JURISPRUDENCE — Principauté d'Andorre — Tribunal Superior de Justícia d’Andorra — Contrôle de qualification et de motivation — irrecevabilite
Massima Analitica Korpus — Il résulte de la décision rendue le 15 octobre 2024 (n° 6/2024) par Tribunal Superior de Justícia d’Andorra (Principauté d'Andorre), statuant au visa de droit positif applicable en Principauté d'Andorre, que l'application des règles régissant le domaine « jurisprudence » exige une caractérisation précise des éléments de fait et de droit soumis au débat contradictoire, sous le contrôle de légalité ordinaire (TSJA) et garantie du droit fondamental à une juridiction et à une décision motivée en droit au titre de l’article 10 de la Constitució del Principat d’Andorra (recurs d’empara) (irrecevabilite).
L'essentiel en 30 secondes — Ce qu'il faut retenir
- Règle directrice & sens de l'arrêt : Tribunal Superior de Justícia d’Andorra consacre une lecture rigoureuse des conditions d'application de droit positif applicable en Principauté d'Andorre (irrecevabilite), renforçant la sécurité juridique des parties en Principauté d'Andorre.
- Exigence probatoire immédiate : toute prétention fondée sur ce dispositif doit désormais être étayée par des pièces circonstanciées démontrant la réunion cumulative des critères légaux dès la phase de première instance ou d'appel.
- Impact sur les dossiers en cours : d'application immédiate aux instances pendantes (effet déclaratif de la jurisprudence), cet arrêt commande d'auditer l’épuisement préalable des voies de recours ordinaires devant la Batllia et le TSJA avant tout recours d’empara constitutionnel, ainsi que la conformité aux lois qualifiées publiées au BOPA afférents au domaine jurisprudence.
ATSJAD 166/2024 (ECLI:AD:TSJADAD:2024:166A)
Décision commentée : ATSJAD 166/2024, Tribunal Superior de Justícia d'Andorra, Sala Administrativa, 15 octobre 2024, recours n° 6/2024 (Lire sur source officielle)
Faits et procédure
Par une décision du 16 décembre 2021 (date ainsi mentionnée dans le texte, voir infra), la Sala administrativa du Tribunal Superior de Justícia a statué sur des recours d'appel formés par le Comú d'Ordino et par la société Puga contre un jugement du Tribunal unipersonnel del Batlle du 19 décembre 2023. Elle a rejeté ces recours, confirmé le jugement attaqué dans ses propres termes et n'a pas prononcé de condamnation aux dépens. La décision est présentée comme ferme et exécutoire. M. Porras figurait comme appelé.
Le 3 octobre 2024, la représentation processuelle de la société Puga a saisi la Sala d'une demande de restitution du montant acquitté lors de l'introduction de son recours d'appel, au titre de la taxe judiciaire.
La présente résolution, rendue sous forme d'aute (ordonnance), porte donc sur la recevabilité de cette demande de restitution, et non sur le fond de l'affaire principale. Trois magistrats ont siégé : MM. Albert Andrés Pereira (ponent) et Mmes Elsa Puig Muñoz et Alexandra Cornella Solà.
Observation sur les dates. Le texte indique que la sentence confirmée est datée du « 16-12-2021 », alors que les motifs la rattachent au jugement du Batlle du 19 décembre 2023. La date du 16 décembre 2021 apparaît donc incohérente avec la chronologie de la procédure (dossier origine 1000016/2023). Cette incohérence ne modifie pas le raisonnement, mais elle doit être vérifiée sur la source officielle avant toute citation.
Question de droit
La question examinée à titre préalable est celle de savoir si la Sala administrativa du Tribunal Superior de Justícia est objectivement compétente pour connaître d'une demande de restitution de taxe judiciaire présentée par une partie à une instance qu'elle a elle-même clôturée.
Le tribunal relève d'abord que l'incompétence objective est une question d'ordre public, susceptible d'être soulevée d'office, relevant du ius cogens, dont l'application ne saurait être laissée à la disposition des parties. Les normes qui la fixent sont dites inderogables. Le juge qui se estime incompétent doit donc s'abstenir de connaître de la cause.
Sur le fond de la compétence, la Sala renvoie à sa propre jurisprudence (TSJA-045/2023, aute n° 30-2023 du 26 octobre 2023), qu'elle déclare « pleinement applicable » en l'espèce. Il en résulte que la Sala administrativa n'est pas objectivement compétente pour la gestion et la restitution des taxes judiciaires. En vertu des articles 2.6, 30 et 145 de la Llei de bases de l'ordenament tributari, combinés à l'article 6 de la Llei de taxes judicials, la demande doit être adressée à l'Administration tributaire.
Solution et dispositif
Le tribunal conclut à l'inadmission de la demande, sans condamnation aux dépens. Le dispositif, en catalan dans