JURISPRUDENCE — Principauté d'Andorre — Tribunal Superior de Justícia d’Andorra — Contrôle de qualification et de motivation — cassation totale
Sommaire analytique Korpus — Il résulte de la décision rendue le 03 avril 2024 (n° 214/2023) par Tribunal Superior de Justícia d’Andorra (Principauté d'Andorre), statuant au visa de L2018024-proc-civil (art. 301), que l'application des règles régissant le domaine « jurisprudence » exige une caractérisation précise des éléments de fait et de droit soumis au débat contradictoire, sous le contrôle de légalité ordinaire (TSJA) et garantie du droit fondamental à une juridiction et à une décision motivée en droit au titre de l’article 10 de la Constitució del Principat d’Andorra (recurs d’empara) (cassation totale).
L'essentiel en 30 secondes — Ce qu'il faut retenir
- Règle directrice & sens de l'arrêt : Tribunal Superior de Justícia d’Andorra consacre une lecture rigoureuse des conditions d'application de L2018024-proc-civil (art. 301) (cassation totale), renforçant la sécurité juridique des parties en Principauté d'Andorre.
- Exigence probatoire immédiate : toute prétention fondée sur ce dispositif doit désormais être étayée par des pièces circonstanciées démontrant la réunion cumulative des critères légaux dès la phase de première instance ou d'appel.
- Impact sur les dossiers en cours : d'application immédiate aux instances pendantes (effet déclaratif de la jurisprudence), cet arrêt commande d'auditer l’épuisement préalable des voies de recours ordinaires devant la Batllia et le TSJA avant tout recours d’empara constitutionnel, ainsi que la conformité aux lois qualifiées publiées au BOPA afférents au domaine jurisprudence.
I. Faits, cadre procédural et anatomie des moyens
A. Origine du litige et prétentions des parties
ATSJAD 132/2024 (ECLI:AD:TSJADAD:2024:132A)
Décision commentée : ATSJAD 132/2024 (ECLI:AD:TSJADAD:2024:132A) (Lire sur source officielle)
Faits et procédure
Par un aute du 4 juillet 2023, rendu dans le cadre de la procédure civile familiale n° 5000006/2023, le batlle (juge de première instance) a adopté des mesures provisionnelles pour nécessité. Le Ministère fiscal a interjeté appel le 11 juillet 2023. Il contestait la décision relative à la pension d'aliments, à la répartition des dépenses extraordinaires des enfants et au régime de visites, qu'il estimait contraires à la loi. Il sollicitait également, en appel, la réalisation de mesures d'instruction rejetées en première instance, notamment la production d'éléments sur le niveau de revenus des parties.
Le recours a été admis à un seul effet le 27 juillet 2023. Mme Cano s'est opposée à l'appel le 14 septembre 2023 et a produit une copie de l'édit publié au BOPA le 17 mai 2023. M. Badía, régulièrement convoqué par édit, n'a produit aucune écriture. Le Ministère fiscal s'est prononcé, par écrit du 7 décembre 2023, sur les preuves proposées par Mme Cano.
Le tribunal supérieur de justice (Sala Civil), composé d'Alexandra Cornelia Sola (ponente), Carles Cruz Moratones et Vincent Anière, a statué par aute du 3 avril 2024. L'identité de l'avocat de Mme Cano est mentionnée dans la décision, mais la date exacte de notification de l'aute attaqué n'est pas précisée dans la décision.
Question de droit
La question posée était de savoir si un aute ordonnant des mesures provisionnelles « d'urgence ou de nécessité », au sens de l'article 300 du Code de procédure civile (loi 22/2021, texte consolidé), peut faire l'objet d'un appel selon l'article 301 du même code.
Le tribunal relève que l'aute attaqué relève de l'article 300, bien qu'il ait été sollicité sur le fondement de l'article 299. Il retient que la mesure de garde destinée au regroupement familial des mineurs résidant déjà en Andorra répond à la condition de nécessité requise par l'article 300, et que l'intérêt supérieur de l'enfant, rappelé par la loi qualifiée 14/2019 relative aux droits des enfants et des adolescents, doit primer dans toute décision judiciaire.
Il s'agissait donc, en substance, de déterminer si le régime de recours applicable aux mesures provisionnelles ordinaires s'étend aux mesures d'urgence ou de n
Dans l'espèce soumise à l'appréciation de Tribunal Superior de Justícia d’Andorra, le différend s'est noué autour de l'application des règles régissant le domaine jurisprudence au sein de l'ordre juridique de Principauté d'Andorre.
« Andorra la Vella, el 3 d'abril del 2024. En nom del Poble Andorrà.- »
B. Déroulement de l'instance et structure des moyens soulevés
Saisie suivant les formes et délais prescrits par le droit processuel applicable devant les juridictions de Principauté d'Andorre, Tribunal Superior de Justícia d’Andorra devait vérifier la régularité des moyens articulés ainsi que la qualification juridique exacte des faits constatés. La décision inscrite sous la référence ATSJAD ANDORRA, a 03 d'abril del 2024 - ROJ: ATSJAD 132/2024 confronte la thèse soutenue par le demandeur au recours aux constatations opérées par les juges du fond.
II. Visa, syllogisme juridictionnel et intensité du contrôle (Sens de la décision)
A. Le problème de droit et les textes de référence mobilisés
La question déterminante posée à Tribunal Superior de Justícia d’Andorra consistait à déterminer dans quelle mesure les constatations opérées au fond et l'interprétation des textes invoqués justifiaient la solution retenue (cassation_totale), au regard des exigences d'équilibre probatoire et de légalité matérielle. L'analyse juridique s'articule autour des dispositions suivantes :
- L2018024-proc-civil (art. 301) — mentionné sous « article 301 del Codi de procediment civil estableix de forma clara que els Autes que resolen les mes »
- L2018024-proc-civil (art. 334.4) — mentionné sous « article 334.4 de la Llei 22/2021 »
- L2018024-proc-civil (art. 300) — mentionné sous « article 300 del Codi de procediment civil esmentat es refereix a les mesures provisionals en cas d'u »
- L2018024-proc-civil (art. 300) — mentionné sous « article 300 del Codi de procediment civil obeeixen als criteris d'urgència »
- L2018024-proc-civil (art. 325) — mentionné sous « article 325 de la Llei 22/2021 »
- Llei 14/2019
B. Articulation du syllogisme et qualification de la nature du contrôle
Pour trancher le litige, Tribunal Superior de Justícia d’Andorra procède à une confrontation rigoureuse entre la majeure normative et la mineure factuelle :
« Únic.- L'11-07-2023, la part apel·lant va formular recurs d'apel·lació contra l'aute dictat el 4-07-2023 en el marc del procediment civil de família número 5000006/2023. En el seu escrit de recurs, MINISTERI FISCAL "impugna l'esmentada resolució en relació a la decisió adoptada sobre la pensió d'aliments i al repartiment de les despeses extraordinàries, així com al règim de visites, per ésser contrària a la llei. Finalment, aquest Ministeri Fiscal sol·licita que en segona instància es practiquin aquelles proves que han estat desestimades pel batlle, especialment el requerim… »
Sur le plan de la technique juridictionnelle propre à Principauté d'Andorre, la Cour met en œuvre un contrôle de légalité ordinaire (TSJA) et garantie du droit fondamental à une juridiction et à une décision motivée en droit au titre de l’article 10 de la Constitució del Principat d’Andorra (recurs d’empara), refusant toute motivation par voie d'affirmation générale qui priverait la décision de base légale vérifiable.
III. Généalogie jurisprudentielle et cohérence systémique (Valeur de la décision)
A. Dispositif et positionnement dans la lignée jurisprudentielle
Au terme de sa démonstration, la juridiction prononce son dispositif dans les termes suivants :
« Aquesta resolució no és ferma i contra la mateixa es pot interposar un recurs de reposició davant d'aquest mateix tribunal (article 334.4 de la Llei 22/2021, del 17 de setembre, de text consolidat del Codi de procediment civil). El recurs de reposició s'ha d'interposar en el termini dels tretze dies hàbils següents al dia en què es notifica la resolució objecte de recurs, mitjançant un escrit en què ha de constar la fonamentació del recurs, i s'hi ha d'adjuntar una còpia de la resolució objecte de recurs (article 3… »
Sur le plan généalogique, cet arrêt s'inscrit dans une dynamique de consolidation et de précision méthodologique de la jurisprudence de Tribunal Superior de Justícia d’Andorra en Principauté d'Andorre. Sans opérer de rupture brutale avec les solutions antérieures, il affine les critères d'appréciation et délimite strictement la frontière entre l'appréciation souveraine des éléments de preuve et le contrôle normatif.
IV. Portée opérationnelle et Playbook Praticien (En demande · En défense · Contrats)
A. Stratégie contentieuse : écritures en demande et en défense
- En demande (structuration du moyen) : articuler les conclusions en démontrant point par point chacun des critères exigés au visa de L2018024-proc-civil (art. 301) ; produire les pièces matérielles datées et éviter toute allégation générale non corroborée ;
- En défense (neutralisation et distinguishing) : opposer l'absence de caractérisation cumulative des conditions légales ou opérer une distinction factuelle (distinguishing) en démontrant que les circonstances de l'espèce diffèrent du cadre tranché le 03 avril 2024 par Tribunal Superior de Justícia d’Andorra ;
- Ingénierie contractuelle et audit d'actes : mettre à jour l’épuisement préalable des voies de recours ordinaires devant la Batllia et le TSJA avant tout recours d’empara constitutionnel, ainsi que la conformité aux lois qualifiées publiées au BOPA (clauses de définition, répartition de la charge probatoire, notifications formelles) soumis au droit de Principauté d'Andorre.
B. Les « silences de la Cour » et points de vigilance procédurale
L'arrêt laisse volontairement en réserve les hypothèses marginales non soumises au débat contradictoire par les parties (principe dispositif). Les praticiens veilleront à sécuriser les délais de prescription et de forclusion applicables ainsi que l'articulation éventuelle avec les standards européens (CEDH / CJUE) dans les litiges transfrontaliers.