JURISPRUDENCE — Principauté d'Andorre — Tribunal Superior de Justícia d’Andorra — Contrôle de qualification et de motivation — cassation totale
Sumario Analítico Korpus — Il résulte de la décision rendue le 17 mars 2005 (n° 35/05) par Tribunal Superior de Justícia d’Andorra (Principauté d'Andorre), statuant au visa de droit positif applicable en Principauté d'Andorre, que l'application des règles régissant le domaine « jurisprudence » exige une caractérisation précise des éléments de fait et de droit soumis au débat contradictoire, sous le contrôle de légalité ordinaire (TSJA) et garantie du droit fondamental à une juridiction et à une décision motivée en droit au titre de l’article 10 de la Constitució del Principat d’Andorra (recurs d’empara) (cassation totale).
L'essentiel en 30 secondes — Ce qu'il faut retenir
- Règle directrice & sens de l'arrêt : Tribunal Superior de Justícia d’Andorra consacre une lecture rigoureuse des conditions d'application de droit positif applicable en Principauté d'Andorre (cassation totale), renforçant la sécurité juridique des parties en Principauté d'Andorre.
- Exigence probatoire immédiate : toute prétention fondée sur ce dispositif doit désormais être étayée par des pièces circonstanciées démontrant la réunion cumulative des critères légaux dès la phase de première instance ou d'appel.
- Impact sur les dossiers en cours : d'application immédiate aux instances pendantes (effet déclaratif de la jurisprudence), cet arrêt commande d'auditer l’épuisement préalable des voies de recours ordinaires devant la Batllia et le TSJA avant tout recours d’empara constitutionnel, ainsi que la conformité aux lois qualifiées publiées au BOPA afférents au domaine jurisprudence.
STSJAD 47/2005 (Tribunal Superior de Justícia d'Andorra, Sala Civil, 17 mars 2005)
Décision commentée : STSJAD 47/2005, ECLI:AD:TSJADAD:2005:47 (Lire sur source officielle)
Faits et procédure
Les époux Ricart et Tamarit avaient obtenu, par une sentence du 27 octobre 2004, le prononcé de leur divorce devant le Jutjat de Primera Instància 18 de Barcelona (Espagne), « avec toutes ses conséquences juridiques ». Les deux époux ont ensuite saisi conjointement la Sala Civil du Tribunal Superior de Justícia d'Andorra d'une demande d'exequatur tendant à faire déclarer exécutoire en Principauté cette décision étrangère.
Le ministère public a conclu à l'octroi de l'exequatur. La formation de jugement était composée de Jean Louis Vuillemin, président et magistrat rapporteur, ainsi que d'Antoni Bruguera Mantè et de Joan Manel Abril Campoy.
Les pièces produites et le détail de la procédure devant le tribunal espagnol ne figurent pas dans la décision (non précisé dans la décision). La décision ne mentionne pas non plus la nationalité ni le domicile des époux (non précisé dans la décision).
Question de droit
La question posée est celle des conditions auxquelles une décision de divorce rendue à l'étranger peut être rendue exécutoire en Andorre. Le tribunal se réfère à l'article 49 de la Llei transitòria de procediments judicials du 21 décembre 1993, dont la décision ne reproduit pas le texte et qui figure seulement dans la liste de la législation relative au dossier.
Selon les motifs de la décision, la sentence étrangère doit satisfaire cumulativement à cinq exigences :
- la juridiction qui a statué était compétente ;
- la procédure suivie devant elle était régulière ;
- la loi applicable a été déterminée conformément aux règles nationales de conflit de lois ;
- la décision est conforme à l'ordre public national et international ;
- il n'existe aucune fraude à la loi nationale.
Le tribunal doit donc vérifier que la décision étrangère, sans être révisée au fond, ne heurte pas ces conditions de régularité et de conformité.
Solution et dispositif
Le tribunal estime la demande. Il retient que la décision étrangère remplit l'ensemble des conditions de l'article 49, et que la sentence du 27 octobre 2004 doit en conséquence être déclarée exécutoire en Principauté. Les motifs sont formulés en des termes brefs et généraux, le tribunal ayant considéré que les conditions étaient « évidentes » (« És pales »). Sur les dépens, la décision applique l'usage propre au contentieux de l'exequatur, qui consiste à ne pas prononcer de condamnation particulière.
Le dispositif est reproduit ci-après dans sa version originale en catalan, suivie d'une traduction française fidèle :
« Estimar la demanda d'exequàtur dels Srs. Ricart i Tamarit, decretar executiva la sentència dictada en data 27 d'octubre del 2004 pel Jutjat de Primera Instància 18 de Barcelona (Espanya) en el marc del procediment de divorci ; Sense fer especial condemna en costes judicials. »
« Faire droit à la demande d'exequatur de MM. Ricart et Tamarit, déclarer exécutoire la sentence rendue le 27 octobre 2004 par le Jutjat de Primera Instància 18 de Barcelona (Espagne) dans le cadre de la procédure de divorce ; sans condamnation particul