JURISPRUDENCE — Principauté d'Andorre — Tribunal Superior de Justícia d’Andorra — Contrôle de qualification et de motivation — rejet
Massima Analitica Korpus — Il résulte de la décision rendue le 28 mai 2015 (n° 428/14) par Tribunal Superior de Justícia d’Andorra (Principauté d'Andorre), statuant au visa de droit positif applicable en Principauté d'Andorre, que l'application des règles régissant le domaine « jurisprudence » exige une caractérisation précise des éléments de fait et de droit soumis au débat contradictoire, sous le contrôle de légalité ordinaire (TSJA) et garantie du droit fondamental à une juridiction et à une décision motivée en droit au titre de l’article 10 de la Constitució del Principat d’Andorra (recurs d’empara) (rejet).
L'essentiel en 30 secondes — Ce qu'il faut retenir
- Règle directrice & sens de l'arrêt : Tribunal Superior de Justícia d’Andorra consacre une lecture rigoureuse des conditions d'application de droit positif applicable en Principauté d'Andorre (rejet), renforçant la sécurité juridique des parties en Principauté d'Andorre.
- Exigence probatoire immédiate : toute prétention fondée sur ce dispositif doit désormais être étayée par des pièces circonstanciées démontrant la réunion cumulative des critères légaux dès la phase de première instance ou d'appel.
- Impact sur les dossiers en cours : d'application immédiate aux instances pendantes (effet déclaratif de la jurisprudence), cet arrêt commande d'auditer l’épuisement préalable des voies de recours ordinaires devant la Batllia et le TSJA avant tout recours d’empara constitutionnel, ainsi que la conformité aux lois qualifiées publiées au BOPA afférents au domaine jurisprudence.
STSJAD 113/2015 (ECLI:AD:TSJADAD:2015:113)
Décision commentée : STSJAD 113/2015, ECLI:AD:TSJADAD:2015:113 (Tribunal Superior de Justícia d'Andorra, Sala Civil, 28 mai 2015, recurs n° 428/14) (Lire sur source officielle)
Faits et procédure
La société « Carretero » a introduit devant le Tribunal de Batlles une action en paiement de 35 553,41 euros à l'encontre de la société « Daza ». Selon la demande, cette somme correspondait, d'une part, à la vente et à la location de matériel au profit de « Daza » (11 439,41 euros) et, d'autre part, à la location d'un entrepôt aux Escaldes (24 050 euros). La demande faisait également état de plusieurs lettres de change émises pour acquitter la dette, retournées impayées, et de frais bancaires supplémentaires de 64 euros.
Par jugement du 31 octobre 2014, le Tribunal de Batlles a fait droit à la demande. Le dispositif de ce jugement, tel que reproduit dans la décision, énonce : « Que estimant la demanda formulada per la representació processal de la mercantil Carretero contra la mercantil Daza hem de condemnar i condemnem a la defenent a pagar a l'agent la quantitat de 35.553,41.- euros, més els interessos legals des de la data de la contesta a la demanda. Que cal desestimar les excepcions peremptòries de prescripció i d'inadequació de procediment formulades per la part defenent ». Le juge de première instance a en outre retenu que les lettres de change avaient été acceptées par la défenderesse (documents 10, 11 et 12), de sorte qu'aucune exception personnelle ne pouvait être opposée.
« Daza » a interjeté appel. Elle sollicitait la révocation du jugement et la condamnation de « Carretero » aux dépens des deux instances. Ses griefs portaient sur la nature des lettres de change, qualifiées de simple moyen de paiement permettant d'opposer le rapport fondamental, sur la prescription des factures 1 à 4, sur la voie procédurale (la LAFU) qui aurait dû être suivie pour les loyers, sur l'inexistence de tout contrat de bail, et sur la non-acceptation de certains documents.
La Sala Civil du Tribunal Superior de Justícia a été composée de MM. Joan Manel Abril Campoy (président), Vincent Anière et Pere Pastor Vilanova (magistrat rapporteur).
Question de droit
La Cour devait trancher plusieurs questions :
- Quelle est la nature de l'action exercée par le créancier, et la lettre de change conserve-t-elle son caractère abstrait lorsque le litige oppose directement tireur et tiré ?
- L'exception d'inadéquation de la procédure, tirée du recours à la procédure ordinaire pour des loyers, est-elle fondée ?
- Les créances sont-elles prescrites, et les lettres de change acceptées ont-elles un effet interruptif ?
- Les loyers réclamés sont-ils exigibles en l'absence de preuve d'un contrat de bail ?
Solution et dispositif
La Sala Civil écarte d