JURISPRUDENCE — Principauté d'Andorre — Tribunal de Corts — Contrôle de qualification et de motivation — reformation
Analytische Samenvatting Korpus — Il résulte de la décision rendue le 21 novembre 2016 (n° 6000150/2016) par Tribunal de Corts (Principauté d'Andorre), statuant au visa de droit positif applicable en Principauté d'Andorre, que l'application des règles régissant le domaine « jurisprudence » exige une caractérisation précise des éléments de fait et de droit soumis au débat contradictoire, sous le contrôle de légalité ordinaire (TSJA) et garantie du droit fondamental à une juridiction et à une décision motivée en droit au titre de l’article 10 de la Constitució del Principat d’Andorra (recurs d’empara) (reformation).
L'essentiel en 30 secondes — Ce qu'il faut retenir
- Règle directrice & sens de l'arrêt : Tribunal de Corts consacre une lecture rigoureuse des conditions d'application de droit positif applicable en Principauté d'Andorre (reformation), renforçant la sécurité juridique des parties en Principauté d'Andorre.
- Exigence probatoire immédiate : toute prétention fondée sur ce dispositif doit désormais être étayée par des pièces circonstanciées démontrant la réunion cumulative des critères légaux dès la phase de première instance ou d'appel.
- Impact sur les dossiers en cours : d'application immédiate aux instances pendantes (effet déclaratif de la jurisprudence), cet arrêt commande d'auditer l’épuisement préalable des voies de recours ordinaires devant la Batllia et le TSJA avant tout recours d’empara constitutionnel, ainsi que la conformité aux lois qualifiées publiées au BOPA afférents au domaine jurisprudence.
STCOR 135/2016 (ECLI:AD:TCORAD:2016:135)
Décision commentée : Tribunal de Corts d'Andorre, Chambre pénale, 21 novembre 2016, STCOR 135/2016 (ECLI:AD:TCORAD:2016:135) (Lire sur source officielle)
Faits et procédure
Le 18 septembre 2015, vers 21 h 30, une personne (désignée dans la décision sous le nom de Daza) aurait crevé, à l'aide d'une lame ou d'un couteau, les quatre pneus d'un véhicule Peugeot 306 stationné devant un supermarché d'Encamp, propriété du plaignant, M. Tamarit. Le préjudice est évalué à 416 euros, les pneus n'ayant pu être réparés.
La procédure a été engagée par le Ministère public, qui a qualifié les faits de contravention pénale de dommages dolosos, prévue à l'article 484.1 du Code pénal. Le Ministère public a requis une peine d'amende de 600 euros et le paiement des frais de procédure. La victime a exercé l'action civile et demandé l'indemnisation de 416 euros, à titre subsidiaire la liquidation en phase d'exécution sur présentation de la facture.
L'accusée, régulièrement citée, n'a pas comparu à l'audience de jugement oral ni auparavant à l'ordonnance pénale proposée par le juge d'instruction (Batlle Instructor). Elle a été jugée par défaut (en rebel·lia processal).
Les éléments de preuve retenus par le tribunal sont, d'une part, la déclaration du plaignant, qui indique avoir garé son véhicule vers 19 h 30 et avoir été prévenu vers 22 h 56 par un proche de l'état des pneus, et, d'autre part, la déposition d'une mineure, Mme Tejera. Celle-ci déclare avoir été sollicitée par l'accusée, qui lui aurait demandé si l'une des fenêtres de l'immeuble voisin correspondait au domicile du plaignant, avant de crever les quatre pneus puis de s'éloigner. Cette déposition, recueillie d'abord par le service de police, a été ratifiée à l'audience. La mineure a identifié l'accusée sans hésitation dans un album photographique (pièce n° 3 du dossier, f. 25).
Question de droit
La décision soulève principalement trois questions :
- La qualification pénale : les faits constituent-ils la contravention de dommages dolosos d'un montant « non supérieur à 600 euros » au sens de l'article 484.1 du Code pénal ?
- L'imputation : la participation personnelle de l'accusée, jugée par défaut, peut-elle être établie par les seuls éléments de preuve réunis au cours de l'instruction et de l'audience ?
- Les conséquences civiles et l'incidence des antécédents : quelle indemnisation la victime peut-elle obtenir, et les antécédents pénaux de l'auteur emportent-ils des effets en matière de récidive ?
Solution et dispositif
Le tribunal retient la qualification de contravention de dommages dolosos. Il relève que l'accusée a causé volontairement un dommage matériel inférieur au seuil de 600 euros fixé par le tipus pénal, et que les éléments constitutifs de l'infraction sont réunis. Il reprend le texte de l'article 484.1 dans les termes suivants : « El qui causa un dany d