JURISPRUDENCE — Principauté d'Andorre — Tribunal Superior de Justícia d’Andorra — Contrôle de qualification et de motivation — cassation totale
Analytische Samenvatting Korpus — Il résulte de la décision rendue le 17 janvier 2008 (n° 196/07) par Tribunal Superior de Justícia d’Andorra (Principauté d'Andorre), statuant au visa de droit positif applicable en Principauté d'Andorre, que l'application des règles régissant le domaine « jurisprudence » exige une caractérisation précise des éléments de fait et de droit soumis au débat contradictoire, sous le contrôle de légalité ordinaire (TSJA) et garantie du droit fondamental à une juridiction et à une décision motivée en droit au titre de l’article 10 de la Constitució del Principat d’Andorra (recurs d’empara) (cassation totale).
L'essentiel en 30 secondes — Ce qu'il faut retenir
- Règle directrice & sens de l'arrêt : Tribunal Superior de Justícia d’Andorra consacre une lecture rigoureuse des conditions d'application de droit positif applicable en Principauté d'Andorre (cassation totale), renforçant la sécurité juridique des parties en Principauté d'Andorre.
- Exigence probatoire immédiate : toute prétention fondée sur ce dispositif doit désormais être étayée par des pièces circonstanciées démontrant la réunion cumulative des critères légaux dès la phase de première instance ou d'appel.
- Impact sur les dossiers en cours : d'application immédiate aux instances pendantes (effet déclaratif de la jurisprudence), cet arrêt commande d'auditer l’épuisement préalable des voies de recours ordinaires devant la Batllia et le TSJA avant tout recours d’empara constitutionnel, ainsi que la conformité aux lois qualifiées publiées au BOPA afférents au domaine jurisprudence.
STSJAD, Civil, 17 janvier 2008 (ROJ STSJAD 6/2008)
Décision commentée : STSJAD, Civil, 17 janvier 2008, recours n° 196/07, ROJ STSJAD 6/2008, ECLI:AD:TSJADAD:2008:6 (Lire sur source officielle)
Note de méthode : la référence canonique fournie dans les métadonnées (« Juridiction andorrane, — ») étant incomplète, la référence figurant dans le texte intégral de la décision a été retenue. La décision est rédigée en catalan ; les citations sont traduites en français sous la responsabilité de l'auteur.
Faits et procédure
Le litige porte sur l'installation d'un télécabine reliant le village de La Massana à la station de ski de Pal-Arinsal, dont les câbles et cabines survolent une propriété privée. Le propriétaire, M. Calatayud, a assigné la commune de La Massana (le Comú) le 4 avril 2006 sur le fondement de l'action négatoire. Il demandait qu'il soit jugé que son terrain, supportant une villa, n'était grevé d'aucune servitude au profit de la commune, et que celle-ci soit condamnée à faire cesser le trouble résultant du survol, sauf acquisition préalable d'un droit de survol.
La commune a soulevé, à titre préalable et péremptoire, l'exception d'incompétence de la juridiction ordinaire. Elle a subsidiairement invoqué la prescription de l'action et, plus subsidiairement encore, contesté le fond en soutenant que le survol, à plus de cinquante mètres, ne constituait pas une servitude.
Par jugement du 5 juin 2007, le Tribunal de Batlles a accueilli l'exception d'incompétence et renvoyé le litige à la juridiction administrative, en mettant les dépens à la charge du demandeur. Celui-ci a interjeté appel, sollicitant la révocation du jugement, le rejet de l'exception et l'accueil intégral de sa demande.
Les faits établis par la décision se présentent ainsi :
- la procédure d'expropriation du droit réel de servitude perpétuelle de survol a été engagée par la commune le 8 janvier 2002, publiée au BOPA le 6 février 2002 et soumise à information publique du 14 février au 15 mars 2002, délai prorogé jusqu'au 26 mars ;
- l'édit ne mentionnait pas le nom de M. Calatayud ;
- la mémoire explicative publiée au BOPA le 9 janvier 2003 ne mentionnait pas non plus son terrain parmi les parcelles grevées ;
- les plans soumis à l'information publique faisaient apparaître le nom des finces affectées et de leurs propriétaires, sans y faire figurer celui du demandeur, mais la parcelle litigieuse y était identifiable et délimitée, selon le rapport de l'expert judiciaire, M. Sandoval (fol. 122).
Il convient de relever que la décision identifie deux magistrats rapporteurs : le président Jean Louis Vuillemin est indiqué comme « ponent » dans les métadonnées, tandis que le corps du texte désigne la magistrate Eulàlia Amat Llari comme « magistrat ponent ». Cette divergence est purement formelle et n'affecte pas le raisonnement.
Question de droit
La Sala Civil du Tribunal Superior de Justícia devait trancher deux questions connexes :
-
Question principale : la juridiction civile est-elle compétente pour connaître d'une action négatoire dirigée contre une commune, lorsque le trouble allégué résulte d'un ouvrage (télécabine) implanté à la suite d'une expropiation d'un droit réel de servitude mise en œuvre par l'administration ?
-
Question préalable : le propriétaire, qui n'a pas été nommément désigné dans la procédure d'expropriation, avait-il la qualité pour participer à celle-ci et pour contester l'acte administratif ?
La décision répond à la première question en confirmant l'incompétence civile, et à la seconde en reconnaissant la légitimation du demandeur sur le terrain administratif uniquement.
Solution et dispositif
Sur la légitimation, la Cour retient que la parcelle était bien identifiable sur les plans soumis à information publique et qu'il ne s'agissait donc pas d'un ou