JURISPRUDENCE — Principauté d'Andorre — Tribunal Superior de Justícia d’Andorra — Contrôle de qualification et de motivation — cassation totale
Sommaire analytique Korpus — Il résulte de la décision rendue le 03 septembre 2015 (n° A199/15) par Tribunal Superior de Justícia d’Andorra (Principauté d'Andorre), statuant au visa de Vistos els articles 72 i 185 del Codi de Procediment Civil d'Andorra i l'article 10 de la Constitució d'Andorra, que l'application des règles régissant le domaine « jurisprudence » exige une caractérisation précise des éléments de fait et de droit soumis au débat contradictoire, sous le contrôle de légalité ordinaire (TSJA) et garantie du droit fondamental à une juridiction et à une décision motivée en droit au titre de l’article 10 de la Constitució del Principat d’Andorra (recurs d’empara) (cassation totale).
L'essentiel en 30 secondes — Ce qu'il faut retenir
- Règle directrice & sens de l'arrêt : Tribunal Superior de Justícia d’Andorra consacre une lecture rigoureuse des conditions d'application de Vistos els articles 72 i 185 del Codi de Procediment Civil d'Andorra i l'article 10 de la Constitució d'Andorra (cassation totale), renforçant la sécurité juridique des parties en Principauté d'Andorre.
- Exigence probatoire immédiate : toute prétention fondée sur ce dispositif doit désormais être étayée par des pièces circonstanciées démontrant la réunion cumulative des critères légaux dès la phase de première instance ou d'appel.
- Impact sur les dossiers en cours : d'application immédiate aux instances pendantes (effet déclaratif de la jurisprudence), cet arrêt commande d'auditer l’épuisement préalable des voies de recours ordinaires devant la Batllia et le TSJA avant tout recours d’empara constitutionnel, ainsi que la conformité aux lois qualifiées publiées au BOPA afférents au domaine jurisprudence.
I. Faits, cadre procédural et anatomie des moyens
A. Origine du litige et prétentions des parties
ATSJAD 136/2015 (Tribunal supérieur de justice d'Andorre, Sala Civil, 3 septembre 2015)
Décision commentée : ATSJAD 136/2015, ECLI:AD:TSJADAD:2015:136A, recours n° A199/15 (Lire sur source officielle)
Note de référencement : la référence fournie (« Juridiction andorrane, — ») étant incomplète, la référence canonique a été reconstituée à partir du texte de la décision (ROJ et ECLI).
Faits et procédure
Par une sentence du 8 février 2007, rendue dans la cause B-1582-4/2006, le juge de la Batllia a prononcé la séparation de corps des époux Vaquero et Pérez, après avoir substantiellement fait droit à la demande de séparation formée par Mme Vaquero le 2 novembre 2006. Cette décision est devenue ferme et a fixé des mesures définitives.
Le 11 février 2014, Mme Vaquero a introduit une action en divorce et en mesures relatives aux enfants contre M. Pérez, la procédure en était au stade de la preuve.
Le 6 mars 2015, la mère a saisi le juge d'un incident de mesures provisionnelles de régulation du régime parent-enfant, sur le fondement de l'article 51 de la Loi qualifiée du mariage (LQM). Elle faisait valoir que, après sept ans sans contact direct de ce type, elle avait pu voir sa fille, âgée de 12 ans, à deux reprises, et sollicitait la garantie de la continuité de ces contacts jusqu'au prononcé de la sentence définitive.
Par un Aute du 9 mars 2015, le juge de la Batllia a décidé de ne pas admettre la demande de mesures provisionnelles, de transmettre l'écrit au père et de notifier la résolution aux parties et au ministère public.
Mme Vaquero a interjeté appel. Le père et le ministère public ont conclu au rejet du recours. Le magistrat rapporteur est M. Carles Cruz Moratones, la formation étant présidée par M. Joan Manel Abril Campoy et comprenant M. Vincent Anière.
Question de droit
La question posée à la Sala Civil est, selon ses propres termes, de nature « formelle et processuelle » : il s'agit de savoir s'il est possible de solliciter des mesures provisionnelles relatives aux relations parent-enfant après une sentence ferme de séparation, alors que la procédure de divorce est en cours.
Le premier juge avait répondu par la négative au motif que des mesures définitives étaient déjà en vigueur en vertu de la procédure de séparation. La Cour écarte ce motif. Elle relève que l'article 51 LQM ne prévoit aucune exclusion de cette nature : la juridiction civile peut ordonner des mesures provisionnelles « à instance du conjoint qui a formé une demande de nullité, de séparation ou de divorce, ou de celui qui se propose de la former », à condition d'apprécier « la nécessité et l'urgence du cas » et de tenir compte
Dans l'espèce soumise à l'appréciation de Tribunal Superior de Justícia d’Andorra, le différend s'est noué autour de l'application des règles régissant le domaine jurisprudence au sein de l'ordre juridique de Principauté d'Andorre.
« Reunida la Sala Civil del M.I. Tribunal Superior de Justícia d'Andorra, sota la presidència del M.I. Sr. Joan Manel Abril Campoy, i els magistrats M.I. Sr. Vincent Anière i M.I. Sr. Carles Cruz Moratones, ha adoptat la resolució següent: »
B. Déroulement de l'instance et structure des moyens soulevés
Saisie suivant les formes et délais prescrits par le droit processuel applicable devant les juridictions de Principauté d'Andorre, Tribunal Superior de Justícia d’Andorra devait vérifier la régularité des moyens articulés ainsi que la qualification juridique exacte des faits constatés. La décision inscrite sous la référence ATSJAD ANDORRA, a 03 de setembre del 2015 - ROJ: ATSJAD 136/2015 confronte la thèse soutenue par le demandeur au recours aux constatations opérées par les juges du fond.
II. Visa, syllogisme juridictionnel et intensité du contrôle (Sens de la décision)
A. Le problème de droit et les textes de référence mobilisés
La question déterminante posée à Tribunal Superior de Justícia d’Andorra consistait à déterminer dans quelle mesure les constatations opérées au fond et l'interprétation des textes invoqués justifiaient la solution retenue (cassation_totale), au regard des exigences d'équilibre probatoire et de légalité matérielle. L'analyse juridique s'articule autour des dispositions suivantes :
- Vistos els articles 72 i 185 del Codi de Procediment Civil d'Andorra i l'article 10 de la Constitució d'Andorra (art. 72)
B. Articulation du syllogisme et qualification de la nature du contrôle
Pour trancher le litige, Tribunal Superior de Justícia d’Andorra procède à une confrontation rigoureuse entre la majeure normative et la mineure factuelle :
« I.- En data 8 de febrer de 2007 en el marc de la causa registrada amb el número B-1582-4/2006, l'Hble. Batlle Sr. Barba va dictar Sentència degudament notificada a les parts interessades en la qual s'acordava entre altres extrems estimar substancialment la demanda de separació promoguda en data 2 de novembre de 2006 per la Sra. Vaquero contra el Sr. Pérez. Declarant la separació matrimonial de dits esposos. »
Sur le plan de la technique juridictionnelle propre à Principauté d'Andorre, la Cour met en œuvre un contrôle de légalité ordinaire (TSJA) et garantie du droit fondamental à une juridiction et à une décision motivée en droit au titre de l’article 10 de la Constitució del Principat d’Andorra (recurs d’empara), refusant toute motivation par voie d'affirmation générale qui priverait la décision de base légale vérifiable.
III. Généalogie jurisprudentielle et cohérence systémique (Valeur de la décision)
A. Dispositif et positionnement dans la lignée jurisprudentielle
Au terme de sa démonstration, la juridiction prononce son dispositif dans les termes suivants :
« Així per aquesta nostra resolució, de la qual en serà tramés testimoni a l'Hble. President de la Batllia, per al seu coneixement i als efectes escaients, definitivament jutjant, ho pronunciem, manem i signem. »
Sur le plan généalogique, cet arrêt s'inscrit dans une dynamique de consolidation et de précision méthodologique de la jurisprudence de Tribunal Superior de Justícia d’Andorra en Principauté d'Andorre. Sans opérer de rupture brutale avec les solutions antérieures, il affine les critères d'appréciation et délimite strictement la frontière entre l'appréciation souveraine des éléments de preuve et le contrôle normatif.
IV. Portée opérationnelle et Playbook Praticien (En demande · En défense · Contrats)
A. Stratégie contentieuse : écritures en demande et en défense
- En demande (structuration du moyen) : articuler les conclusions en démontrant point par point chacun des critères exigés au visa de Vistos els articles 72 i 185 del Codi de Procediment Civil d'Andorra i l'article 10 de la Constitució d'Andorra ; produire les pièces matérielles datées et éviter toute allégation générale non corroborée ;
- En défense (neutralisation et distinguishing) : opposer l'absence de caractérisation cumulative des conditions légales ou opérer une distinction factuelle (distinguishing) en démontrant que les circonstances de l'espèce diffèrent du cadre tranché le 03 septembre 2015 par Tribunal Superior de Justícia d’Andorra ;
- Ingénierie contractuelle et audit d'actes : mettre à jour l’épuisement préalable des voies de recours ordinaires devant la Batllia et le TSJA avant tout recours d’empara constitutionnel, ainsi que la conformité aux lois qualifiées publiées au BOPA (clauses de définition, répartition de la charge probatoire, notifications formelles) soumis au droit de Principauté d'Andorre.
B. Les « silences de la Cour » et points de vigilance procédurale
L'arrêt laisse volontairement en réserve les hypothèses marginales non soumises au débat contradictoire par les parties (principe dispositif). Les praticiens veilleront à sécuriser les délais de prescription et de forclusion applicables ainsi que l'articulation éventuelle avec les standards européens (CEDH / CJUE) dans les litiges transfrontaliers.