JURISPRUDENCE — Principauté d'Andorre — Tribunal Superior de Justícia d’Andorra — Contrôle de qualification et de motivation — cassation totale
Sommaire analytique Korpus — Il résulte de la décision rendue le 27 octobre 2016 (n° A075/16) par Tribunal Superior de Justícia d’Andorra (Principauté d'Andorre), statuant au visa de Vistos els articles 72 i 185 del Codi de Procediment Civil d'Andorra i l'article 10 de la Constitució d'Andorra, que l'application des règles régissant le domaine « jurisprudence » exige une caractérisation précise des éléments de fait et de droit soumis au débat contradictoire, sous le contrôle de légalité ordinaire (TSJA) et garantie du droit fondamental à une juridiction et à une décision motivée en droit au titre de l’article 10 de la Constitució del Principat d’Andorra (recurs d’empara) (cassation totale).
L'essentiel en 30 secondes — Ce qu'il faut retenir
- Règle directrice & sens de l'arrêt : Tribunal Superior de Justícia d’Andorra consacre une lecture rigoureuse des conditions d'application de Vistos els articles 72 i 185 del Codi de Procediment Civil d'Andorra i l'article 10 de la Constitució d'Andorra (cassation totale), renforçant la sécurité juridique des parties en Principauté d'Andorre.
- Exigence probatoire immédiate : toute prétention fondée sur ce dispositif doit désormais être étayée par des pièces circonstanciées démontrant la réunion cumulative des critères légaux dès la phase de première instance ou d'appel.
- Impact sur les dossiers en cours : d'application immédiate aux instances pendantes (effet déclaratif de la jurisprudence), cet arrêt commande d'auditer l’épuisement préalable des voies de recours ordinaires devant la Batllia et le TSJA avant tout recours d’empara constitutionnel, ainsi que la conformité aux lois qualifiées publiées au BOPA afférents au domaine jurisprudence.
I. Faits, cadre procédural et anatomie des moyens
A. Origine du litige et prétentions des parties
Juridiction andorrane, — (ATSJAD 139/2016)
Décision commentée : Juridiction andorrane, — (ATSJAD 139/2016) (Lire sur source officielle)
Identifiants complémentaires figurant dans le texte : ECLI:AD:TSJADAD:2016:139A ; recours n° A075/16 ; TSJC 075/2016 ; NIG 5300542120140002892. La date de décision est le 27 octobre 2016 et l'organe est le Tribunal Superior de Justícia d'Andorra, Sala Civil.
Faits et procédure
Le litige concerne la garde des enfants issus de l'union de Mme Ribes et de M. Álvarez, et plus particulièrement l'organisation des relations personnelles entre les enfants et leurs parents.
Par une sentence du 19 juillet 2016, la Sala Civil du Tribunal Superior de Justícia a partiellement fait droit à l'appel formé par Mme Ribes contre le jugement rendu par le Batlle le 25 janvier 2016. Elle a révoqué ce jugement sur trois points : les contacts téléphoniques ou autres entre les enfants et le parent non gardien, les vacances scolaires et les modalités de transfert des enfants. Elle a confirmé la décision de première instance pour le surplus. Le texte de la décision indique que :
- les contacts sont possibles trois fois par semaine, à un moment ne perturbant ni le repos ni les activités des enfants ;
- les enfants demeurent chez leur mère pendant les vacances de la Toussaint, du Carnaval et de Pâques ;
- les vacances de la Pentecôte sont partagées alternativement, et celles d'été et de Noël sont réparties entre les deux parents ;
- les transferts des enfants s'effectuent selon la décision de première instance, sans être conditionnés au paiement de la pension alimentaire par Mme Ribes.
M. Álvarez a ensuite formé un recours d'aclariment (recours en clarification). Il demandait à la juridiction de préciser si la mesure figurant au point deux du dispositif de la sentence du 19 juillet 2016 était « addicionale » au droit de Mme Ribes de recevoir les enfants un week-end par mois, selon les conditions fixées en première instance. Le texte précise que la demande est motivée par les « difficiles relations » entre les parents et par la volonté d'écarter tout doute d'interprétation sur le régime de visites.
Le magistrat rapporteur était Mme Eulàlia Amat Llari. La formation était composée de MM. Joan Manel Abril Campoy (président) et Campillo, ainsi que de Mme Amat Llari.
Question de droit
La décision soulève deux interrogations.
La première est de nature procédurale : le recours d'aclariment est-il recevable, alors qu'il n'est prévu ni par la Llei qualificada de la Justícia du 3 septembre 1993 ni par la Llei transitòria de procediments judicials du 21 décembre 1993 ? Le tribunal répond que la jurisprudence de la juridiction l'a admis, sous des finalités strictement circonscrites.
La seconde est de fond, au sens de l'interprétation : le droit de Mme Ribes à recevoir les enf
Dans l'espèce soumise à l'appréciation de Tribunal Superior de Justícia d’Andorra, le différend s'est noué autour de l'application des règles régissant le domaine jurisprudence au sein de l'ordre juridique de Principauté d'Andorre.
« Reunida la Sala Civil del M.I. Tribunal Superior de Justícia d'Andorra, sota la presidència del M.I. Sr. Joan Manel Abril Campoy, i els magistrats M.I. Sr. Campillo i M.I. Sra. Eulàlia Amat Llari, ha adoptat la resolució següent: »
B. Déroulement de l'instance et structure des moyens soulevés
Saisie suivant les formes et délais prescrits par le droit processuel applicable devant les juridictions de Principauté d'Andorre, Tribunal Superior de Justícia d’Andorra devait vérifier la régularité des moyens articulés ainsi que la qualification juridique exacte des faits constatés. La décision inscrite sous la référence ATSJAD ANDORRA, a 27 d'octubre del 2016 - ROJ: ATSJAD 139/2016 confronte la thèse soutenue par le demandeur au recours aux constatations opérées par les juges du fond.
II. Visa, syllogisme juridictionnel et intensité du contrôle (Sens de la décision)
A. Le problème de droit et les textes de référence mobilisés
La question déterminante posée à Tribunal Superior de Justícia d’Andorra consistait à déterminer dans quelle mesure les constatations opérées au fond et l'interprétation des textes invoqués justifiaient la solution retenue (cassation_totale), au regard des exigences d'équilibre probatoire et de légalité matérielle. L'analyse juridique s'articule autour des dispositions suivantes :
- Vistos els articles 72 i 185 del Codi de Procediment Civil d'Andorra i l'article 10 de la Constitució d'Andorra (art. 72)
B. Articulation du syllogisme et qualification de la nature du contrôle
Pour trancher le litige, Tribunal Superior de Justícia d’Andorra procède à une confrontation rigoureuse entre la majeure normative et la mineure factuelle :
« I.- La Sentència d'aquesta Sala de data 19 de juliol del 2016 va decidir: ESTIMAR PARCIALMENT el recurs d'apel·lació interposat per la representació processal de la Sra. Ribes contra la Sentència dictada per l'Hble. Batlle en data 25 de gener del 2016 que REVOQUEM PARCIALMENT en quan establim: »
Sur le plan de la technique juridictionnelle propre à Principauté d'Andorre, la Cour met en œuvre un contrôle de légalité ordinaire (TSJA) et garantie du droit fondamental à une juridiction et à une décision motivée en droit au titre de l’article 10 de la Constitució del Principat d’Andorra (recurs d’empara), refusant toute motivation par voie d'affirmation générale qui priverait la décision de base légale vérifiable.
III. Généalogie jurisprudentielle et cohérence systémique (Valeur de la décision)
A. Dispositif et positionnement dans la lignée jurisprudentielle
Au terme de sa démonstration, la juridiction prononce son dispositif dans les termes suivants :
« Així per aquesta nostra resolució, de la qual en serà tramés testimoni a l'Hble. President de la Batllia, per al seu coneixement i als efectes escaients, definitivament jutjant, ho pronunciem, manem i signem.- »
Sur le plan généalogique, cet arrêt s'inscrit dans une dynamique de consolidation et de précision méthodologique de la jurisprudence de Tribunal Superior de Justícia d’Andorra en Principauté d'Andorre. Sans opérer de rupture brutale avec les solutions antérieures, il affine les critères d'appréciation et délimite strictement la frontière entre l'appréciation souveraine des éléments de preuve et le contrôle normatif.
IV. Portée opérationnelle et Playbook Praticien (En demande · En défense · Contrats)
A. Stratégie contentieuse : écritures en demande et en défense
- En demande (structuration du moyen) : articuler les conclusions en démontrant point par point chacun des critères exigés au visa de Vistos els articles 72 i 185 del Codi de Procediment Civil d'Andorra i l'article 10 de la Constitució d'Andorra ; produire les pièces matérielles datées et éviter toute allégation générale non corroborée ;
- En défense (neutralisation et distinguishing) : opposer l'absence de caractérisation cumulative des conditions légales ou opérer une distinction factuelle (distinguishing) en démontrant que les circonstances de l'espèce diffèrent du cadre tranché le 27 octobre 2016 par Tribunal Superior de Justícia d’Andorra ;
- Ingénierie contractuelle et audit d'actes : mettre à jour l’épuisement préalable des voies de recours ordinaires devant la Batllia et le TSJA avant tout recours d’empara constitutionnel, ainsi que la conformité aux lois qualifiées publiées au BOPA (clauses de définition, répartition de la charge probatoire, notifications formelles) soumis au droit de Principauté d'Andorre.
B. Les « silences de la Cour » et points de vigilance procédurale
L'arrêt laisse volontairement en réserve les hypothèses marginales non soumises au débat contradictoire par les parties (principe dispositif). Les praticiens veilleront à sécuriser les délais de prescription et de forclusion applicables ainsi que l'articulation éventuelle avec les standards européens (CEDH / CJUE) dans les litiges transfrontaliers.