JURISPRUDENCE — Principauté d'Andorre — Tribunal Superior de Justícia d’Andorra — Contrôle de qualification et de motivation — confirmation
Massima Analitica Korpus — Il résulte de la décision rendue le 24 avril 2018 (n° 425/17) par Tribunal Superior de Justícia d’Andorra (Principauté d'Andorre), statuant au visa de droit positif applicable en Principauté d'Andorre, que l'application des règles régissant le domaine « jurisprudence » exige une caractérisation précise des éléments de fait et de droit soumis au débat contradictoire, sous le contrôle de légalité ordinaire (TSJA) et garantie du droit fondamental à une juridiction et à une décision motivée en droit au titre de l’article 10 de la Constitució del Principat d’Andorra (recurs d’empara) (confirmation).
L'essentiel en 30 secondes — Ce qu'il faut retenir
- Règle directrice & sens de l'arrêt : Tribunal Superior de Justícia d’Andorra consacre une lecture rigoureuse des conditions d'application de droit positif applicable en Principauté d'Andorre (confirmation), renforçant la sécurité juridique des parties en Principauté d'Andorre.
- Exigence probatoire immédiate : toute prétention fondée sur ce dispositif doit désormais être étayée par des pièces circonstanciées démontrant la réunion cumulative des critères légaux dès la phase de première instance ou d'appel.
- Impact sur les dossiers en cours : d'application immédiate aux instances pendantes (effet déclaratif de la jurisprudence), cet arrêt commande d'auditer l’épuisement préalable des voies de recours ordinaires devant la Batllia et le TSJA avant tout recours d’empara constitutionnel, ainsi que la conformité aux lois qualifiées publiées au BOPA afférents au domaine jurisprudence.
STSJAD 130/2018 (Tribunal Superior de Justícia d'Andorra, Sala Civil, 24 avril 2018)
Décision commentée : STSJAD 130/2018, ECLI:AD:TSJADAD:2018:130 (Lire sur source officielle)
Note méthodologique : la référence canonique fournie dans les métadonnées (« Juridiction andorrane, — ») étant incomplète, la référence figurant dans le texte intégral (ROJ STSJAD 130/2018 ; ECLI:AD:TSJADAD:2018:130) a été retenue. Le résumé « Resum I.A. » figurant en tête de la décision n'est pas un élément de la motivation du tribunal ; il n'a pas été utilisé comme source.
Faits et procédure
Le 13 mars 2015, une transaction extrajudiciale est conclue entre les parties. Aux termes de son pacte quatrième (folio 33), les Srs Blasco et Daza se constituent avalistes solidaires de la société A SL, dans la limite de 70 % de la dette existante. Cette limite correspond à la proportion du capital social que les deux associés détiennent dans la société.
Faute d'exécution, M. Catalá engage une action au cours de la procédure ordinaire devant le Tribunal de Batlles (demande enregistrée le 27 septembre 2016). Il sollicite la condamnation solidaire des défendeurs au paiement de 48 760,18 euros, dans la limite de 70 % pour les avalistes, ainsi que d'une somme de 27 565,62 euros, avec intérêts de retard au taux de 2,5 % annuel à compter du 16 mai 2016, et des dépens.
Par jugement du 26 juillet 2017, le Tribunal de Batlles fait droit à l'intégralité de la demande. Il condamne les défendeurs à verser 34 132,13 euros (soit 70 % de 48 760,18 euros), plus 27 565,62 euros, avec intérêts, et les dépens.
Les Srs Blasco et Daza interjettent appel. Ils demandent la réformation du jugement et le rejet total de la demande, sans préjudice des prétentions dirigées contre la société A SL, dont la procédure de faillite est en cours. Ils invoquent deux moyens : une appréciation erronée de la preuve, tirée de la violation du principe de responsabilité limitée des associés, et la nullité de l'aval pour défaut de consentement ou dol. M. Catalá conclut au rejet de l'appel.
Par ordonnance du 15 mars 2018, la Cour refuse une mesure probatoire demandée par l'intimé, consistant en la production d'une copie de l'acte constitutif de la société A SL « per a millor proveir ». La décision est rendue par la Sala Civil, composée de MM. Joan Manel Abril Campoy (magistrat rapporteur et président) et Vincent Anière et Mme Eulàlia Amat Llari.
Question de droit
La Cour doit trancher deux questions :
- La responsabilité limitée des associés fait-elle obstacle à la condamnation d'associés qui se sont portés avalistes solidaires d'une dette sociale ?
- Un aval solidaire, contenu dans une transaction extrajudiciale, peut-il être annulé pour absence de consentement ou pour dol, la preuve de ces vices reposant-elle sur la partie qui les invoque ?
Un troisième point, traité de manière incidente, porte sur le déséquilibre allégué des prestations. Il s'agit de savoir si ce déséquilibre constitue en lui-même un motif d'invalidité du contrat en droit andorran.