JURISPRUDENCE — Principauté d'Andorre — Tribunal Superior de Justícia d’Andorra — Contrôle de qualification et de motivation — cassation totale
Sumário Analítico Korpus — Il résulte de la décision rendue le 30 novembre 2010 (n° 155/10) par Tribunal Superior de Justícia d’Andorra (Principauté d'Andorre), statuant au visa de droit positif applicable en Principauté d'Andorre, que l'application des règles régissant le domaine « jurisprudence » exige une caractérisation précise des éléments de fait et de droit soumis au débat contradictoire, sous le contrôle de légalité ordinaire (TSJA) et garantie du droit fondamental à une juridiction et à une décision motivée en droit au titre de l’article 10 de la Constitució del Principat d’Andorra (recurs d’empara) (cassation totale).
L'essentiel en 30 secondes — Ce qu'il faut retenir
- Règle directrice & sens de l'arrêt : Tribunal Superior de Justícia d’Andorra consacre une lecture rigoureuse des conditions d'application de droit positif applicable en Principauté d'Andorre (cassation totale), renforçant la sécurité juridique des parties en Principauté d'Andorre.
- Exigence probatoire immédiate : toute prétention fondée sur ce dispositif doit désormais être étayée par des pièces circonstanciées démontrant la réunion cumulative des critères légaux dès la phase de première instance ou d'appel.
- Impact sur les dossiers en cours : d'application immédiate aux instances pendantes (effet déclaratif de la jurisprudence), cet arrêt commande d'auditer l’épuisement préalable des voies de recours ordinaires devant la Batllia et le TSJA avant tout recours d’empara constitutionnel, ainsi que la conformité aux lois qualifiées publiées au BOPA afférents au domaine jurisprudence.
STSJAD 258/2010 (Tribunal Superior de Justícia d'Andorra, Sala Civil, 30 novembre 2010)
Décision commentée : STSJAD 258/2010, ECLI:AD:TSJADAD:2010:258, recours n° 155/10 (Lire sur source officielle)
Faits et procédure
La société Vélez a assigné la société Zapata en paiement de la somme de 35 813,65 euros, correspondant à des travaux d'installation électrique réalisés pour le compte de la défenderesse, dans un centre désigné dans la décision par l'acronyme « CEA », outre les intérêts légaux et les dépens. Selon la décision, la défenderesse a soulevé deux exceptions dilatoires : un défaut de litisconsortium passif nécessaire, en ce qu'il eût fallu appeler à la cause la société Vives, qui dirigeait les travaux, et le propriétaire de l'ouvrage, la société Machado ; et un défaut de légitimation passive, Zapata n'ayant agi que comme coordinatrice des travaux. À titre subsidiaire, elle a contesté la demande au motif que le propriétaire de l'ouvrage ne lui aurait pas versé la somme réclamée, estimant que les travaux ne correspondaient pas aux factures.
Par jugement du 28 avril 2010, le Tribunal de Batlles a fait droit à la demande, condamnant Zapata au paiement de la somme principale, des intérêts légaux courant depuis le 2 septembre 2009 et des dépens.
Zapata a interjeté appel. Elle ne remettait pas en cause le rejet de ses exceptions, la décision relevant que les parties avaient reconnu que c'était Zapata qui avait contracté avec Vélez. Son recours reposait sur deux moyens : d'une part, l'absence de preuve de la réalisation des travaux et de leur montant ; d'autre part, l'absence de preuve que la défenderesse eût perçu le montant de la propriété.
Question de droit
La décision soulève, en substance, deux questions.
La première porte sur la charge et l'appréciation de la preuve de l'exécution et du prix de travaux lorsque le donneur d'ordre conteste les factures. Il s'agissait de déterminer si l'entrepreneur devait établir la réalité et le montant de sa créance, ou si, au contraire, il appartenait au débiteur de démontrer des malfaçons ou un caractère excessif des prix.
La seconde concerne la portée, pour le maître de la créance, d'un désaccord entre le maître de l'ouvrage et son propre cocontractant sur le règlement de factures. Il s'agissait de savoir si le fait que le propriétaire de l'ouvrage ait refusé de payer, ou que les relations entre Zapata et ce propriétaire n'aient pas abouti à un paiement, pouvait faire obstacle à la condamnation de Zapata envers Vélez.
La décision ne vise pas expressément de disposition du droit civil andorran relative au contrat d'entreprise, au louage de services ou à la charge de la preuve. Elle se réfère aux « Usos i Costums » et à la « legislació vigent » de manière générale, ainsi qu'au Code 7,51,5 pour les dépens. Les fondements substantiels du raisonnement doivent donc être reconstitués à partir de l'appréciation des éléments de preuve (non précisé dans la décision).
Solution et dispositif
Sur le premier moyen, la Cour retient, après une « valoració conjunta i racional » des preuves, plusieurs éléments :
- le représentant de Vélez a reconnu en interrogatoire que la propriété contestait la facture, et Zapata elle-même a admis que le propri