JURISPRUDENCE — Principauté d'Andorre — Tribunal Superior de Justícia d’Andorra — Contrôle de qualification et de motivation — cassation partielle
Massima Analitica Korpus — Il résulte de la décision rendue le 15 novembre 2012 (n° 84/12) par Tribunal Superior de Justícia d’Andorra (Principauté d'Andorre), statuant au visa de droit positif applicable en Principauté d'Andorre, que l'application des règles régissant le domaine « jurisprudence » exige une caractérisation précise des éléments de fait et de droit soumis au débat contradictoire, sous le contrôle de légalité ordinaire (TSJA) et garantie du droit fondamental à une juridiction et à une décision motivée en droit au titre de l’article 10 de la Constitució del Principat d’Andorra (recurs d’empara) (cassation partielle).
L'essentiel en 30 secondes — Ce qu'il faut retenir
- Règle directrice & sens de l'arrêt : Tribunal Superior de Justícia d’Andorra consacre une lecture rigoureuse des conditions d'application de droit positif applicable en Principauté d'Andorre (cassation partielle), renforçant la sécurité juridique des parties en Principauté d'Andorre.
- Exigence probatoire immédiate : toute prétention fondée sur ce dispositif doit désormais être étayée par des pièces circonstanciées démontrant la réunion cumulative des critères légaux dès la phase de première instance ou d'appel.
- Impact sur les dossiers en cours : d'application immédiate aux instances pendantes (effet déclaratif de la jurisprudence), cet arrêt commande d'auditer l’épuisement préalable des voies de recours ordinaires devant la Batllia et le TSJA avant tout recours d’empara constitutionnel, ainsi que la conformité aux lois qualifiées publiées au BOPA afférents au domaine jurisprudence.
STSJAD, Civil, 15 novembre 2012, n° 275/2012 (ECLI:AD:TSJADAD:2012:275)
Décision commentée : STSJAD 275/2012, Tribunal Superior de Justícia d'Andorra, Sala Civil, recurs n° 84/12, 15 novembre 2012 (Lire sur source officielle)
Faits et procédure
Les parents d'un enfant mineur, M. Arcos et Mme Expósito, sont séparés. Une convention privée de divorce du 27 janvier 2006 fixait la contribution du père à l'entretien de l'enfant, à hauteur de 266,54 euros mensuels à la date du litige.
Le 8 juillet 2011, Mme Expósito a saisi le tribunal d'une demande de modification des mesures paterno-filiales. Elle sollicitait que la pension soit portée à 533 euros mensuels, en considération des revenus des deux parents et des besoins de l'enfant, avec mise des dépens à la charge du défendeur. M. Arcos s'y est opposé le 22 juillet 2011. Il soutenait que la somme versée était suffisante pour les besoins ordinaires de l'enfant, que certaines dépenses invoquées présentaient un caractère extraordinaire, et que la majoration le priverait de ressources suffisantes pour sa propre subsistance.
Par sentence du 13 janvier 2012, le Tribunal unipersonnel, section civile, a partiellement fait droit à la demande en fixant la pension à 460 euros mensuels, révisable annuellement selon l'indice des prix à la consommation, sans prononcé sur les dépens.
M. Arcos a interjeté appel. Il demandait, à titre principal, le renvoi de la cause en première instance pour l'administration de preuves qu'il estimait décisives (interrogatoire de la partie adverse sous serment et production documentaire auprès d'un club d'esquí). À titre subsidiaire, il sollicitait la réformation du montant, qu'il estimait devoir être maintenu à son niveau antérieur. La Sala Civil a statué sur ces points dans sa sentence du 15 novembre 2012.
Question de droit
La décision soulève, en substance, trois questions :
- Le refus de first instance d'admettre certaines mesures d'instruction justifie-t-il le renvoi de la cause devant le tribunal de première instance ?
- Comment qualifier, au regard de la contribution alimentaire, les dépenses relatives à la pratique de l'enfant (soutien scolaire, langues, activités de loisirs, ski de compétition) : dépenses ordinaires partagées au prorata des ressources, ou dépenses extraordinaires soumises à un régime distinct ?
- Comment déterminer le montant de la pension alimentaire à partir des besoins de l'enfant et des ressources respectives des parents ?
Le texte ne précise pas le fondement législatif précis de la fixation de la pension (non précisé dans la décision). Le raisonnement repose sur la jurisprudence des tribunaux andorrans, présentée comme constante, ainsi que sur les « usages et coutumes » visés dans les motifs.
Solution et dispositif
Sur la demande de renvoi. La Sala Civil écarte la demande. Elle relève que les déclarations de la partie adverse ne feraient que reprendre des allégations déjà formulées dans la demande et les conclusions, et qu'elles seraient donc sans pertinence. Elle juge en outre que, même dém