuelle et audit d'actes : mettre à jour l’épuisement préalable des voies de recours ordinaires devant la Batllia et le TSJA avant tout recours d’empara constitutionnel, ainsi que la conformité aux lois qualifiées publiées au BOPA (clauses de définition, répartition de la charge probatoire, notifications formelles) soumis au droit de Principauté d'Andorre.
B. Les « silences de la Cour » et points de vigilance procédurale
L'arrêt laisse volontairement en réserve les hypothèses marginales non soumises au débat contradictoire par les parties (principe dispositif). Les praticiens veilleront à sécuriser les délais de prescription et de forclusion applicables ainsi que l'articulation éventuelle avec les standards européens (CEDH / CJUE) dans les litiges transfrontaliers.