JURISPRUDENCE — Principauté d'Andorre — Tribunal Superior de Justícia d’Andorra — Contrôle de qualification et de motivation — confirmation
Sommaire analytique Korpus — Il résulte de la décision rendue le 30 septembre 2024 (n° 44/2024) par Tribunal Superior de Justícia d’Andorra (Principauté d'Andorre), statuant au visa de Llei 9/2005, del 21 de febrer, qualificada del Codi penal. (art. 43), que l'application des règles régissant le domaine « jurisprudence » exige une caractérisation précise des éléments de fait et de droit soumis au débat contradictoire, sous le contrôle de légalité ordinaire (TSJA) et garantie du droit fondamental à une juridiction et à une décision motivée en droit au titre de l’article 10 de la Constitució del Principat d’Andorra (recurs d’empara) (confirmation).
L'essentiel en 30 secondes — Ce qu'il faut retenir
- Règle directrice & sens de l'arrêt : Tribunal Superior de Justícia d’Andorra consacre une lecture rigoureuse des conditions d'application de Llei 9/2005, del 21 de febrer, qualificada del Codi penal. (art. 43) (confirmation), renforçant la sécurité juridique des parties en Principauté d'Andorre.
- Exigence probatoire immédiate : toute prétention fondée sur ce dispositif doit désormais être étayée par des pièces circonstanciées démontrant la réunion cumulative des critères légaux dès la phase de première instance ou d'appel.
- Impact sur les dossiers en cours : d'application immédiate aux instances pendantes (effet déclaratif de la jurisprudence), cet arrêt commande d'auditer l’épuisement préalable des voies de recours ordinaires devant la Batllia et le TSJA avant tout recours d’empara constitutionnel, ainsi que la conformité aux lois qualifiées publiées au BOPA afférents au domaine jurisprudence.
I. Faits, cadre procédural et anatomie des moyens
A. Origine du litige et prétentions des parties
ATSJAD 174/2024 : révocation de la suspension d'arrêt nocturne et demande de substitution pour motif de handicap
Décision commentée : Tribunal Superior de Justícia d'Andorra (TSJAD), aute du 30 septembre 2024, ROJ ATSJAD 174/2024, ECLI:AD:TSJADAD:2024:174A (Lire sur source officielle)
Note de référence : le champ « référence canonique » fourni dans la demande (« Juridiction andorrane, — ») étant incomplet, la référence figurant dans le texte de la décision a été retenue.
Faits et procédure
Par ordonnance pénale du 16 juin 2020, le condamné, désigné dans la décision par le nom de Gomila, a été reconnu coupable d'un délit mineur de conduite d'un véhicule automobile avec un taux d'alcoolémie supérieur à 0,8 g/l de sang. Il a été condamné, entre autres, à un mois d'arrêt nocturne, assorti d'un sursis de quatre ans, avec obligation d'une première évaluation auprès de l'UCA et, le cas échéant, de suivre un traitement. Cette décision est devenue définitive faute d'opposition.
Le ministère public a sollicité, le 19 janvier 2023, la révocation totale du sursis. Le juge d'instruction (batlle instructor) a fait droit à cette demande par un aute du 2 février 2024, qui a fixé l'exécution d'un mois d'arrêt nocturne ferme, à subir dans un centre pénitentiaire, dans une unité séparée. Cet aute a été notifié le 1er mars 2024.
Le condamné a formé appel le 15 mars 2024. Son conseil soutenait que l'appréciation des éléments de preuve était incorrecte, dès lors que l'intéressé est handicapé, qu'il se déplace en fauteuil roulant et que le centre pénitentiaire n'est pas suffisamment adapté à l'accueil des personnes à mobilité réduite. Il demandait en conséquence que l'arrêt nocturne soit remplacé par un arrêt à domicile en régime de semi-liberté, sous contrôle électronique. Le ministère public s'est opposé à l'appel le 4 avril 2024, en faisant valoir que le condamné avait été condamné à six reprises, dont quatre fois pour le même délit, et en produisant une communication du directeur de l'administration pénitentiaire attestant que tous les modules disposent de cellules adaptées.
L'appel est examiné par le Tribunal superior de justícia, composé de trois magistrats, dont la magistrate Fàtima Ramírez Souto, rapporteure.
Question de droit
La décision pose deux questions connexes :
- La révocation du sursis d'un arrêt nocturne peut-elle être contestée lorsque le condamné a commis
Dans l'espèce soumise à l'appréciation de Tribunal Superior de Justícia d’Andorra, le différend s'est noué autour de l'application des règles régissant le domaine jurisprudence au sein de l'ordre juridique de Principauté d'Andorre.
« En el recurs d'apel·lació interposat contra l'aute de data 2 de febrer del 2024 dictat pel Batlle Instructor en la causa de referència, seguida per un delicte menor de conducció de vehicle automòbil amb un grau d'alcoholèmia superior al 0'8 grams d'alcohol per litre de sang, els components del Tribunal Superior de Justícia expressats al marge s'han constituït per a la vista i decisió. És ponent la magistrada Sra. Fàtima RAMÍREZ SOUTO. »
B. Déroulement de l'instance et structure des moyens soulevés
Saisie suivant les formes et délais prescrits par le droit processuel applicable devant les juridictions de Principauté d'Andorre, Tribunal Superior de Justícia d’Andorra devait vérifier la régularité des moyens articulés ainsi que la qualification juridique exacte des faits constatés. La décision inscrite sous la référence ATSJAD ANDORRA, a 30 de setembre del 2024 - ROJ: ATSJAD 174/2024 confronte la thèse soutenue par le demandeur au recours aux constatations opérées par les juges du fond.
II. Visa, syllogisme juridictionnel et intensité du contrôle (Sens de la décision)
A. Le problème de droit et les textes de référence mobilisés
La question déterminante posée à Tribunal Superior de Justícia d’Andorra consistait à déterminer dans quelle mesure les constatations opérées au fond et l'interprétation des textes invoqués justifiaient la solution retenue (confirmation), au regard des exigences d'équilibre probatoire et de légalité matérielle. L'analyse juridique s'articule autour des dispositions suivantes :
- **Llei 9/2005, del 21 de febrer, qualificada del Codi penal. ** (art. 43) — mentionné sous « article 43 del Codi Penal no pot ser estimada »
- **Llei 9/2005, del 21 de febrer, qualificada del Codi penal. ** (art. 41) — mentionné sous « article 41 del Codi Penal »
- **Llei 9/2005, del 21 de febrer, qualificada del Codi penal. ** (art. 66.1) — mentionné sous « article 66.1 del Codi penal és aplicable a la modalitat de la pena d'arrest "imposada o substituïda" »
B. Articulation du syllogisme et qualification de la nature du contrôle
Pour trancher le litige, Tribunal Superior de Justícia d’Andorra procède à une confrontation rigoureuse entre la majeure normative et la mineure factuelle :
« I.- RESULTANT: Per Ordenança Penal de data 16 de juny del 2020, es condemnà Gomila com autor responsable d'un delicte menor de conducció de vehicle automòbil amb un grau d'alcoholèmia superior a 0'8 grams d'alcohol per litre de sang, entre altres, a una pena d'un mes d'arrest nocturn condicional qualificat a una primera valoració prop de l'UCA i al seguiment d'un tractament, cas que així se li indiqui durant quatre anys, amb un termini de suspensió de l'execució de la condemna de quatre anys. »
Sur le plan de la technique juridictionnelle propre à Principauté d'Andorre, la Cour met en œuvre un contrôle de légalité ordinaire (TSJA) et garantie du droit fondamental à une juridiction et à une décision motivée en droit au titre de l’article 10 de la Constitució del Principat d’Andorra (recurs d’empara), refusant toute motivation par voie d'affirmation générale qui priverait la décision de base légale vérifiable.
III. Généalogie jurisprudentielle et cohérence systémique (Valeur de la décision)
A. Dispositif et positionnement dans la lignée jurisprudentielle
Au terme de sa démonstration, la juridiction prononce son dispositif dans les termes suivants :
« Així, per aquesta nostra resolució, definitivament jutjant, ho manem i signem. »
Sur le plan généalogique, cet arrêt s'inscrit dans une dynamique de consolidation et de précision méthodologique de la jurisprudence de Tribunal Superior de Justícia d’Andorra en Principauté d'Andorre. Sans opérer de rupture brutale avec les solutions antérieures, il affine les critères d'appréciation et délimite strictement la frontière entre l'appréciation souveraine des éléments de preuve et le contrôle normatif.
IV. Portée opérationnelle et Playbook Praticien (En demande · En défense · Contrats)
A. Stratégie contentieuse : écritures en demande et en défense
- En demande (structuration du moyen) : articuler les conclusions en démontrant point par point chacun des critères exigés au visa de Llei 9/2005, del 21 de febrer, qualificada del Codi penal. (art. 43) ; produire les pièces matérielles datées et éviter toute allégation générale non corroborée ;
- En défense (neutralisation et distinguishing) : opposer l'absence de caractérisation cumulative des conditions légales ou opérer une distinction factuelle (distinguishing) en démontrant que les circonstances de l'espèce diffèrent du cadre tranché le 30 septembre 2024 par Tribunal Superior de Justícia d’Andorra ;
- Ingénierie contractuelle et audit d'actes : mettre à jour l’épuisement préalable des voies de recours ordinaires devant la Batllia et le TSJA avant tout recours d’empara constitutionnel, ainsi que la conformité aux lois qualifiées publiées au BOPA (clauses de définition, répartition de la charge probatoire, notifications formelles) soumis au droit de Principauté d'Andorre.
B. Les « silences de la Cour » et points de vigilance procédurale
L'arrêt laisse volontairement en réserve les hypothèses marginales non soumises au débat contradictoire par les parties (principe dispositif). Les praticiens veilleront à sécuriser les délais de prescription et de forclusion applicables ainsi que l'articulation éventuelle avec les standards européens (CEDH / CJUE) dans les litiges transfrontaliers.