JURISPRUDENCE — Principauté d'Andorre — Tribunal Superior de Justícia d’Andorra — Contrôle de qualification et de motivation — irrecevabilite
Sommaire analytique Korpus — Il résulte de la décision rendue le 17 novembre 2025 (n° 179/2025) par Tribunal Superior de Justícia d’Andorra (Principauté d'Andorre), statuant au visa de L2018024-proc-civil (art. 334.4), que l'application des règles régissant le domaine « jurisprudence » exige une caractérisation précise des éléments de fait et de droit soumis au débat contradictoire, sous le contrôle de légalité ordinaire (TSJA) et garantie du droit fondamental à une juridiction et à une décision motivée en droit au titre de l’article 10 de la Constitució del Principat d’Andorra (recurs d’empara) (irrecevabilite).
L'essentiel en 30 secondes — Ce qu'il faut retenir
- Règle directrice & sens de l'arrêt : Tribunal Superior de Justícia d’Andorra consacre une lecture rigoureuse des conditions d'application de L2018024-proc-civil (art. 334.4) (irrecevabilite), renforçant la sécurité juridique des parties en Principauté d'Andorre.
- Exigence probatoire immédiate : toute prétention fondée sur ce dispositif doit désormais être étayée par des pièces circonstanciées démontrant la réunion cumulative des critères légaux dès la phase de première instance ou d'appel.
- Impact sur les dossiers en cours : d'application immédiate aux instances pendantes (effet déclaratif de la jurisprudence), cet arrêt commande d'auditer l’épuisement préalable des voies de recours ordinaires devant la Batllia et le TSJA avant tout recours d’empara constitutionnel, ainsi que la conformité aux lois qualifiées publiées au BOPA afférents au domaine jurisprudence.
I. Faits, cadre procédural et anatomie des moyens
A. Origine du litige et prétentions des parties
ATSJAD 266/2025 (Tribunal Superior de Justícia d'Andorra, Sala Civil, 17 novembre 2025)
Décision commentée : ATSJAD, Civil, 17 novembre 2025, ROJ ATSJAD 266/2025, ECLI:AD:TSJADAD:2025:266A (Lire sur source officielle)
Faits et procédure
Un justiciable, M. Noguès, a formé un recours d'appel contre un aute du 9 juillet 2025 rendu dans le cadre d'une procédure civile d'impugnation d'un acte du saig (officier ministériel chargé de l'exécution) portant le numéro 1000424/2011. L'acte d'appel a été déposé le 2 septembre 2025.
Le 1er octobre 2025, le secrétariat judiciaire a accordé à l'appelant, par voie d'interlocutoire, un délai de dix jours ouvrables pour justifier du paiement de la taxe judiciaire. L'interlocutoire avertissait que, à défaut, l'écrit de recours ne serait pas admis à la procédure, en application de l'article 6 de la Llei de taxes judicials. Cette décision a été notifiée le 9 octobre 2025. Le délai est arrivé à échéance le 23 octobre 2025 sans production d'aucun justificatif.
La Sala Civil du Tribunal Superior de Justícia, représentée par son président, a alors statué par aute. Le président était lui-même magistrat ponent (Carles Cruz Moratones, selon les métadonnées ; Jaume Tor Porta, selon la composition indiquée dans le document).
Note sur les références. Le texte fourni présente plusieurs incohérences formelles : le numéro de NIG diffère entre les métadonnées (5300542120240001800) et l'en-tête (5300542120150008420), et l'identifiant ECLI varie (ECLI:AD:TSJADAD:2025:266A dans le titre, ECLI:AD:TSJC:2025:00150A dans l'en-tête). La référence retenue ici est celle du titre ROJ et de l'ECLI figurant dans l'intitulé. L'intitulé « Juridiction andorrane, — » fourni en métadonnée n'a pas été retenu, car incomplet. Par ailleurs, la loi sur les taxes judiciaires est datée du 22 juin 2000 dans le corps de la décision, alors que le lien législatif associé mentionne une date différente (20 décembre 1995) : le texte de référence est celui cité dans les motifs.
Question de droit
La question posée était de savoir si l'absence de justification du paiement de la taxe judiciaire, dans le délai imparti par le secrétaire judiciaire après requête, emporte l'inadmissibilité de l'appel. Plus précisément, il s'agissait de déterminer si l'article 6 de
Dans l'espèce soumise à l'appréciation de Tribunal Superior de Justícia d’Andorra, le différend s'est noué autour de l'application des règles régissant le domaine jurisprudence au sein de l'ordre juridique de Principauté d'Andorre.
« OBJECTE : Inadmissió per no acreditar el pagament de la taxa judicial. »
B. Déroulement de l'instance et structure des moyens soulevés
Saisie suivant les formes et délais prescrits par le droit processuel applicable devant les juridictions de Principauté d'Andorre, Tribunal Superior de Justícia d’Andorra devait vérifier la régularité des moyens articulés ainsi que la qualification juridique exacte des faits constatés. La décision inscrite sous la référence ATSJAD ANDORRA, a 17 de novembre del 2025 - ROJ: ATSJAD 266/2025 confronte la thèse soutenue par le demandeur au recours aux constatations opérées par les juges du fond.
II. Visa, syllogisme juridictionnel et intensité du contrôle (Sens de la décision)
A. Le problème de droit et les textes de référence mobilisés
La question déterminante posée à Tribunal Superior de Justícia d’Andorra consistait à déterminer dans quelle mesure les constatations opérées au fond et l'interprétation des textes invoqués justifiaient la solution retenue (irrecevabilite), au regard des exigences d'équilibre probatoire et de légalité matérielle. L'analyse juridique s'articule autour des dispositions suivantes :
- L2018024-proc-civil (art. 334.4) — mentionné sous « article 334.4 del Codi de Procediment Civil in fine disposa que "Contra l'aute en què es decideix no a »
- article 6 de la Llei de taxes judicials (art. 6)
- article 6 de la Llei de taxes judicials del 22 de juny del 2000 és molt clar i estableix: (art. 6)
B. Articulation du syllogisme et qualification de la nature du contrôle
Pour trancher le litige, Tribunal Superior de Justícia d’Andorra procède à une confrontation rigoureuse entre la majeure normative et la mineure factuelle :
« 1.- La part apel·lant ha formulat recurs d'apel·lació contra l'aute dictat el 09/07/2025 en el marc del procediment civil d'impugnació d'acord del saig número 1000424/2011 - 0. »
Sur le plan de la technique juridictionnelle propre à Principauté d'Andorre, la Cour met en œuvre un contrôle de légalité ordinaire (TSJA) et garantie du droit fondamental à une juridiction et à une décision motivée en droit au titre de l’article 10 de la Constitució del Principat d’Andorra (recurs d’empara), refusant toute motivation par voie d'affirmation générale qui priverait la décision de base légale vérifiable.
III. Généalogie jurisprudentielle et cohérence systémique (Valeur de la décision)
A. Dispositif et positionnement dans la lignée jurisprudentielle
Au terme de sa démonstration, la juridiction prononce son dispositif dans les termes suivants :
« L'article 334.4 del Codi de Procediment Civil in fine disposa que "Contra l'aute en què es decideix no admetre el recurs d'apel·lació es pot interposar un recurs de reposició". El recurs de reposició s'interposa en el termini dels tretze dies hàbils següents al dia en què es notifica la resolució objecte de recurs, mitjançant un escrit en què ha de constar la fonamentació del recurs, i s'hi ha d'adjuntar una còpia de la resolució objecte de recurs (art. 325 Codi de Procediment Civil).… »
Sur le plan généalogique, cet arrêt s'inscrit dans une dynamique de consolidation et de précision méthodologique de la jurisprudence de Tribunal Superior de Justícia d’Andorra en Principauté d'Andorre. Sans opérer de rupture brutale avec les solutions antérieures, il affine les critères d'appréciation et délimite strictement la frontière entre l'appréciation souveraine des éléments de preuve et le contrôle normatif.
IV. Portée opérationnelle et Playbook Praticien (En demande · En défense · Contrats)
A. Stratégie contentieuse : écritures en demande et en défense
- En demande (structuration du moyen) : articuler les conclusions en démontrant point par point chacun des critères exigés au visa de L2018024-proc-civil (art. 334.4) ; produire les pièces matérielles datées et éviter toute allégation générale non corroborée ;
- En défense (neutralisation et distinguishing) : opposer l'absence de caractérisation cumulative des conditions légales ou opérer une distinction factuelle (distinguishing) en démontrant que les circonstances de l'espèce diffèrent du cadre tranché le 17 novembre 2025 par Tribunal Superior de Justícia d’Andorra ;
- Ingénierie contractuelle et audit d'actes : mettre à jour l’épuisement préalable des voies de recours ordinaires devant la Batllia et le TSJA avant tout recours d’empara constitutionnel, ainsi que la conformité aux lois qualifiées publiées au BOPA (clauses de définition, répartition de la charge probatoire, notifications formelles) soumis au droit de Principauté d'Andorre.
B. Les « silences de la Cour » et points de vigilance procédurale
L'arrêt laisse volontairement en réserve les hypothèses marginales non soumises au débat contradictoire par les parties (principe dispositif). Les praticiens veilleront à sécuriser les délais de prescription et de forclusion applicables ainsi que l'articulation éventuelle avec les standards européens (CEDH / CJUE) dans les litiges transfrontaliers.