JURISPRUDENCE — Principauté d'Andorre — Tribunal Superior de Justícia d’Andorra — Contrôle de qualification et de motivation — cassation totale
Sumário Analítico Korpus — Il résulte de la décision rendue le 10 juin 2021 (n° 17/21) par Tribunal Superior de Justícia d’Andorra (Principauté d'Andorre), statuant au visa de droit positif applicable en Principauté d'Andorre, que l'application des règles régissant le domaine « jurisprudence » exige une caractérisation précise des éléments de fait et de droit soumis au débat contradictoire, sous le contrôle de légalité ordinaire (TSJA) et garantie du droit fondamental à une juridiction et à une décision motivée en droit au titre de l’article 10 de la Constitució del Principat d’Andorra (recurs d’empara) (cassation totale).
L'essentiel en 30 secondes — Ce qu'il faut retenir
- Règle directrice & sens de l'arrêt : Tribunal Superior de Justícia d’Andorra consacre une lecture rigoureuse des conditions d'application de droit positif applicable en Principauté d'Andorre (cassation totale), renforçant la sécurité juridique des parties en Principauté d'Andorre.
- Exigence probatoire immédiate : toute prétention fondée sur ce dispositif doit désormais être étayée par des pièces circonstanciées démontrant la réunion cumulative des critères légaux dès la phase de première instance ou d'appel.
- Impact sur les dossiers en cours : d'application immédiate aux instances pendantes (effet déclaratif de la jurisprudence), cet arrêt commande d'auditer l’épuisement préalable des voies de recours ordinaires devant la Batllia et le TSJA avant tout recours d’empara constitutionnel, ainsi que la conformité aux lois qualifiées publiées au BOPA afférents au domaine jurisprudence.
I. Faits, cadre procédural et anatomie des moyens
A. Origine du litige et prétentions des parties
STSJAD 149/2021 (Tribunal Superior de Justícia d'Andorra, Sala Administrativa, 10 juin 2021)
Décision commentée : STSJAD 149/2021, ECLI:AD:TSJADAD:2021:149 (Lire sur source officielle)
Faits et procédure
Mme Bueno sollicite auprès de la Caixa Andorrana de Seguretat Social (CASS) une pension d'invalidité pour maladie commune du groupe 2, ainsi qu'un complément non contributif. La CASS rejette ces demandes par deux décisions datées des 7 janvier 2019 et 30 avril 2019. L'intéressée saisit la juridiction de première instance.
Le contexte procédural est déterminant. Une demande antérieure, formée le 1er septembre 2016, avait été rejetée par la CASS le 10 octobre 2016. Cette décision a été confirmée par un jugement du 10 janvier 2018, devenu définitif. L'expert judiciaire de cette première procédure avait constaté un degré d'incapacité insuffisant pour ouvrir droit à la prestation.
Le Tribunal unipersonnel du Batlle (sentence n° 1/2021 du 7 janvier 2021) fait droit à la demande et reconnaît le droit à la pension de groupe 2 et au complément non contributif. La CASS interjette appel. Elle soutient, en substance, que l'expertise du Dr Manzanares, psychiatre, a été retenue « sans plus de considérations » ; que le taux de 60 % qu'il propose est excessif au regard des examens cliniques ; et que l'intéressée conserve une capacité résiduelle de travail, ce que reconnaît l'expert lui-même. La CASS relève par ailleurs que la Commission de valoración médica a retenu un taux de 20 % pour la dysthymie, puis que le service de contrôle sanitaire a fixé la perte totale à 32 %.
L'intimée conclut à la confirmation du jugement. Les parties ayant obtenu la substitution de l'audience orale par une procédure écrite, la Cour statue sur le dossier.
Question de droit
La question posée est double, bien que la juridiction ne la formule pas expressément comme telle. Il s'agit, d'une part, de déterminer si, au vu des rapports médicaux versés au dossier, la requérante présente une réduction de sa capacité de gain supérieure à 60 % en raison de pathologies psychiques (troubles dysthymiques et agoraphobie). D'autre part, il convient de qualifier juridiquement la condition d'appartenance au groupe 2 de l'article 169 de la loi de sécurité sociale.
Le cadre normatif mobilisé comprend la loi n° 17/2008 du 3 octobre 2008 sur la sécurité sociale (LSS). Selon le considérant second, l'invalidité pour maladie commune est une situation résultant d'une détérioration prématurée de l'organisme, médicalement constatée, présumée définitive, et produisant une réduction d'au moins 60 % de la capacité de gain (la décision mentionne l'article 166, alors que la liste de législation annexée renvoie aux articles 168 à 170). L'article 168 prévoit que la détermination du degré d'invalidité s'effectue à partir de barèmes techniques, en tenant compte principalement de l'état général de la personne et, à titre complémentaire, de l'âge, des facultés physiques et mentales, et des aptitudes professionnelles. L'article 169 répartit les bénéficiaires en deux groupes : le groupe 1 pour les personnes pouvant continuer à travailler, et le groupe 2 pour celles qui sont incapables d'exercer toute activité professionnel
Dans l'espèce soumise à l'appréciation de Tribunal Superior de Justícia d’Andorra, le différend s'est noué autour de l'application des règles régissant le domaine jurisprudence au sein de l'ordre juridique de Principauté d'Andorre.
« El Tribunal Superior de Justícia, Sala Administrativa, ha vist el recurs d'apel·lació a les actuacions número 1000039/2019. »
B. Déroulement de l'instance et structure des moyens soulevés
Saisie suivant les formes et délais prescrits par le droit processuel applicable devant les juridictions de Principauté d'Andorre, Tribunal Superior de Justícia d’Andorra devait vérifier la régularité des moyens articulés ainsi que la qualification juridique exacte des faits constatés. La décision inscrite sous la référence STSJAD ANDORRA, a 10 de juny del 2021 - ROJ: STSJAD 149/2021 confronte la thèse soutenue par le demandeur au recours aux constatations opérées par les juges du fond.
II. Visa, syllogisme juridictionnel et intensité du contrôle (Sens de la décision)
A. Le problème de droit et les textes de référence mobilisés
La question déterminante posée à Tribunal Superior de Justícia d’Andorra consistait à déterminer dans quelle mesure les constatations opérées au fond et l'interprétation des textes invoqués justifiaient la solution retenue (cassation_totale), au regard des exigences d'équilibre probatoire et de légalité matérielle. L'analyse juridique s'articule autour des dispositions suivantes :
B. Articulation du syllogisme et qualification de la nature du contrôle
Pour trancher le litige, Tribunal Superior de Justícia d’Andorra procède à une confrontation rigoureuse entre la majeure normative et la mineure factuelle :
« En la tramitació d'aquestes actuacions han estat observades les prescripcions legals, i ha estat ponent la magistrada Sra. Elsa Puig Muñoz, la qual expressa el parer del Tribunal. »
Sur le plan de la technique juridictionnelle propre à Principauté d'Andorre, la Cour met en œuvre un contrôle de légalité ordinaire (TSJA) et garantie du droit fondamental à une juridiction et à une décision motivée en droit au titre de l’article 10 de la Constitució del Principat d’Andorra (recurs d’empara), refusant toute motivation par voie d'affirmation générale qui priverait la décision de base légale vérifiable.
III. Généalogie jurisprudentielle et cohérence systémique (Valeur de la décision)
A. Dispositif et positionnement dans la lignée jurisprudentielle
Au terme de sa démonstration, la juridiction prononce son dispositif dans les termes suivants :
« Així, per aquesta nostra sentència, definitivament jutjant, ho manem i signem. »
Sur le plan généalogique, cet arrêt s'inscrit dans une dynamique de consolidation et de précision méthodologique de la jurisprudence de Tribunal Superior de Justícia d’Andorra en Principauté d'Andorre. Sans opérer de rupture brutale avec les solutions antérieures, il affine les critères d'appréciation et délimite strictement la frontière entre l'appréciation souveraine des éléments de preuve et le contrôle normatif.
IV. Portée opérationnelle et Playbook Praticien (En demande · En défense · Contrats)
A. Stratégie contentieuse : écritures en demande et en défense
- En demande (structuration du moyen) : articuler les conclusions en démontrant point par point chacun des critères exigés au visa de droit positif applicable en Principauté d'Andorre ; produire les pièces matérielles datées et éviter toute allégation générale non corroborée ;
- En défense (neutralisation et distinguishing) : opposer l'absence de caractérisation cumulative des conditions légales ou opérer une distinction factuelle (distinguishing) en démontrant que les circonstances de l'espèce diffèrent du cadre tranché le 10 juin 2021 par Tribunal Superior de Justícia d’Andorra ;
- Ingénierie contractuelle et audit d'actes : mettre à jour l’épuisement préalable des voies de recours ordinaires devant la Batllia et le TSJA avant tout recours d’empara constitutionnel, ainsi que la conformité aux lois qualifiées publiées au BOPA (clauses de définition, répartition de la charge probatoire, notifications formelles) soumis au droit de Principauté d'Andorre.
B. Les « silences de la Cour » et points de vigilance procédurale
L'arrêt laisse volontairement en réserve les hypothèses marginales non soumises au débat contradictoire par les parties (principe dispositif). Les praticiens veilleront à sécuriser les délais de prescription et de forclusion applicables ainsi que l'articulation éventuelle avec les standards européens (CEDH / CJUE) dans les litiges transfrontaliers.