JURISPRUDENCE — Principauté d'Andorre — Tribunal Superior de Justícia d’Andorra — Contrôle de qualification et de motivation — confirmation
Sumário Analítico Korpus — Il résulte de la décision rendue le 28 février 2012 (n° 334/11) par Tribunal Superior de Justícia d’Andorra (Principauté d'Andorre), statuant au visa de droit positif applicable en Principauté d'Andorre, que l'application des règles régissant le domaine « jurisprudence » exige une caractérisation précise des éléments de fait et de droit soumis au débat contradictoire, sous le contrôle de légalité ordinaire (TSJA) et garantie du droit fondamental à une juridiction et à une décision motivée en droit au titre de l’article 10 de la Constitució del Principat d’Andorra (recurs d’empara) (confirmation).
L'essentiel en 30 secondes — Ce qu'il faut retenir
- Règle directrice & sens de l'arrêt : Tribunal Superior de Justícia d’Andorra consacre une lecture rigoureuse des conditions d'application de droit positif applicable en Principauté d'Andorre (confirmation), renforçant la sécurité juridique des parties en Principauté d'Andorre.
- Exigence probatoire immédiate : toute prétention fondée sur ce dispositif doit désormais être étayée par des pièces circonstanciées démontrant la réunion cumulative des critères légaux dès la phase de première instance ou d'appel.
- Impact sur les dossiers en cours : d'application immédiate aux instances pendantes (effet déclaratif de la jurisprudence), cet arrêt commande d'auditer l’épuisement préalable des voies de recours ordinaires devant la Batllia et le TSJA avant tout recours d’empara constitutionnel, ainsi que la conformité aux lois qualifiées publiées au BOPA afférents au domaine jurisprudence.
Tribunal Superior de Justícia d'Andorra (Sala Civil), 28 février 2012, TSJC-334/11
Décision commentée : Tribunal Superior de Justícia d'Andorra, Sala Civil, 28 février 2012, TSJC-334/11 (ROJ : STSJAD 41/2012 ; ECLI:AD:TSJADAD:2012:41) (Lire sur source officielle)
Faits et procédure
La société Villegas a engagé, devant le Tribunal unipersonnel du Batlle, une procédure abrégée (n° B-0593-6/2011) contre la Anaya en paiement de la prime annuelle d'une police d'assurance multirisque. Le contrat avait été souscrit le 13 octobre 2009. Par courrier du 7 septembre 2010 (folio 23), la Anaya avait notifié sa volonté de ne pas le proroger. La période litigieuse courait du 14 octobre 2010 au 13 octobre 2011.
La société demanderesse soutenait que le contrat avait été tacitement renouvelé et que la notification ne respectait pas le préavis de trois mois stipulé par la clause 9.g des conditions générales. Par jugement du 5 septembre 2011, le Batlle a fait droit à la demande, condamnant la défenderesse au paiement de 1 605,76 euros, augmentés des intérêts légaux à compter du 12 mai 2011, ainsi qu'aux dépens.
La Anaya a interjeté appel. La Sala Civil du Tribunal supérieur de justice, sous la présidence de M. Jean Louis Vuillemin, le magistrat rapporteur étant M. Pere Pastor Vilanova, a été saisie du recours (n° 334/11).
L'appelante articulait plusieurs moyens : la signature des seules conditions particulières n'emportait pas acceptation des conditions générales ; l'assureur ne prouvait ni la remise ni la correspondance des conditions générales produites ; des clauses non signées ne lui étaient pas opposables ; la décision lui imposait une preuve négative ; la clause 9.g était abusive ; enfin, un préavis d'un mois et sept jours ne causait aucun préjudice à l'assureur.
Question de droit
La décision pose deux questions principales.
Première question : des conditions générales non signées par le souscripteur sont-elles opposables à celui-ci lorsque les conditions particulières, signées, y renvoient et que le souscripteur déclare en avoir reçu et accepté le contenu ? Plus précisément, à qui incombe la charge de la preuve de la remise et du contenu de ces conditions ?
Seconde question : une clause imposant un préavis de trois mois pour résilier une police d'assurance reconduite annuellement présente-t-elle un caractère abusif, au sens de la jurisprudence andorrane sur les clauses abusives ?
Solution et dispositif
Sur la première question, le tribunal rejette le moy