ISSN 3002-914X · DOI 10.58079/korpus.3e953816 · Dossier Bipartite (I. Doctrine + II. Minute Originelle)
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PRINCIPAT D’ANDORRA·Tribunal Superior de Justícia d’Andorra·N° 31/06·24 mai 2006·Confirmation
STSJAD ANDORRA, a 24 de maig del 2006 - ROJ: STSJAD 115/2006
Juridiction / SourceTribunal Superior de Justícia d’Andorra (cassation)
Référence / Rôle31/06
Domaine juridiquejurisprudence
Empreinte SHA-2560000000000000000…
Sommaire analytique Korpus & Points de droit essentiels (1)
1.Principe jurisprudentiel (Tribunal Superior de Justícia d’Andorra, ECLI:AD:TSJADAD:2006:115) — En matière de droit_fiscal, la juridiction statue par confirmation et précise les conditions d'application de la règle de droit au regard de l'objet du litige (STSJAD ANDORRA, a 24 de maig del 2006 - ROJ: STSJAD 115/2006).
PARTIE I
Commentaire Doctrinal & Analyse Scientifique Korpus
JURISPRUDENCE — Principauté d'Andorre — Tribunal Superior de Justícia d’Andorra — Contrôle de qualification et de motivation — confirmation
Sommaire analytique Korpus — Thèse & Solution de droit
Sommaire analytique Korpus — Il résulte de la décision rendue le 24 mai 2006 (n° 31/06) par Tribunal Superior de Justícia d’Andorra (Principauté d'Andorre), statuant au visa de droit positif applicable en Principauté d'Andorre, que l'application des règles régissant le domaine « jurisprudence » exige une caractérisation précise des éléments de fait et de droit soumis au débat contradictoire, sous le contrôle de légalité ordinaire (TSJA) et garantie du droit fondamental à une juridiction et à une décision motivée en droit au titre de l’article 10 de la Constitució del Principat d’Andorra (recurs d’empara) (confirmation).
L'essentiel en 30 secondes — Ce qu'il faut retenir
Règle directrice & sens de l'arrêt : Tribunal Superior de Justícia d’Andorra consacre une lecture rigoureuse des conditions d'application de droit positif applicable en Principauté d'Andorre (confirmation), renforçant la sécurité juridique des parties en Principauté d'Andorre.
Exigence probatoire immédiate : toute prétention fondée sur ce dispositif doit désormais être étayée par des pièces circonstanciées démontrant la réunion cumulative des critères légaux dès la phase de première instance ou d'appel.
Impact sur les dossiers en cours : d'application immédiate aux instances pendantes (effet déclaratif de la jurisprudence), cet arrêt commande d'auditer l’épuisement préalable des voies de recours ordinaires devant la Batllia et le TSJA avant tout recours d’empara constitutionnel, ainsi que la conformité aux lois qualifiées publiées au BOPA afférents au domaine jurisprudence.
STSJAD ANDORRA, a 24 de maig del 2006 - ROJ: STSJAD 115/2006
Extrait certifié — Reproduction verbatim
Décision commentée : Tribunal Superior de Justícia d'Andorra, Sala Administrativa, 24 mai 2006, n° 31-2006, ROJ : STSJAD 115/2006, ECLI:AD:TSJADAD:2006:115 (Lire sur source officielle)
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I. Le contexte factuel et procédural
A. Les faits à l'origine du litige
Le litige s'enracine dans une opération de promotion immobilière projetée sur le territoire de la paroisse d'Encamp, en Principauté d'Andorre. Le 2 mai 2003, les sociétés Morell et Elías ont formalisé auprès de l'administration communale de l'Honorable Comú d'Encamp une demande de permis de construire (permís de construcció) en vue de l'édification de trois immeubles à usage d'habitation collective destinés à la vente.
À l'appui de cette demande d'autorisation d'urbanisme, les sociétés requérantes ont versé une documentation technique qualifiée dans les pièces graphiques de « projet de base » (projecte bàsic). Les parcelles d'assiette du projet devaient s'insérer dans un secteur desservi par une voie d'aménagement en cours de réalisation.
Cependant, par une résolution administrative adoptée le 26 juin 2003, le Comú d'Encamp a opposé un refus à la délivrance du permis sollicité. L'autorité locale a motivé sa décision par un double motif d'illégalité :
D'une part, la documentation technique jointe à la requête ne constituait pas un véritable « projet administratif » de construction d'immeubles de nouvelle implantation, mais se réduisait à un simple « avant-projet d'étude volumétrique ».
D'autre part, la voie d'aménagement (vial d'urbanització), incluant l'ensemble des infrastructures viaires et des réseaux de viabilité et de services publics, se trouvait toujours en cours d'exécution et n'était pas achevée. Cette carence méconnaissait les conditions minimales d'aménagement fixées par le décret de complément de l'ordonnance générale d'urbanisme et de construction de la paroisse d'Encamp du 5 septembre 1994, par l'ordonnance I sur les services publics du Conseil Général du 31 juillet 1991 (ayant rang de loi), ainsi que par l'article 25 de la Loi générale d'aménagement du territoire et d'urbanisme (Llei general d'ordenació del territori i urbanisme - LGOTU).
Face à ce refus, les sociétés pétitionnaires ont fait valoir que l'inachèvement des infrastructures résultait de litiges avec un tiers (la société A.S.L.), qualifiés par elles d'événements constitutifs de force majeure ayant fait obstacle à la finalisation matérielle des réseaux d'équipement.
B. Le parcours procédural et les prétentions des parties
Le 31 juillet 2003, les sociétés Morell et Elías ont exercé un recours hiérarchique (recurs d'alçada) contre la décision de refus du Comú d'Encamp devant la Commission technique d'urbanisme (Comissió Tècnica d'Urbanisme - CTU). Par une résolution du 17 octobre 2003, la Commission technique d'urbanisme a rejeté ce recours administratif et confirmé la légalité de la décision communale de refus.
Contestant conjointement ces deux décisions, les sociétés ont saisi la juridiction administrative de première instance. Par un jugement n° 2005-124 rendu le 1er novembre 2005, la Section administrative du Tribunal de Batlles (Secció Administrativa del Tribunal de Batlles) a débouté les requérantes de l'intégralité de leurs prétentions, validant le refus de permis d'urbanisme.
Les sociétés Morell et Elías ont relevé appel de ce jugement devant la Chambre administrative du Tribunal Supérieur de Justice d'Andorre (Sala Administrativa del Tribunal Superior de Justícia). À l'appui de leur recours enregistré sous le numéro de rôle AD-0106-2/03 (numéro de pourvoi 31/06), les sociétés appelantes ont développé deux séries de moyens, les uns d'ordre constitutionnel et organique, les autres touchant au fond du droit de l'urbanisme :
Sur le plan constitutionnel et incident :
Les appelantes ont sollicité de la juridiction d'appel le renvoi d'une question préjudicielle de constitutionnalité (qüestió d'inconstitucionalitat) devant le Tribunal Constitutionnel d'Andorre, dirigée contre les articles 130 à 133 de la LGOTU qui créent la Commission technique d'urbanisme et définissent ses attributions. Elles ont soutenu que la CTU, en tant qu'organe composé de personnalités extérieures à l'Administration stricto sensu tout en exerçant des prérogatives de puissance publique (notamment le pouvoir de trancher les recours d'alçada contre les actes communaux), méconnaît le droit fondamental d'accéder dans des conditions d'égalité aux fonctions et charges publiques garanti par l'article 23 de la Constitution andorrane.
En outre, elles ont soulevé l'incompétence et la violation de la hiérarchie des normes : l'urbanisme relevant de la compétence propre des paroisses en vertu de l'article 80.1 de la Constitution et de l'article 4.6 de la Loi qualifiée de délimitation des compétences des communes (Llei qualificada de delimitació de competències dels comuns), une loi ordinaire comme la LGOTU ne pouvait, selon elles, subordonner l'action communale au contrôle tutélaire de la CTU sans violer le domaine réservé de la loi qualifiée. Elles maintenaient corrélativement l'impugnation du règlement d'organisation de ladite Commission.
Sur le fond du droit de l'urbanisme et de la procédure :
Les appelantes ont soutenu que les parcelles d'assiette bénéficiaient des services indispensables pour recevoir l'autorisation de bâtir et que la qualification de « sol urbain consolidé » et de « terrain à bâtir » (solar) ne pouvait leur être déniée. Elles ont critiqué le Tribunal de Batlles pour avoir refusé d'ordonner des mesures d'instruction en première instance afin de constater l'état des réseaux, qualifiant l'inachèvement des travaux de circonstance de force majeure issue de procédures judiciaires parallèles avec la société A.S.L. Enfin, elles ont contesté l'analyse technique de leur dossier, affirmant que la documentation versée constituait un véritable « projet » d'exécution et non un simple avant-projet ou une étude volumétrique.
En défense, l'administration communale de l'Honorable Comú d'Encamp a conclu à la confirmation pure et simple du jugement entrepris. Elle a réfuté tout grief d'inconstitutionnalité affectant la CTU et a réaffirmé qu'au jour de la décision litigieuse, les terrains ne disposaient nullement des infrastructures de viabilisation requises pour conférer au terrain le statut juridique de solar, l'inexistence des réseaux étant d'ailleurs corroborée par un rapport technique versé aux débats et par un procès-verbal de constatation des lieux issu d'une instance connexe. Elle a souligné que les documents graphiques soumis n'étaient qu'une étude de volumes insusceptible de régularisation.
Le Gouvernement d'Andorre (M.I. Govern), également intimé, s'est rangé à la défense de la légalité des décisions attaquées et du dispositif législatif encadrant la CTU.
L'audience publique s'est tenue le 26 mai 2004 devant le Tribunal Supérieur de Justice, l'affaire ayant été mise en délibéré sous le rapport du magistrat Lluís Saura Lluivia.
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II. La question de droit et la solution de la juridiction
A. Le problème juridique posé
L'arrêt du Tribunal Supérieur de Justice d'Andorre devait résoudre deux questions de droit fondamentales, l'une tenant au contrôle de constitutionnalité incident du système institutionnel d'aménagement du territoire, l'autre relevant de la technique d'octroi des autorisations d'urbanisme :
Sur le plan constitutionnel et institutionnel :
Les articles 130 à 133 de la Loi générale d'aménagement du territoire et d'urbanisme (LGOTU), qui instituent la Commission technique d'urbanisme en lui attribuant la compétence exclusive pour connaître des recours administratifs (recurs d'alçada) formés contre les actes communaux en matière d'urbanisme, portent-ils atteinte :
D'une part, au droit fondamental d'accéder aux fonctions et charges publiques en conditions d'égalité (article 23 de la Constitution andorrane), en raison de la composition mixte et technique de cet organe intégrant des professionnels non intégrés aux cadres de la fonction publique ?
D'autre part, à l'autonomie communale et à la réserve de loi qualifiée (articles 80.1 de la Constitution et 4.6 de la Loi qualifiée de délimitation des compétences des communes), en soumettant les actes paroissiaux d'urbanisme au contrôle résolutoire d'un organe administratif institué par une loi ordinaire ?
Sur le fond du droit de l'urbanisme et de la charge de la preuve :
L'autorité communale est-elle fondée à rejeter purement et simplement une demande de permis de construire lorsque :
Le terrain d'assiette ne dispose pas d'infrastructures et de voies d'accès parachevées, et que le pétitionnaire n'établit pas, dès l'introduction de son recours contentieux, l'existence et la suffisance des réseaux indispensables pour caractériser la qualification de sol urbain consolidé et de terrain à bâtir (solar) au sens des articles 25 de la LGOTU et 7 à 9 du Règlement d'urbanisme ?
Le dossier présenté ne comporte pas un véritable « projet d'édification » au sens de l'article 134.1 de la LGOTU et des articles 114 et 115.2 du Règlement de construction (permettant une exécution autonome par un tiers), mais seulement une esquisse ou étude volumétrique, privant ainsi la demande de toute possibilité de régularisation en cours d'instruction ?
B. Le raisonnement et la motivation de la cour
1. Le rejet de la question préjudicielle de constitutionnalité
En premier lieu, le Tribunal Supérieur de Justice déclare sa pleine compétence pour apprécier l'opportunité de saisir le Tribunal Constitutionnel en application de l'article 39.3 de la Loi qualifiée sur la Justice (Llei Qualificada de la Justícia).
Procédant à l'analyse de l'article 23.1 de la Constitution andorrane, la Sala Administrativa écarte radicalement le grief de violation du principe d'égalité dans l'accès aux fonctions publiques. La juridiction opère une distinction conceptuelle fondamentale :
La notion constitutionnelle de « fonctions publiques » (funcions públiques) s'applique strictement à l'accès au statut de fonctionnaire et au déroulement de la carrière administrative au sein de la fonction publique professionnelle.
La notion de « charges publiques » (càrrecs públics) renvoie exclusivement aux mandats de représentation politique élective au sein des institutions territoriales et nationales.
Or, la Commission technique d'urbanisme se définit, selon les articles 130 et 132 de la LGOTU, comme un organe consultatif et exécutif spécialisé en matière d'aménagement, d'urbanisme et de construction, chargé notamment de vider les recours hiérarchiques formés contre les actes communaux. Sa composition (onze membres, dont quatre désignés par le ministère chargé de l'aménagement du territoire et sept par les comúns, tous techniciens diplômés en architecture supérieure ou ingénierie des ponts et chaussées, à l'exception d'un juriste et du ministre) relève d'un mécanisme de « participation qualifiée à des tâches administratives ». Les membres y siègent en tant que citoyens et experts (uti cives), et non en qualité d'agents publics de carrière ou d'élus politiques. La juridiction conclut que l'article 23 de la Constitution est totalement étranger à l'organisation d'un tel organe consultatif et technique, ce qui prive le moyen de tout fondement sérieux.
En second lieu, la juridiction administrative écarte le moyen tiré de la prétendue méconnaissance de l'autonomie communale protégée par l'article 80.1 de la Constitution et l'article 4.6 de la Loi qualifiée de délimitation des compétences des communes. La Cour relève que si cette dernière réserve aux communes la définition de la politique urbanistique paroissiale, aucune règle constitutionnelle ou organique n'interdit d'assujettir les actes d'urbanisme des communes à un contrôle administratif externe.
La juridiction observe avec pertinence que le mécanisme institué par la LGOTU rationalise et dépolitise la voie de recours administratif : il substitue à l'ancien recours d'alçada exercé directement devant le Gouvernement (en vertu des articles 124, b) et 125 du Code de l'Administration) un recours technique devant un organe collégial spécialisé, paritaire et créé par la loi, où siègent
Points de contrôle immédiatement mobilisables dans vos écritures et dossiers
Andorre
1. Articulation des écritures & Moyen de droit
Invoquer au dispositif des conclusions l’autorité de Tribunal Superior de Justícia d’Andorra (31/06) en distinguant strictement la règle de droit posée des éléments souverains de fait.
2. Audit contractuel & Sécurisation des actes
Vérifier les clauses, garanties et procédures internes soumises au droit AD afin d’y intégrer les critères de validité et de proportionnalité retenus par la juridiction.
3. Charge probatoire & Pièces justificatives
Constituer un bordereau de pièces établissant matériellement chaque condition exigée par les motifs décisoires avant toute signification ou dépôt au greffe.
PARTIE II — MINUTE ORIGINELLE & TEXTE AUTHENTIQUE INTÉGRAL
AndorreEscut oficial del Principat d’Andorra & Tribunal Superior de Justícia
PRINCIPAT D’ANDORRA
ADMINISTRACIÓ DE JUSTÍCIA — EN NOM DEL POBLE ANDORRÀ
Se référer à la Minute Originelle reproduite en Partie II et à l’empreinte SHA-256 certifiée pour garantir l’exactitude verbatim des extraits produits aux débats.
En la tramitació d'aquestes actuacions han estat observades les prescripcions legals, i ha estat ponent el magistrat Sr. LLUIS SAURA LLUVIA el qual expressa el parer del Tribunal.
A N T E C E D E N T S D E F E T
1.- La Secció Administrativa del Tribunal de Batlles, en la sentència 2005-124, d'1 de novembre de 2005, va desestimar la demanda formulada per les societats Morell i Elías contra la resolució de l'Hble. Comú d'Encamp de 26 de juny de 2003, que havia denegat un permís de construcció de tres edificis destinats a habitatge presentat el 2 de maig, i contra la resolució de la Comissió Tècnica d'Urbanisme de 17 d'octubre de 2003, que va desestimar el recurs d'alçada interposa el 31 de juliol contra l'anterior.
2.- Les societats que van demanar la llicència de construcció apel·len contra la sentència i reiteren les raons que avalen la inconstitucionalitat de la Comissió Tècnica d'Urbanisme, per la qual cosa demanen a aquesta Sala el plantejament de la corresponent qüestió davant el Tribunal Constitucional, i mantenen la impugnació del Reglament de la Comissió; pel que fa al fons, reiteren que no és cert que la documentació tècnica presentada amb la sol·licitud de llicència sigui un avantprojecte sinó que és un projecte, ni que el solar no gaudeixi dels serveis necessaris per poder obtenir la corresponent autorització.
3.- La representació del Comú d'Encamp contesta l'escrit d'apel·lació negant la inconstitucionalitat de la Comissió Tècnica d'urbanisme i demanant la confirmació de la sentència ja que allò que es presenta no és altra cosa que un estudi volumètric i que no s'ha demostrat que el terreny gaudeixi dels serveis necessàries per poder obtenir la llicència de construcció, en no estar en absolut finalitzades les obres d'infrastructures per dotar-lo.
4.- El dia 26 de maig de 2004 ha tingut lloc la celebració de la vista oral, en la que les parts han pogut fer les manifestacions més adients als seus interessos respectius, quedant tot seguit les actuacions vistes per a deliberar i decidir.
F O N A M E N T S D E D R E T
Primer.- La Sala Administrativa del Tribunal Superior de Justícia és competent per a conèixer del present recurs, segons l'article 39.3 de la Llei Qualificada de la Justícia.
Segon.- La representació dels apel·lants demana d'aquesta jurisdicció el plantejament de la qüestió d'inconstitucionalitat dels articles 130 a 133 de la Llei general d'ordenació del territori i urbanisme, que creen i regulen les funcions de la Comissió Tècnica d'Urbanisme, que va desestimar el recurs d'alçada en exercici de les funcions que els atribueixen els esmentats articles, i que la Secció Administrativa va rebutjar.
L'argument essencial en que es basen és el de que la Comissió és un òrgan que exerceix funcions públiques i està format per persones alienes a l'Administració, per la qual cosa es vulnera el dret d'accedir en condicions d'igualtat als càrrecs i funcions públiques que reconeix l'article 23 de la Constitució.
Al respecte convé assenyalar que quan l'article 23.1 es refereix a les "funcions" públiques reconeix el dret a accedir a llocs funcionarials i a la promoció en la carrera administrativa, i quan es refereix a "càrrecs" públics ho fa als càrrecs públics de representació política, que son els que corresponen als ens territorials en que s'organitza l'Administració.
La Comissió Tècnica d'Urbanisme es configura con un òrgan consultiu i executiu en matèria d'ordenació del territori, l'urbanisme i la construcció (article 130 de la LGOTU) que te funcions consultives, d'assessorament i decisòries -la resolució dels recursos d'alçada contra actes de l'Administració comunal en aquestes matèries- (article 132) i es composa d'onze membres: quatre procedents del ministeri d'ordenament territorial i set més, un procedent de cada comú, en els termes que detalla l'article 131, tots ells tècnics titulats en arquitectura superior o enginyeria de camins, canals i ports llevat d'un que és jurista i del propi ministre d'ordenament territorial.
Aquestes funcions i composició reflecteixen que la Comissió Tècnica d'Urbanisme respon a una forma de participació qualificada en tasques administratives mitjançant la que els ciutadans, en tant que ciutadans, és a dir, uti cives (no com a funcionaris o com a polítics) s'insereixen en òrgans formalitzats d'entitats administratives, formant-ne part; i en el cas, ho fan no sols com a ciutadans sinó, a més, com a experts, i en una composició de l'òrgan que representa equilibradament tots els ens locals titulars de competències urbanístiques.
La consideració anterior condueix a eliminar d'aquest debat processal el dret a accedir a la "funció" pública, totalment aliè al recurs, ja que no hi és implicat ni l'accés a la funció pública ni el desenvolupament o promoció de la carrera administrativa ni el dret a accedir en condicions d'igualtat als "càrrecs" públics.
Les apel·lants també exposen que la Comissió Tècnica d'Urbanisme exerceix funcions en matèria d'urbanisme, que el sistema constitucional reserva als comuns, amb vulneració d'allò establert en l'article 4.6 de la Llei Qualificada de delimitació de competències dels comuns, i a més ho fa sense rang adequat, perquè una llei ordinària no pot modificar allò previst per una llei qualificada.
L'article 80.1 de la Constitució indica que en matèria d'urbanisme les competències dels comuns seran delimitades per una llei qualificada, i la Llei Qualificada de Delimitació de competències dels comuns els atribueix -article 4.6- la definició de la política urbanística de la Parròquia, precepte que ha estat desenvolupat per la pròpia LGOTU, i ni la norma constitucional ni la Llei Qualificada exclouen als comuns de controls administratius aliens a la seva pròpia estructura.
Ans al contrari, a l'hora d'analitzar les vulneracions que exposen els apel·lants, convé significar que en lloc de mantenir, en aquesta matèria, la via de l'article 124 b) en relació al 125 del Codi de l'Administració (recurs d'alçada davant el Govern contra els actes dels comuns com a preceptiu al recurs jurisdiccional), que reproduiria els inconvenients associats al fet que el Govern pugui controlar per via de recurs actuacions dels comuns realitzats en l'exercici de les seves competències, sembla adient que aquest control es dugui a terme substituint el Govern per un òrgan creat ad hoc per una norma amb rang legal, format quasi absolutament per tècnics experts i sobre una base de representació paritària de les entitats territorials titulars de competències urbanístiques.
En conseqüència, els articles 130 a 133 de la LGOTU, que van crear la Comissió Tècnica d'Urbanisme, no vulneren els articles de la Constitució que hem esmentat i no procedeix, per tant, plantejar la qüestió d'inconstitucionalitat demanada per la part apel·lant.
Tercer.- En relació al fons de l'assumpte, el Comú d'Encamp va denegar la llicència d'obres demanada el 2 de maig de 2003 en un acord de 26 de juny de 2003, la part dispositiva del qual indicava el següent:
"La documentació adjunta a la sol·licitud correspon a un avantprojecte d'estudi volumètric d'edificis i no correspon a un projecte administratiu relatiu a una demanda d'autorització d'obres de construcció d'edificis de nova planta.
El vial d'urbanització, amb totes les infrastructures viàries i de serveis, encara està en fase de construcció, i per tant, no està enllestit, infringint els requisits mínims establerts en el decret de complement de l'Ordinació general d'urbanisme i construcció de la parròquia d'Encamp, del 05/09/94, en l'Ordinació I de Serveis Públics del Consell General (avui llei) del 31/07/91, i en l'article 25 de la Llei general d'ordenació del territori i urbanisme."
Aquesta resolució s'ha de relacionar (i) amb el règim jurídic del sòl urbà i el de les llicències d'obres en aquesta classe de sòl, i (ii) amb la documentació tècnica exigible per l'atorgament d'una llicència, i tot i que les parts no han tractat obertament aquestes qüestions en el litigi és imprescindible fer-ho per resoldre'l.
Pel que fa al primer punt, la resolució transcrita -i la de la Comissió Tècnica d'Urbanisme- ens demostren que el nucli d'aquest litigi és determinar si el terreny on les agents volen construir un edifici de tres plantes destinat a habitatge per venda és sòl urbà i si reuneix o no la condició de solar.
L'article 25 de la LGOTU, i l'article 7 del Reglament urbanístic (RU) -que són d'aplicació directa a partir de l'entrada en vigor de la primera per efecte de la Disposició final sisena i en la mesura que regulen el règim jurídic del sòl- consideren sòl urbà consolidat el terreny que disposa de les infrastructures i serveis per servir les necessitats de les edificacions previstes, i quan disposen efectivament dels mateixos són susceptibles de ser immediatament edificats, perquè ja gaudeixen de la condició de solar (article 9 del RU en relació amb l'article 8.1.3) un cop s'ha obtingut la llicència de construcció corresponent.
En el cas, discutida en la resolució comunal l'existència dels serveis que permetrien considerar el terreny com sòl urbà consolidat i, més específicament com solar, corresponia a la part agent haver aportat algun element de prova que demostrés l'adequació dels esmentats serveis per satisfer les necessitats dels edificis que hi volia construir; i la manca d'aportació d'aquesta prova no es podia desplaçar al període de pràctica de prova, és a dir, no es pot deixar el subministrament d'un element de fet tan consubstancial a la pretensió processal al moment de la pràctica de la prova, quan qui te la càrrega de demostrar-lo, no ho fa amb la demanda, podent-ho fer; per aquesta raó la Secció Administrativa va denegar correctament la prova proposada per les agents i tampoc s'ha de practicar en aquesta segona instància.
La prova que obra a les actuacions, lluny d'acreditar l'existència i suficiència de tots els serveis urbanístics, palesa el contrari (informe d'E., acta d'inspecció ocular en el plet amb A.S.L.) i la circumstància de que les obres de serveis no s'hagin acabat per raons que les apel·lants qualifiquen com de força major (els litigis amb A.S.L.) no tenen eficàcia en un procediment com el present, en el que només es jutja la legalitat urbanística.
En relació a la documentació tècnica necessària per tramitar una llicència d'obres de nova planta d'edificació, convé recordar que l'article 134.1 LGOTU, exigeix presentar un projecte d'edificació en la forma que preveu l'article 114 del Reglament de construcció (RC) i sobretot amb la documentació que detalla l'article 115.2 relativa al projecte, del que allò més indicatiu és que el projecte s'ha de realitzar amb la precisió suficient com per què pugui ser executat per un tècnic diferent del seu autor.
Pel que fa al projecte que es va presentar al Comú d'Encamp per demanar la llicència d'edificació, la resolució comunal i la de la Comissió Tècnica posen en relleu que el que s'havia presentat no era un projecte d'edificació sinó una memòria d'estudi volumètric que fins i tot, en els plànols que s'hi adjunten, s'autonomena projecte bàsic, però que, en qualsevol cas, no són els propis d'allò que demana la llei i la reglamentació esmentades per considerar-se projecte de construcció en els termes exposats; i es ratifica fàcilment aquesta conclusió si s'examina la documentació citada, tant diferent de la que és exigible que no era ni susceptible de ser esmenada -com per altres casos preveu l'article 123 del RC- sinó que calia denegar aquella sol·licitud, com correctament es va fer, i demanar-ne una de nova amb la documentació correcta.
En no haver acreditat que quan es va demanar la llicència d'obres els terrenys sobre els que es volia construir tenien la condició de solar i no havent-se presentat un projecte constructiu cal confirmar la sentència de la Secció Administrativa del Tribunal de Batlles amb desestimació del recurs d'apel·lació interposat contra la mateixa.
Quart.- No es fa cap pronunciament sobre el pagament de les despeses d'aquesta segona instància processal.
D E C I S I Ó
En atenció a tot el que s'ha exposat, el Tribunal Superior de Justícia, Sala Administrativa, en nom del poble andorrà, decideix desestimar el recurs d'apel·lació interposat per la representació processal de les entitats mercantils Morell i Elías contra la sentència de la Secció Administrativa del Tribunal de Batlles 2005-124, d'1 de novembre de 2005, que es confirma, sense fer cap pronunciament sobre les despeses ocasionades en aquesta segona instància.
Aquesta sentència és ferma i executiva.
Manem que una vegada s'hagi complert el que disposa l'article 76 de la Llei de la Jurisdicció Administrativa i Fiscal es lliurin els autes originals amb la certificació d'aquesta sentència al Tribunal de Batlles, Secció Administrativa del qual procedien, i que s'arxivin les actuacions del Tribunal.