ISSN 3002-914X · DOI 10.58079/korpus.9adeba52 · Dossier Bipartite (I. Doctrine + II. Minute Originelle)
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PRINCIPAT D’ANDORRA·Tribunal Superior de Justícia d’Andorra·N° 328/22·17 juillet 2023·Confirmation
STSJAD ANDORRA, a 17 de juliol del 2023 - ROJ: STSJAD 205/2023
Juridiction / SourceTribunal Superior de Justícia d’Andorra (cassation)
Référence / Rôle328/22
Domaine juridiquejurisprudence
Empreinte SHA-2560000000000000000…
Sommaire analytique Korpus & Points de droit essentiels (1)
1.Principe jurisprudentiel (Tribunal Superior de Justícia d’Andorra, ECLI:AD:TSJADAD:2023:205) — En matière de droit_commercial, la juridiction statue par confirmation et précise les conditions d'application de la règle de droit au regard de l'objet du litige (STSJAD ANDORRA, a 17 de juliol del 2023 - ROJ: STSJAD 205/2023).
PARTIE I
Commentaire Doctrinal & Analyse Scientifique Korpus
JURISPRUDENCE — Principauté d'Andorre — Tribunal Superior de Justícia d’Andorra — Contrôle de qualification et de motivation — confirmation
Sommaire analytique Korpus — Thèse & Solution de droit
Sommaire analytique Korpus — Il résulte de la décision rendue le 17 juillet 2023 (n° 328/22) par Tribunal Superior de Justícia d’Andorra (Principauté d'Andorre), statuant au visa de droit positif applicable en Principauté d'Andorre, que l'application des règles régissant le domaine « jurisprudence » exige une caractérisation précise des éléments de fait et de droit soumis au débat contradictoire, sous le contrôle de légalité ordinaire (TSJA) et garantie du droit fondamental à une juridiction et à une décision motivée en droit au titre de l’article 10 de la Constitució del Principat d’Andorra (recurs d’empara) (confirmation).
L'essentiel en 30 secondes — Ce qu'il faut retenir
Règle directrice & sens de l'arrêt : Tribunal Superior de Justícia d’Andorra consacre une lecture rigoureuse des conditions d'application de droit positif applicable en Principauté d'Andorre (confirmation), renforçant la sécurité juridique des parties en Principauté d'Andorre.
Exigence probatoire immédiate : toute prétention fondée sur ce dispositif doit désormais être étayée par des pièces circonstanciées démontrant la réunion cumulative des critères légaux dès la phase de première instance ou d'appel.
Impact sur les dossiers en cours : d'application immédiate aux instances pendantes (effet déclaratif de la jurisprudence), cet arrêt commande d'auditer l’épuisement préalable des voies de recours ordinaires devant la Batllia et le TSJA avant tout recours d’empara constitutionnel, ainsi que la conformité aux lois qualifiées publiées au BOPA afférents au domaine jurisprudence.
STSJAD, Sala Civil, 17 de juliol del 2023, núm. 205/2023 (Recurs 328/22)
Extrait certifié — Reproduction verbatim
Décision commentée : Tribunal Superior de Justícia d'Andorra, Sala Civil, 17 de juliol del 2023, núm. 205/2023, recurs 328/22 (Lire sur source officielle)
✦ ⁂ ✦
I. Le contexte factuel et procédural
A. Les faits à l'origine du litige
Le litige s'inscrit dans le cadre de l'exécution d'un bail d'habitation conclu pour une durée de cinq ans et portant sur l'appartement 4 du bloc A (deuxième étage) de l'immeuble dénommé « Edifici E », sis à une adresse non précisée dans la décision (désignée « XXXX »). Bien qu'aucun contrat écrit n'ait été formellement versé aux débats, l'existence de la relation locative et ses modalités financières de base ne font l'objet d'aucune contestation entre les parties : le loyer mensuel était convenu à la somme de 500 euros, hors charges relatives aux fournitures de chauffage, d'eau chaude, d'eau froide et d'électricité.
La situation patrimoniale et juridique du bailleur initial a connu d'importantes vicissitudes. Par une décision du 31 juillet 2018, la procédure de redressement judiciaire (« arranjament judicial ») ouverte à l'égard de la société bailleresse B, SA a été convertie en faillite (« fallida »), procédure collective étendue à la faillite personnelle de son dirigeant, M. Sarabia. Dans le cadre de ces opérations, une administratrice judiciaire a été désignée et maintenue dans ses fonctions pour administrer le patrimoine de la société et du dirigeant failli, comprenant notamment l'immeuble d'habitation collective au sein duquel logeait la locataire, Mme Sanç. Ultérieurement, par décision du 10 juillet 2019, une seconde administratrice judiciaire a été nommée pour agir seule ou conjointement avec la première désignée.
La gestion opérationnelle des baux de l'immeuble a été effectivement reprise par l'administration judiciaire à compter du mois de novembre 2018. Afin d'assurer la gestion de l'immeuble (2e phase, blocs A et B), l'administration judiciaire a ensuite mandaté une agence immobilière au cours du mois d'août 2019.
Toutefois, dès le mois de novembre 2018, la locataire a cessé de s'acquitter régulièrement de ses loyers et des charges de consommations énergétiques, à l'exception d'un versement isolé de 550 euros effectué le 27 décembre 2018 au profit de l'administration judiciaire.
Le 3 décembre 2019, Mme Sanç a manifesté sa volonté de quitter les lieux, puis a restitué la possession du bien et remis les clés le 6 décembre 2019 à une mandataire de la gestion locative. À cette occasion, des dégradations ont été constatées dans les lieux loués, et un relevé faisant état d'un arriéré de loyers et de consommations d'un montant total de 7 469,78 euros lui a été signifié.
B. Le parcours procédural et les prétentions des parties
Par exploit introductif d'instance en date du 4 février 2020, l'administration judiciaire de la société B, SA et de M. Sarabia a assigné Mme Sanç devant le Tribunal de première instance (Tribunal Unipersonal del Batlle) selon la procédure abrégée. La partie demanderesse sollicitait la condamnation de la locataire au paiement de :
7 969,78 euros au titre des loyers impayés et des régularisations de charges relatives aux fournitures de chauffage, d'électricité, d'eau chaude et d'eau froide, assortis des intérêts légaux échus à compter de chaque exigibilité jusqu'à complet paiement ;
un montant à chiffrer en cours d'instance pour les dégradations locatives constatées lors de la restitution des lieux ;
les dépens de l'instance, comprenant les honoraires d'avocat et de procureur (procuradora).
Régulièrement assignée, Mme Sanç ne s'est pas présentée à l'audience fixée au 28 juillet 2020 pour déposer ou formuler sa réponse à la demande (contesta a la demanda). En conséquence, le tribunal a constaté sa défaillance et l'a déclarée en état de défaut procédural (situació de rebel·lia processal) par ordonnance (Aute) du 29 juillet 2020. La défenderesse n'a constitué avocat et n'est intervenue à l'instance qu'ultérieurement, à l'occasion de la phase probatoire (tràmit de proves), en sollicitant la réalisation de diverses mesures d'instruction et en développant ses prétentions dans son mémoire de conclusions récapitulatives.
Par jugement rendu le 20 octobre 2022, le Batlle a :
Accueilli pour l'essentiel la demande formée par les représentants de la société B, SA et de M. Sarabia, en condamnant Mme Sanç à verser la somme réclamée de 7 969,78 euros, augmentée des intérêts légaux échus non pas depuis chaque échéance mais à compter de la date de la réplique/contestation à la demande, jusqu'à parfait règlement ;
Mis l'intégralité des dépens de première instance à la charge de la partie défenderesse.
Mme Sanç a interjeté appel de cette décision devant la chambre civile du Tribunal Supérieur de Justice d'Andorre (Tribunal Superior de Justícia). Elle sollicitait l'infirmation intégrale du jugement de première instance et le rejet des prétentions de la bailleresse, avec condamnation de cette dernière aux dépens. Au soutien de son recours, l'appelante soutenait que le tribunal avait commis une erreur manifeste dans l'appréciation des preuves :
Elle invoquait l'application de l'article 24.4 de la loi sur le bail à loyer des immeubles urbains (Llei d'arrendament de finques urbanes - LAFU, numérotation alors en vigueur), arguant qu'elle était légitimée à suspendre le paiement tant des charges que du loyer principal en raison de manquements graves et répétés du bailleur.
Elle arguait que les services essentiels de chauffage et d'eau chaude subissaient des dysfonctionnements majeurs, voire une interruption totale en raison d'un défaut récurrent d'entretien et de livraison de combustible (fioul).
Elle excipait d'une absence de relevé, de justificatif et de notification individualisée des consommations réclamées, ainsi que de la caducité du certificat d'habitabilité (cèdula d'habitabilitat) de l'immeuble.
En réplique, l'administration judiciaire des intimés a conclu à la confirmation pure et simple de la décision entreprise et à la condamnation de l'appelante aux entiers dépens d'appel. L'intimée soulignait le comportement procédural dilatoire de la locataire, initialement défaillante, et relevait que les simples plaintes adressées au médiateur public (Raonador del Ciutadà) ou les échos de presse ne sauraient prouver la réalité de manquements imputables au bailleur sur une durée de trois ans. Surtout, elle rappelait que l'exonération du loyer sur le fondement de la LAFU exige la preuve d'un dol du bailleur, laquelle faisait radicalement défaut en l'espèce, les organes de la faillite ayant déployé toutes les diligences requises pour restaurer la viabilité technique de l'immeuble dès leur prise de fonctions en novembre 2018.
✦ ⁂ ✦
II. La question de droit et la solution de la juridiction
A. Le problème juridique posé
La juridiction d'appel était confrontée à une problématique centrale articulant le droit commun synallagmatique et le régime spécial des baux d'habitation :
Dans quelle mesure et à quelles conditions probatoires un locataire peut-il valablement opposer l'exception d'inexécution (exceptio non adimpleti contractus) pour s'exonérer unilatéralement, non seulement du coût des fournitures et charges accessoires, mais également de la totalité de la créance locative principale, en alléguant des défaillances dans la fourniture de services d'eau chaude et de chauffage ainsi que l'expiration administrative du certificat d'habitabilité ?
À cette question principale s'ajoutait une interrogation subsidiaire relative au régime probatoire du dol exigé par l'article 24.4 LAFU : des récriminations collectives auprès du médiateur national, des articles de presse non datés et des témoignages imprécis suffisent-ils à caractériser une faute intentionnelle ou une inexécution d'une gravité telle qu'elle rend les lieux inhabitables et justifie la rétention totale des loyers sans consignation préalable ?
B. Le raisonnement et la motivation de la cour
Le Tribunal Supérieur de Justice d'Andorre a articulé son raisonnement en plusieurs étapes successives, touchant d'abord à la procédure, puis à la hiérarchie des normes applicables à l'inexécution contractuelle en matière de bail urbain, pour enfin examiner l'administration de la preuve factuelle.
1. Les incidences de l'intervention tardive du plaideur défaillant
Sur le plan procédural, la cour constate que, bien qu'ayant été déclarée en défaut procédural (rebel·lia processal) par ordonnance du 29 juillet 2020 faute de s'être présentée à l'audience de réponse, Mme Sanç conservait la faculté d'intervenir ultérieurement à l'instance à compter du stade de l'administration des preuves (tràmit de proves), ce qu'elle a fait en formulant des offres de preuve et en concluant au fond. Toutefois, les juges d'appel relèvent avec force que cette stratégie procédurale porte nécessairement atteinte aux droits de la défense de la partie demanderesse ou en complique significativement l'exercice, cette dernière ayant été privée de la possibilité d'anticiper la ligne argumentative adverse et d'y adapter l'offre de ses propres moyens probatoires.
2. La distinction fondamentale des régimes d'inexécution sous l'empire de la LAFU
Analysant le cadre légal de l'ancien article 24 de la LAFU (devenu article 23), la juridiction d'appel opère une gradation rigoureuse des sanctions de l'inexécution attachées aux prestations accessoires (chauffage et eau chaude) :
En cas de défaut de fourniture ou de fourniture notoirement irrégulière ou déficiente (art. 24.2) : le preneur est libéré de la seule obligation de régler le coût du service pendant la période de défaillance.
En cas de manquement imputable à la faute ou à la négligence du bailleur (art. 24.3) : le locataire a droit à une indemnité équivalente au coût dudit service durant cette même période, mais cette indemnisation ne l'autorise en aucun cas à suspendre le règlement du loyer principal.
En cas d'inexécution procédant du dol du bailleur (art. 24.4) : le preneur est intégralement exonéré du paiement du loyer pour toute la durée où la prestation a fait défaut. Se référant expressément à sa jurisprudence antérieure (arrêt de principe du 30 novembre 2017, rôle 346-2017), la cour réaffirme que cette libération exceptionnelle suppose la démonstration formelle d'une « attitude dolosive, c'est-à-dire volontaire ou intentionnelle du bailleur ».
Parallèlement, la juridiction rappelle l'articulation entre ce texte spécifique et l'obligation générale de délivrance et d'entretien pesant sur le bailleur en vertu de l'article 25 de la LAFU (garantir la jouissance paisible, maintenir l'immeuble en état de servir à l'usage contractuel). Intégrant l'apport de la jurisprudence constitutionnelle andorrane (Tribunal Constitucional, 13 juillet 2020, cause 2019-81-RE), la cour admet que, dans le cadre d'un contrat synallagmatique comportant des obligations interdépendantes, des désordres d'une gravité telle qu'ils empêchent une personne de vivre dignement dans le logement loué sont de nature à justifier la suspension unilatérale de l'obligation de payer les loyers jusqu'à la réalisation des travaux curatifs.
3. Le défaut d'établissement du dol et de l'atteinte à l'habitabilité digne
Appliquant ces règles aux faits souverainement débattus, la cour écarte point par point l'argumentation de l'appelante :
L'absence d'actes d'opposition contemporains des faits
Points de contrôle immédiatement mobilisables dans vos écritures et dossiers
Andorre
1. Articulation des écritures & Moyen de droit
Invoquer au dispositif des conclusions l’autorité de Tribunal Superior de Justícia d’Andorra (328/22) en distinguant strictement la règle de droit posée des éléments souverains de fait.
2. Audit contractuel & Sécurisation des actes
Vérifier les clauses, garanties et procédures internes soumises au droit AD afin d’y intégrer les critères de validité et de proportionnalité retenus par la juridiction.
3. Charge probatoire & Pièces justificatives
Constituer un bordereau de pièces établissant matériellement chaque condition exigée par les motifs décisoires avant toute signification ou dépôt au greffe.
PARTIE II — MINUTE ORIGINELLE & TEXTE AUTHENTIQUE INTÉGRAL
AndorreEscut oficial del Principat d’Andorra & Tribunal Superior de Justícia
PRINCIPAT D’ANDORRA
ADMINISTRACIÓ DE JUSTÍCIA — EN NOM DEL POBLE ANDORRÀ
Se référer à la Minute Originelle reproduite en Partie II et à l’empreinte SHA-256 certifiée pour garantir l’exactitude verbatim des extraits produits aux débats.
Per escrit del 4 de febrer del 2020, la representació processal de la societat B, SA i el Sr. Sarabia va formular demanda en reclamació de quantitat a tramitar pel procediment abreujat en contra de la Sra. Sanç, sol·licitant que se la condemnes al pagament de :
la quantitat de 7.969,78.-euros amb els interessos legals meritats des dels corresponents venciments fins que sigui íntegrament satisfeta, en concepte de lloguers i liquidacions corresponents als subministraments, calefacció, llum, aigua calenta i aigua freda, amb els interessos legals meritats des dels corresponents venciments fins que sigui íntegrament satisfeta,
l'import corresponent als danys derivats de l'ús del pis no imputables a la propietat, segons es determini en el tràmit processal corresponent,
les costes processals ocasionades pel present plet, inclosos els honoraris d'advocat i procuradora.
2.- En data 20 d'octubre del 2022, el Tribunal Unipersonal del Batlle va decidir:
"Primer.- Estimar substancialment la demanda presentada per la representació processal de la societat B SA i del Sr. Sarabia i condemnar a la Sra. Sanç a haver d'abonar a la part agent la quantitat de 7.969,78.- euros amb els interessos legals meritats des de la data de contesta a la demanda fins que sigui íntegrament satisfeta, en concepte de lloguers i liquidacions corresponents als subministraments, calefacció, llum, aigua calenta i aigua freda, amb els interessos legals meritats des de la data de contesta a la demanda, fins que sigui íntegrament satisfeta.
Segon.- Imposar les costes ocasionades arran de la tramitació del present litigi a la part defenent i agent reconvencional, incloses aquelles derivades de la intervenció d'advocat i procurador, a acreditar en període d'execució de sentència".
3.- En contra d'aquesta resolució ha interposat recurs d'apel·lació la representació processal de la Sra. Sanç demanant la seva revocació i que es dictes una desestimant íntegrament les pretensions formulades a la demanda, amb expressa condemna en costes de la part contrària.
Sosté en síntesi que sí que és d'aplicació l'article 24.4 de la Llei d'arrendament de finques urbanes vigent en el moment dels fets, i que per tant, la seva mandant no hauria d'abonar ni l'import del servei ni la renda ja que les proves que consten en autes serien més que suficients per considerar que va existir un greu incompliment per part de l'arrendador, que van existir greus problemes en l'edifici, que la prestació dels serveis i manteniments era deficient en un inici i va acabar essent inexistent en ocasions.
Fonamenta el seu recurs en un error en la valoració de la prova i argumenta al respecte que ha quedat acreditat una manca de lectura, acreditació i notificació dels consums ; que manca la cèdula d'habilitat per ser caducada; que ha mancat la prestació de serveis i que el manteniment era deficient, i en particular que el servei d'aigua calenta i calefacció presentava greus defectes essent fins i tot a vegades totalment per manca de manteniment o de subministrament de gasoil.
4.- La representació processal de la societat B, SA i del Sr. Sarabia demana desestimar el recurs interposat en tots els seus extrems, confirmant la resolució dictada en primera instància, i condemnar a l'adversa al pagament de les costes judicials causades en aquesta instància, inclosos honoraris d'advocat i de procurador.
Ressalta que malgrat el procediment s'inicià al gener del 2020, i haver estat degudament notificat, la part defenent no va comparèixer fins al tràmit de proves.
Defensa que les queixes formulades al Raonador del Ciutadà i les publicacions en mitjans de comunicació, no eximeixen del pagament dels lloguers i subministraments, i que la Sra. Sanç no ha provat les seves manifestacions, i molt menys que la situació durés 3 anys ; que no s'ha provat un dol per part de l'arrendador ; que l'administració judicial va fer tots els possibles per poder gestionar el millor possible l'edifici a partir de novembre de 2018 i les queixes dels veïns van acabant desaparèixer.
FONAMENTS DE DRET
Primer.- De forma preliminar, cal precisar en relació a l'argument de la part apel·lada que la part defenent no va comparèixer fins al tràmit de proves, que és veritat que havent estat fixada l'audiència del dia 28 de juliol del 2020, per a la celebració del tràmit de contesta a la demanda, la Sra. Sanç no comparegué, malgrat haver esta degudament notificada, havent-se la declarat en situació de rebel·lia processal per Aute de data 29 de juliol del 2020.
Això no l'impedia intervenir al procediment a partir del tràmit de proves com va fer, presentant un escrit proposant la pràctica de diverses proves, que va poder explotar en el seu escrit de conclusions.
Dit això, tal manera de fer comporta necessàriament minvar o dificultar les possibilitats de defensa de la part agent ja que, no coneixent quin és el plantejament de la contrapart, no pot proposar tots els mitjans de prova que li podrien resultar útils.
Segon.- Quant a l'àmbit d'aplicació de l'article 24.4 LAFU (ara 23.4) invocat per la part arrendatària, el mateix pertany al Capítol sisè relatiu a la renda, i disposa :
"1. En el cas que es pactin els serveis de calefacció i d'aigua calenta, s'ha d'especificar en el contracte:
El període de l'any i les hores del dia en què han de prestar-se. En cas de no fixar-se s'entén que l'aigua calenta es presta durant tot l'any i les 24 hores del dia, i la calefacció, entre el dia 1 de novembre i el 30 d'abril si la finca es troba a una cota inferior als 1.200 metres, entre el 15 d'octubre i el 15 de maig si es troba a una cota superior als 1.200 metres i inferior als 1.400, i entre el dia 1 d'octubre i el 31 de maig si es troba a una cota superior als 1.400 metres, i des de les 6 fins a les 24 hores en tots els casos.
El cost del servei per al primer any i les bases de l'actualització per als successius, tenint en compte necessàriament el cost de l'energia emprada i els altres factors que influeixen en el cost.
En cas que s'hagi pactat el pagament d'una suma preufetera per a tots o determinats serveis, aquest import únicament es pot actualitzar prèvia acreditació per part de l'arrendador de l'increment en el preu dels serveis en relació amb l'any anterior i sempre que es pugui determinar quin és el consum individualitzat corresponent a la unitat immobiliària arrendada.
Si algun dels serveis a càrrec de l'arrendador no es presta, o bé es presta de forma notòriament irregular o deficient, l'arrendatari no ha de satisfer l'import del servei durant el temps de la prestació deficient.
Si la falta de prestació del servei era deguda a culpa o negligència de l'arrendador, l'arrendatari té dret, endemés, a rebre una indemnització igual a l'import del servei durant el temps de la prestació deficient, si bé aquest dret d'indemnització no l'eximeix de l'obligació de pagar la renda.
Altrament, si la falta de prestació del servei era deguda a dol de l'arrendador, sense perjudici de les accions que corresponguin a l'arrendatari, aquest queda eximit del pagament de la renda per tot el temps que hagi durat la falta de prestació.
En els supòsits dels apartats 2, 3 i 4 d'aquest article, si la irregularitat, la deficiència o la manca de prestació dels serveis s'han perllongat durant un període de dos mesos consecutius, o quatre mesos discontinus en el termini d'un any, l'arrendatari pot, a més a més, renunciar unilateralment al contracte abans del transcurs del termini pactat, sense necessitat de preavís ni obligació d'indemnitzar l'arrendador en els termes que preveuen els apartats 2 i 3 de l'article 18 d'aquesta Llei.
La part arrendatària afirma que va deixar d'abonar el lloguer a partir del mes de novembre del 2018 perquè la manca de prestació de serveis va existir durant més de tres anys".
Vam poder precisar que per eximir l'arrendatari del pagament de la renda en aplicació d'aquest article calia demostrar una actitud dolosa, és a dir, voluntària o intencional de l'arrendador (STSJC del 30-11-2017 rotlle 346- 2017).
D'altra banda, fora de l'àmbit d'aplicació del citat article, en virtut de l'article 25 LAFU, l'arrendador està obligat a lliurar a l'arrendatari la finca objecte del contracte de forma que estigui en condicions de servir a l'ús a què està destinada, efectuar en la finca arrendada i en les seves instal·lacions les reparacions necessàries perquè pugui continuar destinant-se a la finalitat per a la qual va ésser arrendada (entre elles, les reparacions de les instal·lacions generals i el tot amb excepció de les reparacions dels danys provocats per la culpa del propi arrendatari), i també garantir a l'arrendatari l'ús pacífic i el gaudiment de la cosa arrendada durant tot el temps del contracte.
A més, en la seva Sentència de 13 de juliol del 2020 (Causa 2019-81-RE) el Tribunal Constitucional va considerar que uns defectes prou greus com per impedir la possibilitat de viure de manera digna en un habitatge llogat podien justificar la suspensió unilateral de pagar la renda.
Així, l'incompliment de les seves obligacions per part de l'arrendador en un contracte sinal·lagmàtic amb obligacions interdependents de les parts, pot justificar que l'arrendatari suspengui el pagament de la renda fins al moment de l'efectiva realització de les reparacions.
Tercer.- Quant a la relació arrendatícia d'autes, no s'ha aportat en autes cap contracte però la mateixa no queda discutida, ni que el lloguer mensual era de 500.-euros sense incloure els serveis de calefacció-aigua calenta i freda-llum.
Ha quedat acreditat que en data 31-07-2018, es va decidir transformar el procediment d'arranjament judicial de la societat B, SA, en fallida, i declarar la fallida del seu dirigent el Sr. Sarabia, mantenint-se com a administradora judicial a la ORG_0, Sra. Galan, i que en data 10-07-2019, es va nomenar com a administradora judicial a la Sra. Giner, podent aquesta actuar sola o conjuntament amb l'administradora ja nomenada.
A dintre del patrimoni que s'ha d'administrar es troba l'Edifici E, el qual es troba ubicat a XXXX i està constituït de diverses unitats donades en arrendament.
L'administració judicial va començar a gestionar els arrendaments al mes de novembre de 2018, i al mes d'agost del 2019, es van contractar els serveis de la immobiliària C per a la gestió de l'Edifici E, 2ª Fase, Blocs A i B.
En data 06-12-2019, la Sra. Sanç va remetre a la Sra. Andrade la possessió i les claus de l'apartament 4 Bloc A planta segona que se li havia arrendat per un període de 5 anys i que va manifestar voler deixar el 03-12-2019. En aquest moment, es van constatar certes desperfectes. També, se li va remetre la relació dels consums i de rebuts de lloguers impagats per import total de 7.469,78.-euros.
Quart.- Cal ressaltar que la part arrendatària no pretén no satisfer només el cost dels serveis (supòsit de l'article 24.2 i ara 23.2) sinó que pretén alliberar del pagament de tota la renda i dels serveis a partir del novembre del 2018 fins al desembre 2019, sia un import de 7.000.-euros en concepte de renda i de 1.519,78.-euros en concepte de consums.
Nogensmenys, s'ha de remarcar ara que, al 27 de desembre del 2018, va pagar a l'administració judicial l'import de 550.-euros, i que no explica perquè ho va fer si considerava que estava legitimada des del mes de novembre del 2018 a deixar de pagar dita la renda i els serveis.
Quant a les mancances invocades, és important mencionar que no consta cap queixa ni reclamació prop de la propietat de la Sra. Sanç anterior al 2018, ni posteriorment a títol individual (la Sra. Sanç és una dels veïns que van presentar una queixa al Raonador).
I al respecte, fem nostre l'argument de la instància que la part defenent disposava de mecanismes per tal d'acreditar de manera objectiva els incompliments per part de la propietat que al·lega, i que no ho va fer.
Tampoc apareix que aquesta hauria intentant consignar l'import de la renda.
Compartim la valoració de la prova efectuada per la Sra. Batlle i que la va portar a considerar que no s'havia acreditat de forma deguda i suficient que l'arrendador havia prestat de forma notòriament irregular o deficient, ni si fos el cas, durant quin període de temps, el subministrament dels serveis, ni una falta de prestació que comportaria l'exempció de pagament de la renda.
S'han aportat articles de premsa (dels quals no es justifica la data de publicació) que relaten les queixes de veïns en relació a la gestió de l'edifici per la ORG_0 i el fet que van demanar la intervenció del Raonador del Ciutadà. Però no es cap prova de les al·legacions de l'arrendatària.
S'ha aportat també l'expedient 19/19 obert prop del Raonador del Ciutadà al gener del 2019, i d'on ressurt que uns 21 dels 43 arrendataris de l'edifici (entre ells la Sra. ENTITY_4) es van queixar de la gestió de l'edifici per la ORG_0, la qual, per correu del 08 d'abril del 2019 va passar a rebatre totes les al·legacions dels veïns.
Tampoc aquets element són una prova de les al·legacions de l'arrendatària.
Si els dos testimonis (essent un d'ells el propi pare de la Sra. ENTITY_4) han indicat que "ocasionalment o freqüentment" es quedaven sense aigua calenta o calefacció, apareix de les seves manifestacions que la deixadesa general en que s'hauria trobat l'edifici i els problemes de calefacció-aigua calenta eren imputables, no pas tant al Sr. Sarabia, sinó a la gestió per part de la ORG_0.
Ara bé, hem de recordar que aquesta gestió va començar just al moment on la Sra. Sanç va decidir deixar de pagar.
L'administradora justifica de les diligències que va dur a terme a partir del novembre del 2018 prop de l'empresa de lampisteria per assegurar el servei de calefacció i aigua calenta. I apareix que al març del 2019, les incidències al respecte havien totalment desaparegut.
Per tant, és difícil considerar una actuació dolosa justificant l'aplicació de l'article 24.4 en relació a la prestació de calefacció i aigua calenta.
Quant al fet que la determinació dels consums s'hauria fet de manera arbitrària per part del Sr. Sarabia abans que la gestió passes a la ORG_0, no existeix cap prova al respecte. Pel que fa al període de gestió per la ORG_0, queda contradit pel fet que dita determinació s'ha fet a traves de la lectura dels comptadors individuals. Així, la Sra. Andrade va poder, en data 13-09-2021, certificar que els consums del gener del 2019 al novembre del 2019 (que són les que es reclamen i que són posteriors al novembre del 2018) ascendeixen a un total de 1.519,78.-euros.
Pel que fa a la manca de justificació de la cèdula d'habilitat és veritat que apareix que a data 04-10-2021 la cèdula del 2008 esta caducada quan l'article 25.3 LAFU disposa que l'arrendador ha de lliurar a l'arrendatari una còpia del certificat d'habitabilitat.
Però la Sra. Sanç, qui mai va reclamar aquest certificat a la part arrendadora, no justifica en que aquesta mancança podria justificar que deixes de pagar la integritat de la renda, i encara menys en aplicació de l'article 24.4 LAFU.
Finalment, si bé queda establert que va existir cert període de confusió entre el juliol i el novembre del 2018 sobre la gestió de l'Edifici, i que pot explicar certes mancances en particular en relació al servei de calefacció i aigua, el manteniment de les zones comunes i el funcionament dels ascensors, no existeix cap element per a considerar l'existència d'un dol de la part arrendadora en la falta de prestació del servei i que podria justificar que la part arrendatària deixis de pagar a partir del novembre del 2018.
Tampoc queda establert un incompliment tant greu per part de la part arrendadora per a justificar de no pagar res a partir del mes de novembre del 2018.
Per tot l'exposat, escau desestimar el recurs i confirmar la sentència d'instància.
Cinquè.- La desestimació del recurs comporta la imposició a la part recurrent de les costes d'aquesta alçada.
Decisio
En atenció a tot el que s'ha exposat, el Tribunal Superior de Justícia, Sala Civil,
DECIDEIX
Primer.- Desestimar el recurs de la representació processal de la Sra. Sanç en contra de la sentència del 20 d'octubre del 2022 que confirmem íntegrament.
Segon.- Imposar a la Sra. Sanç les costes judicials de segona instància. Aquesta sentència és ferma i executiva.
Així, per aquesta nostra sentència, definitivament jutjant, ho manem i signem.