ISSN 3002-914X · DOI 10.58079/korpus.5d042d7d · Bipartite Legal Dossier (I. Doctrinal Commentary + II. Authentic Judgment)
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93/100
PRINCIPAT D’ANDORRA·Tribunal Superior de Justícia d’Andorra·N° 64/17·19 February 2018·
Confirmation
STSJAD ANDORRA, a 19 de febrer del 2018 - ROJ: STSJAD 47/2018
Court / AuthorityTribunal Superior de Justícia d’Andorra (cassation)
Case Reference / Docket64/17
Legal Domainjurisprudence
SHA-256 Fingerprint0000000000000000…
Korpus Analytical Headnotes & Key Points of Law (1)
1.Principe jurisprudentiel (Tribunal Superior de Justícia d’Andorra, ECLI:AD:TSJADAD:2018:47) — En matière de droit_fiscal, la juridiction statue par confirmation et précise les conditions d'application de la règle de droit au regard de l'objet du litige (STSJAD ANDORRA, a 19 de febrer del 2018 - ROJ: STSJAD 47/2018).
PART I
Korpus Doctrinal Commentary & Scientific Legal Analysis
JURISPRUDENCE — Principauté d'Andorre — Tribunal Superior de Justícia d’Andorra — Contrôle de qualification et de motivation — confirmation
Extrait certifié — Reproduction verbatim
Korpus Analytical Headnote — Il résulte de la décision rendue le 19 février 2018 (n° 64/17) par Tribunal Superior de Justícia d’Andorra (Principauté d'Andorre), statuant au visa de droit positif applicable en Principauté d'Andorre, que l'application des règles régissant le domaine « jurisprudence » exige une caractérisation précise des éléments de fait et de droit soumis au débat contradictoire, sous le contrôle de légalité ordinaire (TSJA) et garantie du droit fondamental à une juridiction et à une décision motivée en droit au titre de l’article 10 de la Constitució del Principat d’Andorra (recurs d’empara) (confirmation).
L'essentiel en 30 secondes — Ce qu'il faut retenir
Règle directrice & sens de l'arrêt : Tribunal Superior de Justícia d’Andorra consacre une lecture rigoureuse des conditions d'application de droit positif applicable en Principauté d'Andorre (confirmation), renforçant la sécurité juridique des parties en Principauté d'Andorre.
Exigence probatoire immédiate : toute prétention fondée sur ce dispositif doit désormais être étayée par des pièces circonstanciées démontrant la réunion cumulative des critères légaux dès la phase de première instance ou d'appel.
Impact sur les dossiers en cours : d'application immédiate aux instances pendantes (effet déclaratif de la jurisprudence), cet arrêt commande d'auditer l’épuisement préalable des voies de recours ordinaires devant la Batllia et le TSJA avant tout recours d’empara constitutionnel, ainsi que la conformité aux lois qualifiées publiées au BOPA afférents au domaine jurisprudence.
Tribunal Superior de Justícia d'Andorra, Sala Administrativa, 19 février 2018, n° 7-2018, STSJAD 47/2018
Extrait certifié — Reproduction verbatim
Décision commentée : Tribunal Superior de Justícia d'Andorra, Sala Administrativa, 19 février 2018, n° de pourvoi TSJA-0000064/2017, n° d'enregistrement 2000018/2017, Arrêt n° 7-2018, ECLI:AD:TSJADAD:2018:47 (Lire sur source officielle)
✦ ⁂ ✦
I. Le contexte factuel et procédural
A. Les faits à l'origine du litige
Le litige s'inscrit dans le cadre du fonctionnement du service médical du milieu pénitentiaire en Principauté d'Andorre, plaçant au cœur des débats les exigences de continuité du service public hospitalier et pénitentiaire ainsi que les devoirs d'obéissance et de disponibilité pesant sur les agents publics.
Mme Ropero exerçait ses fonctions en qualité d'infirmière affectée au Département pénitentiaire (Departament penitenciari) relevant du ministère des Affaires sociales, de la Justice et de l'Intérieur (Ministeri d'Afers Socials, Justícia i Interior). Dans l'exercice de son service, l'intéressée était soumise au régime des astreintes et gardes localisables en dehors de la journée ordinaire de travail, conformément au Règlement des systèmes de compensation du 31 décembre 2013 (Reglament de sistemes de compensació) et à la circulaire interne d'infirmerie 01/15 du 19 janvier 2015 émise par le directeur du Département des institutions pénitentiaires (Departament d'Institucions Penitenciàries).
Quatre événements survenus sur une période resserrée, entre la fin de l'année 2015 et le début de l'année 2016, ont conduit l'administration à engager des poursuites disciplinaires contre l'agente :
Faits du 2 novembre 2015 : Alors qu'elle se trouvait d'astreinte, Mme Ropero a été requise pour se déplacer au centre pénitentiaire afin de récupérer et administrer un traitement médical prescrit par le service des urgences de l'hôpital Nostra Senyora de Meritxell à l'attention de deux détenues. L'agente a refusé d'effectuer ce déplacement. Le service des urgences n'ayant pas administré la médication faute d'en disposer, et l'infirmière ayant indiqué aux agents pénitentiaires qu'il convenait de commander les produits auprès de la pharmacie fournisseuse le lendemain matin, les deux détenues n'ont pas reçu leurs médicaments et ont souffert de douleurs durant la nuit. Le traitement n'a été finalement délivré que le lendemain, 3 novembre 2015, à 15 heures, par l'infirmière du service de l'après-midi. En outre, les rapports d'agents pénitentiaires ont consigné que des tentatives d'appels téléphoniques au cours de la nuit sur le téléphone de garde s'étaient heurtées à l'absence de réponse de Mme Ropero.
Faits du 5 décembre 2015 : Alors qu'elle était assignée de garde, Mme Ropero s'est trouvée dans l'impossibilité d'être jointe par les services pénitentiaires vers 17 h 30, tant sur son téléphone portable que sur sa ligne fixe. Son absence de réactivité a empêché l'évaluation rapide d'un détenu se trouvant dans un état léthargique préoccupant à l'issue d'un parloir, au point d'avoir dû être extrait en fauteuil roulant car incapable de se tenir debout. Le personnel pénitentiaire a dû attendre l'arrivée d'une intervenante extérieure de l'hôpital Nostra Senyora de Meritxell pour procéder à l'examen de l'état de santé du détenu. L'instruction administrative a mis en évidence, par les aveux mêmes de l'intéressée, que celle-ci ne s'était pas munie du téléphone mobile professionnel de garde.
Faits du 12 janvier 2016 (visés sous cette date dans les écritures et sous la mention formelle du 16 janvier 2016 au point 3 des motifs de la décision) : Informé vers 22 heures de la chute d'une détenue dans sa cellule se plaignant d'une vive douleur au poignet, le personnel de garde a sollicité l'intervention de l'infirmière d'astreinte. Mme Ropero a explicitement refusé de se déplacer au centre pénitentiaire, soutenant qu'elle y passait déjà l'ensemble de ses journées, qu'elle était seule en poste depuis quinze jours, qu'elle avait une vie personnelle en dehors de son travail et que la situation qui lui était imposée relevait d'un traitement « inhumain ». Relancée par un agent pénitentiaire vers 23 h 15 sur ordre exprès de l'officier de garde, elle a réitéré ses protestations relatives à l'« injustice inhumaine » qu'elle subissait, n'acceptant de se déplacer qu'avec l'intention déclarée d'autoriser sans délai le transfert de la détenue vers l'hôpital. Arrivée au centre à 23 h 32, elle a signé le bon d'évacuation médicale et a quitté les lieux dès 23 h 36, soit une présence effective d'environ quatre minutes, laissant la patiente dans la souffrance pendant plus d'une heure avant toute intervention.
Au terme d'une procédure d'instruction disciplinaire, la secrétaire d'État à la Fonction publique (Secretària d'Estat de la Funció Pública) a pris, en date du 26 août 2016, une résolution déclarant Mme Ropero responsable de la commission de quatre fautes graves (faltes greus) et prononçant à son encontre la sanction de réassignation obligatoire (reubicació obligatòria) sur le poste d'infirmière de l'espace médical du Département de l'immigration (Àrea Mèdica del Departament d'Immigració), rattaché au même ministère, avec l'adaptation corrélative de sa rémunération au nouveau poste.
Saisi d'un recours administratif (non précisé dans la décision quant à sa qualification exacte de recours gracieux ou hiérarchique), le Gouvernement d'Andorre a confirmé cette décision disciplinaire par une résolution du 22 décembre 2016.
B. Le parcours procédural et les prétentions des parties
Mme Ropero a contesté la résolution gouvernementale du 22 décembre 2016 devant la juridiction administrative de première instance. Par jugement rendu le 31 mai 2017, le Tribunal de Batlles (Secció Administrativa) a rejeté l'ensemble de ses prétentions et validé la mesure de sanction administrative.
Le 31 juillet 2017, Mme Ropero a relevé appel de ce jugement devant la chambre administrative du Tribunal supérieur de justice d'Andorre (Tribunal Superior de Justícia, Sala Administrativa). Elle a déposé son mémoire de conclusions le 23 octobre 2017. L'appelante contestait tant la matérialité que la qualification juridique retenue pour chacun des quatre incidents :
Concernant les événements du 2 novembre 2015, elle reprochait à l'administration d'avoir opéré une application rigide et manifestement disproportionnée de la réglementation, arguant qu'elle avait agi avec diligence en convenant avec l'agent pénitentiaire de commander la médication auprès de la pharmacie dès le lendemain matin.
Quant aux faits du 5 décembre 2015, elle arguait du fait que le centre pénitentiaire ne s'était borné qu'à une seule tentative infructueuse de連絡 et qu'elle demeurait potentiellement joignable sur sa ligne personnelle.
Pour les faits du 12 janvier 2016, elle exposait avoir préconisé une solution par voie téléphonique et s'être effectivement déplacée au centre pénitentiaire dès lors qu'un supérieur hiérarchique le lui avait expressément ordonné.
Enfin, pour les faits du 16 janvier 2016, elle soutenait qu'elle n'avait pas fait l'objet d'une réquisition contraignante mais d'une simple prise d'information, à la suite de laquelle l'agent en poste lui aurait fait savoir que sa présence physique n'était pas requise.
Dans sa contestation formalisée le 25 septembre 2017, consolidée par conclusions du 19 octobre 2017, le Gouvernement d'Andorre concluait à la confirmation intégrale du jugement entrepris. L'exécutif rappelait la prééminence du principe de continuité du service public et l'obligation stricte d'exécuter les gardes d'astreinte assorties de la présence physique sur réquisition. L'administration démontrait que lors de chaque incident, l'obligation professionnelle de l'infirmière imposait son déplacement direct et in situ afin de prendre en charge personnellement la situation médicale des personnes détenues, qu'elle ne pouvait se dessaisir de son téléphone d'astreinte, et qu'elle n'avait déféré aux demandes qu'après injonction réitérée de sa hiérarchie. Selon le Gouvernement, les faits reprochés procédaient d'une volonté délibérée de s'abstraire de ses sujétions, justifiant la qualification de fautes graves et l'application d'une sanction proportionnée aux exigences de bon fonctionnement du service.
Par ordonnance (providència) du 28 septembre 2017, le magistrat rapporteur a refusé d'ordonner la mesure d'instruction probatoire sollicitée par l'appelante dans son recours. Les débats ont été clos et l'affaire mise en délibéré.
✦ ⁂ ✦
II. La question de droit et la solution de la juridiction
A. Le problème juridique posé
L'arrêt du Tribunal supérieur de justice d'Andorre pose la question de savoir si les manquements répétés d'un agent du service public hospitalo-pénitentiaire à ses obligations d'astreinte et de disponibilité immédiate — caractérisés par le refus ou la réticence à se déplacer pour prodiguer des soins d'urgence à des détenus, le défaut de port du terminal d'astreinte et l'insubordination face aux instructions hiérarchiques — sont constitutifs de fautes graves au sens de la législation sur la fonction publique, de nature à justifier légalement une mesure de réaffectation d'office vers un service administratif dépourvu de sujétions pénitentiaires.
Sous cet angle principal se profilait une double interrogation subordonnée :
D'une part, l'appréciation par l'agente de garde de l'absence supposée de gravité d'un tableau clinique ou l'argument tiré de conditions de travail éprouvantes peuvent-ils l'exonérer de son obligation réglementaire de se présenter sur les lieux de travail dans le délai prescrit dès lors que sa présence a été sollicitée par les agents de surveillance pénitentiaire ?
D'autre part, la sanction statutaire de déplacement forcé avec ajustement de la structure salariale, prononcée sur le fondement de manquements disciplinaires répétés affectant la continuité des soins, respecte-t-elle les impératifs de légalité et de proportionnalité régissant le droit disciplinaire de la fonction publique andorrane ?
B. Le raisonnement et la motivation de la cour
La Sala Administrativa confirme sans réserve la décision des premiers juges ainsi que la sanction gouvernementale, articulant son analyse autour d'une confrontation méthodique des faits établis avec le cadre statutaire et réglementaire applicable.
À titre liminaire, le Tribunal assoit sa compétence juridictionnelle sur l'article 39.3 de la loi qualifiée sur la Justice (Llei qualificada de la Justícia).
Sur le fond, la juridiction valide un par un les constats dressés par l'instruction administrative, qualifiant chacun des quatre événements de faute grave :
Sur l'incident du 2 novembre 2015 : La juridiction retient que Mme Ropero a expressément refusé de se déplacer au centre pénitentiaire pour quérir et délivrer les médicaments prescrits aux deux détenues par le service des urgences hospitalières. Relevant qu'il est avéré que les patientes n'ont reçu leur traitement que le lendemain après-midi et ont souffert pendant la nuit, la cour balaie l'argument de l'agente affirmant avoir agi « avec diligence ». L'abstention fautive a directement perturbé le fonctionnement du service public et privé les détenues de soins indispensables, justifiant la qualification de faute grave.
Sur l'incident du 5 décembre 2015 : Constatant que l'agente a elle-même admis ne pas s'être munie du téléphone de garde, la juridiction juge inopérant le moyen tiré de ce que l'administration n'aurait composé son numéro qu'à une seule reprise. En vertu de l'article 12 du Règlement des systèmes de compensation du 31 décembre 2013, l'astreinte localisable exige expressément que l'agent conserve les moyens techniques permettant sa réquisition à tout instant afin de garantir la continuité du service public. L'impossibilité de la joindre ayant créé un péril potentiel pour la santé d'un détenu en état léthargique, la faute grave est caractérisée.
Sur l'incident du 12 janvier 2016 : La cour relève que l'infirmière s'est délibérément soustraite à son obligation d'intervention immédiate, n'obtempérant qu'après une mise en demeure formelle de l'officier de garde plus d'une heure après l'alerte relative à la blessure d'une détenue. Ses récriminations sur le caractère prétendument « inhumain » de ses conditions d'exercice et son refus initial d'assurer sa permanence caractérisent une méconnaissance fautive des sujétions de garde, doublée d'un manque d'égards caractérisé.
Sur l'incident du 16 janvier 2016 : Rejetant l'allégation selon laquelle l'agente n'aurait pas été requise, le Tribunal retient qu'il appartient par essence à la mission d'une infirmière chargée de veiller sur la santé des personnes privées de liberté de procéder in situ aux vérifications cliniques et diagnostiques nécessaires. Elle ne pouvait de sa propre autorité, et à distance, présumer que le détenu « feignait » sa condition morbide pour refuser de se déplacer.
Au plan textuel, la Sala Administrativa fonde la légalité de la sanction sur la combinaison étroite des dispositions réglementaires régissant les gardes et du statut général des fonctionnaires :
Les articles 12 et 13 du Règlement du 31 décembre 2013 définissent la disponibilité hors de la journée de travail comme une sujétion d'astreinte imposant à l'agent de demeurer localisable, de rester sur le territoire national ou à une distance permettant un déplacement sur site en trente minutes au plus, et de se présenter physiquement là où il est requis. Ce dispositif est corroboré par la circulaire interne d'infirmerie 01/15 du 19 janvier 2015 qui réitère l'obligation de se rendre au centre pour apprécier la situation médicale in situ.
La cour souligne avec gravité que la réitération de ces comportements sur un laps de temps particulièrement court porte atteinte au principe fondamental de continuité du service public, lequel revêt une acuité et une importance particulières dans le secteur de la préservation de la santé en milieu carcéral.
Ces manquements tombent directement sous le coup de l'article 70 de la loi sur la fonction publique (Llei de la funció pública du 15 décembre 2000), qui érige au rang de fautes graves :
en son point b), l'indiscipline ou le défaut d'obéissance due aux supérieurs hiérarchiques et aux autorités ;
en son point h), le manque grave d'égards et la déconsidération envers le public, les supérieurs, les subordonnés ou les collègues.
En conséquence de quoi, le recours à la mesure disciplinaire de réassignation obligatoire vers un autre poste de travail assortie d'un réalignement salarial, expressément prévue par l'article 72, sous b), de la même loi pour sanctionner les fautes graves, apparaît pleinement justifié. Constatant que la sanction administrative est conforme au droit et poursuit des fins légitimes d'intérêt général, le Tribunal supérieur de justice prononce le rejet de l'appel.
Actionable legal checkpoints for pleadings, contracts, and client advisory
Andorre
1. Pleadings & Standard of Review
Cite Tribunal Superior de Justícia d’Andorra (64/17) as primary authority on the operative ratio decidendi; verify alignment between factual findings and the statutory basis invoked.
2. Contractual & Advisory Audit
Review existing clauses, representations, and compliance protocols under AD law to ensure every condition required by this ruling is explicitly documented.
3. Evidentiary & Procedural Burden
Consolidate contemporaneous documentary exhibits establishing each constituent element verified by Tribunal Superior de Justícia d’Andorra before filing submissions.
PART II — AUTHENTIC ORIGINAL JUDGMENT & VERBATIM RECORD
AndorreEscut oficial del Principat d’Andorra & Tribunal Superior de Justícia
PRINCIPAT D’ANDORRA
ADMINISTRACIÓ DE JUSTÍCIA — EN NOM DEL POBLE ANDORRÀ
Tribunal Superior de Justícia d’Andorra
Virtus Unita Fortior · Justícia d’Andorra
Case Reference / Docket64/17
Judgment Date19 February 2018
Holding / DispositionConfirmation
Official Registryhttps://jurisprudencia.poderjudicial.es/andorra/
Sentència
Núm. de Protocol: 2000018/2017 Núm. de Rotlle: TSJA-0000064/2017
SENTÈNCIA 7-2018
PARTS:
Apel·lant: Sra. Ropero
Representant: Sr. Durán
Advocada: Sra. Salamanca
Apel·lat: GOVERN D'ANDORRA
Representant: Sra. Manzanares
Advocada: Sra. Carranza
M. I. Sra. Elsa Puig Muñoz
Andorra la Vella, dinou de febrer de dos mil divuit.
El Tribunal Superior de Justícia, Sala Administrativa, ha vist el recurs d'apel·lació a les actuacions número 2000018/2017.
En la tramitació d'aquestes actuacions han estat observades les prescripcions legals, i ha estat ponent el magistrat Sr. Bernard Plagnet, el qual expressa el parer del Tribunal.
Sources citées
1 référence
Jurisprudence (1)
[1]
Tribunal Superior de Justícia d’Andorra, n° 64/17 — Décision commentée
Faits du 16 janvier 2016 (mentionnés comme survenus le 18 janvier 2016 dans les conclusions en défense du Gouvernement) : Sollicitée par voie téléphonique alors qu'elle assurait sa garde pour venir examiner un détenu malade, Mme Ropero a refusé d'effectuer le déplacement vers le centre pénitentiaire, soutenant devant les agents qu'il ne s'agissait pas selon elle d'une situation urgente et émettant l'hypothèse que le détenu était susceptible de simuler sa pathologie (« feia comèdia »).
4. Official Source Verification
Cross-check the authentic verbatim text in Part II and the SHA-256 cryptographic hash prior to formal production before the court.
ANTECEDENTS DE FET
1.- La Sra. Ropero va interposar demanda jurisdiccional contra la resolució del GOVERN D'ANDORRA del 22 de desembre de 2016 mitjançant la qual s'imposa a la interessada una sanció de reubicació obligatòria en el lloc de treball d'infermera de l'Àrea Mèdica del Departament d'immigració del Ministeri d'Afers Socials, Justícia i Interior.
2.- En la sentència del 31 de maig de 2017 el Tribunal de Batlles va desestimar la demanda promoguda per la Sra. Ropero.
3.- En el seu escrit d'apel·lació de data 31 de juliol de 2017, la Sra. Ropero estima en substància:
sobre els fets ocorreguts el dia 2 de novembre de 2015: l'Administració ha efectuat una aplicació estricta i certament desproporcionada de la norma;
sobre els fets ocorreguts el dia 5 de desembre de 2015: la podien localitzar al seu telèfon personal i només es va realitzar un únic intent de localitzar-la;
sobre els fets ocorreguts el dia 12 de gener de 2016: va donar la solució per telèfon i fou quan li demanà expressament un superior que es va desplaçar al Centre Penitenciari;
sobre els fets ocorreguts el dia 16 de gener de 2016: la Sra. Ropero aquell dia no la van requerir, la van informar i davant els fets l'agent li comunicà que la seva presència no era necessària.
La Sra. Ropero ha confirmat els seus arguments en el seu escrit de conclusions de data 23 d'octubre de 2017.
4.- En la seva contesta de data 25 de setembre de 2017, el GOVERN D'ANDORRA estima en substància:
és important ressaltar d'una banda, el criteri de continuïtat dels serveis públics i d'altra banda, l'obligatorietat del compliment de les guàrdies localitzables i de la presència efectiva al lloc de treball;
el dia 2 de novembre de 2015: davant el requeriment, la seva obligació era desplaçar-se al Centre Penitenciari i gestionar l'afer de forma directa;
el dia 5 de desembre de 2015: la interessada no podia, sense cometre una falta, desprendre's del telèfon mòbil personal mentre es trobava de guardià;
el dia 12 de gener de 2016: va ser requerida fins a 3 vegades i no va ser fins l'ordre de l'oficial de guardià que es va personar;
el dia 18 de gener de 2016: la interessada s'hi havia de desplaçar ja que estava de guàrdia i fou requerida a l'efecte;
la tipificació ha estat la correcta i la sanció proporcional provada la intencionalitat manifesta de la Sra. Ropero en la seva actuació.
El Govern ha confirmat els seus arguments en el seu escrit de conclusions de data 19 d'octubre de 2017.
5.- Trameses les actuacions a aquesta Sala, s'ha designat el magistrat ponent i han quedat vistes les actuacions per a deliberar i decidir.
6.- Per providència de data 28 de setembre de 2017, el ponent ha decidit no donar lloc a la pràctica de les proves sol·licitades per la part apel·lant en el seu escrit de recurs.
FONAMENTS DE DRET
Primer.- Competència
El Tribunal Superior, Sala Administrativa, és competent per conèixer el recurs, en aplicació de l'article 39.3 de la Llei qualificada de la Justícia.
Segon.- La Sra. Ropero és infermera adscrita al Departament penitenciari del Ministeri d'Afers Socials, Justícia i Interior.
Per resolució de data 26 d'agost de 2016, la Secretària d'Estat de la Funció Publica resol:
"- declarar que la Sra. Ropero és responsable de la comissió de quatre faltes greus;
imposar a la infermera Ropero la sanció de reubicació obligatòria en el lloc de treball de l'Àrea Mèdica del Departament d'Immigració, del Ministeri d'Afers Socials, Justícia i Interior" (foli 28).
Per resolució de data 22 de desembre de 2016, el GOVERN D'ANDORRA ha confirmat aquella resolució (foli 33).
Tercer.- La sanció es motiva per quatre sèries de fets: 1.- Fets del dia 2 de novembre de 2015
En l'informe de la instrucció es va escriure:
"És un fet admès per la interessada que essent requerida durant el seu servei de guàrdia per desplaçar-se al Centre Penitenciari i anar a buscar la medicació pautada pel servei d'urgències de l'Hospital Nostra Sra. de Meritxell per dues pacients es negà a fer-ho.
Que ha quedat que el Servei d'urgències no administra la medicació per no disposar-ne.
Que ha quedat demostrat que les internes no varen rebre la medicació aquella nit i que varen patir dolors durant la nit.
Que la medicació no els fou administrada fins a les 15 h" (foli 104). L'agent del Departament d'Institucions Penitenciàries va escriure el 3 de novembre de 2015: "He trucat al CECO donant l'ordre de trucar a la infermera i l'agent AP00 m'ha dit que han estat provant de trucar-la i no ha agafat el telèfon de guàrdia" (foli 149).
En resposta a l'instructor, la infermera Sra. Guerrero escriu en data 20 d'abril de 2016: "En els registres d'infermeria, en el full de seguiment del dia 3/11/2015, constat que la infermera de tarda va administrar dit tractament a les 15 h" (foli 93).
En el seu escrit d'apel·lació, la Sra. Ropero estima que "va efectuar de forma diligent la seva feina i va dir a l'agent que el medicament s'hauria d'encarregar a la farmàcia proveïdora per matí, i així ho va fer". Però s'ha acreditat que "durant la nit les internes s'han estat queixant del dolor" (foli 149).
Per conseqüent, s'ha de confirmar l'apreciació de l'instructor segons la qual aquests fets poden ser qualificats de falta greu: les internes necessitaven l'assistència de la infermera i van passar la nit sense rebre la medicació pautada i "pertorbat el servei durant aquella nit a causa de la seva negativa a desplaçar-se" (foli 105).
2.- Fets del dia 5 de desembre de 2015
Segons l'informe d'instrucció, "ha quedat evidenciat per la confessió de la interessada que tot i estar de guardià no tenia el telèfon mòbil de guàrdia" (foli 104).
Segons el testimoni de l'agent penitenciari: "He trucat a la infermera de guàrdia, Sra. Ropero, i el seu mòbil i fixa no contestaven a les 17 h 30. Doncs he tingut que esperar que arribes la Sra. M. del HNSM perquè fes una avaluació del dit intern, doncs estava en un estat letàrgic una mica preocupant, el van extraure del vis a vis en cadira de rodes perquè no es aguantava dret" (foli 156).
En el seu escrit d'apel·lació la Sra. Ropero escriu que "només es va realitzar un únic intent de localitzar-la". Però aquest argument no pot prosperar atès que en els termes del Reglament de sistemes de compensació (v. més amunt), "fora de la seva jornada laboral ordinària ha de presentar-se en el lloc on se'l requereixi" i, és per a complir aquesta missió que la infermera havia de guardar el seu telèfon de guàrdia.
Es pot constatar que la seva abstenció podia presentar un perill per la salut de les internes; per aquests motius, aquests fets s'han de qualificar de falta greu.
3.- Fets del dia 16 de gener de 2016
Segons l'informe d'instrucció: "que no es desplaçà fins que fou intimada per efectuar la preceptiva valoració sense la qual el trasllat de la interna no es podia efectuar" (foli 105).
Segons el testimoni de l'agent penitenciari:
"En data d'avui i vers les 22 h he estat informat, per els agents destinats al control operatiu que la interna Barba havia trucat que havia caigut dins de la cel.la i que li feia molt mal el canell (...).
La infermera en diu que ella no vindrà al centre que es passa tot el dia al centre i que no vindria. Ens va recalcar que no vindria perquè feia quinze dies que està sola al centre i que ella també te vida fora i que era inhumà lo que estaven fent amb ella (...).
Vers les 23 h 15 vaig tornar ha trucar a la Sra. infermera per comunicar-li lo que l'oficial de guàrdia m'havia dit, em va tornar ha recalcar que era una injustícia inhumana lo que estaven fent amb ella, va accedir ha vindre per valorar la interna, però em va dir que vindria, aniria a la cel.la i la enviaria vers l'hospital sense res més.
Vers les 23h 32 entra al centre la infermera de guàrdia per visitar a l'interna i donar l'autorització per portar l'interna vers l'hospital.
Tot seguit la infermera deixa el centre a la 23h 36" (foli 161).
En l'escrit d'apel·lació la interessada es limita a indicar que aquell dia es va desplaçar. Però es pot constatar que la Sra. Ropero va tardar a desplaçar-se al Centre Penitenciari i la interna va patir durant més d'una hora. A més, es pot constatar que la infermera es va quedar poc temps en el centre (uns 4 minuts segons el testimoni de l'agent penitenciari, v. més amunt).
Es pot concloure que la Sra. Ropero no ha respectat les obligacions que comporta el fet d'estar de guàrdia i aquesta actitud és una falta greu.
4.- Fets del 16 de gener de 2016
Segons l'informe d'instrucció, "els fets han quedat acreditats per la confessió de la interessada que reconeix no haver-se desplaçat tot i estar de guàrdia, considerant que l'intern afectat podia estar fent comèdia i que no era una urgència" (foli 105).
Segons els testimonis dels agents penitenciaris: "Després d'una consulta telefònica amb la infermera de guàrdia, Sra. Ropero, ha considerar que no era necessari que baixes, que per ella no era una urgència" (foli 144).
En el seu escrit d'apel·lació, la Sra. Ropero contesta que "aquell dia no la van requerir, la van informar i davant els fets l'agent li comunica que la seva presència no és necessària".
Però, la feina d'infermera, encarregada de la protecció de la salut dels interns, és precisament la de verificar el diagnòstic i, per aquest motiu, la interna necessitava la seva intervenció.
Per consegüent, aquest fets s'ha de qualificar de falta greu.
Quart.- Resulta clarament d'aquesta relació dels fets que la Sra. Ropero ha passat per alt les seves obligacions previstes pel reglament que li és aplicable:
Reglament de sistemes de compensació del 31 de desembre de 2013
Article 12.- Disponibilitat fora de la jornada laboral
La disponibilitat fora de la jornada laboral és la circumstància per la qual el personal de l'Administració general es troba en situació de disponibilitat per guàrdia localitzable, fora de la seva jornada laboral ordinària durant una permanència horària obligatòria determinada, a fi que l'Administració general pugui garantir la prestació continuada del servei.
Aquesta disponibilitat implica quedar-se dintre del territori nacional o a una distància que permeti el desplaçament al lloc de treball en mitja hora com a màxim. L'Administració general ha de proveir els sistemes de localització necessaris per poder dur a terme la guàrdia localitzable.
Aquesta circumstància es compensa econòmicament per setmana de guàrdia (128 hores), o la part proporcional de les hores emprades amb l'import que s'estableix en l'annex 1."
Article 13.- Presència efectiva en el lloc de treball durant una guàrdia localitzable
"1. La presència efectiva en el lloc de treball durant una guàrdia localitzable és la circumstància per la qual el personal de l'Administració general que es troba en situació de disponibilitat per guàrdia localitzable, fora de la seva jornada laboral ordinària, ha de presentar-se en el lloc on se'l requereixi (la negreta és nostra).
La presència efectiva al treball es compensa com a hores extraordinàries que es computen en franges de mitja hora a més d'1 hora extraordinària suplementària, la qual inclou el temps i la despesa del desplaçament.
Les hores de presència efectiva en el lloc de treball, es compensen d'acord amb l'article 8, i es computen, a efectes del límit d'hores extraordinàries, d'acord amb la disposició addicional segona"
A la circular d'infermeria 01/15 de data 19 de gener de 2015, el Director del Departament d'Institucions Penitenciàries escriu:
"Les guàrdies telefòniques seran assumides per la infermera que efectuarà torn de tarda o partit el mateix dia.
Si estan de guàrdia i estan requerides al Centre s'han de desplaçar per valorar la situació in situ, aquesta disponibilitat implica quedar-se dins el territori nacional o a una distància que permeti el desplaçament al lloc de treball en mitja hora com a màxim, tal com estableix l'article 12, punt 2 del reglament de la disponibilitat fora de la jornada laboral" (foli 165).
A més, quatre faltes greus han estat comeses en un termini breu i aquest comportament afecta la prestació continuada del servei públic. S'ha de subratllar que aquesta continuïtat presenta una importància particular en l'àmbit de la protecció de la salut.
Per aquests motius, s'han d'aplicar les disposicions de l'article 70 de la Llei de la funció pública:
Article 70 Faltes greus
"Es consideren faltes greus (...)
b) La indisciplina o la falta d'obediència deguda als superiors i les autoritats (...).
h) La desconsideració greu amb el públic, els superiors, els subordinats o els companys."
Per tant resulta aplicable l'article 72 b) de la Llei de la funció pública:
"Sancions disciplinàries
(...) b) Per la comissió d'una falta greu: Reubicació obligatòria a un altre lloc de treball, amb l'adaptació corresponent de l'estructura salarial al nou lloc de treball".
Per conseqüent, s'ha de desestimar el recurs d'apel·lació presentat per la representació processal de la Sra. Ropero.
Cinquè.- No s'aprecien circumstàncies determinants d'una especial condemna al pagament de les despeses d'aquesta segona instància.
DECISIÓ
En atenció a tot el que s'ha exposat, el Tribunal Superior de Justícia, Sala Administrativa, en nom del poble andorrà, decideix:
Primer.- Desestimar el recurs d'apel·lació formulat per la representació processal de la Sra. Ropero.
Segon.- Confirmar la sentència recorreguda i declarar que la resolució del Govern de data 22 de desembre de 2016 mitjançant la qual s'imposa a la Sra. Ropero una sanció de reubicació obligatòria en el lloc de treball de infermera de l'Àrea Mèdica del Departament d'Immigració del Ministeri d'Afers Socials, Justícia i Interior, amb l'adaptació corresponent de l'estructura salarial al nou lloc de treball, és ajustada a dret i als fins que legitimen l'activitat administrativa.
Tercer.- De no efectuar cap condemna en costes.
Aquesta sentència és ferma i executiva.
Manem que una vegada s'hagi complert el que disposa l'article 76 de la Llei de la Jurisdicció Administrativa i Fiscal es lliurin els autes originals amb la certificació d'aquesta sentència al Tribunal de Batlles, Secció Administrativa del qual procedien, i que s'arxivin les actuacions del Tribunal.
Així, per aquesta nostra sentència, definitivament jutjant, ho manem i signem.